L’agriculture en pleine mutation

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A l’approche de la fin de l’année, il est de tradition d’effectuer un bilan de la campagne écoulée. Non pas pour regarder dans le rétroviseur, mais bien au contraire pour se projeter dans l’avenir. L’année 2015 aura été difficile sur le plan agricole. Nous en avons longuement débattu lors des réunions de la tournée cantonale qui viennent de s’achever et auxquelles vous avez participez nombreux.

L’année 2015 aura aussi malheureusement été marquée par les tragiques attentats de Paris qui nous ont tous bouleversé et qui montrent à quel point l’ombre de la violence aveugle continue de planer au-dessus de l’humanité. Je souhaiterais ici avoir une pensée pour tous ces visages disparus et ces vies fauchées. La meilleure manière de leur rendre hommage est certainement de continuer à construire et ne pas se laisser décourager.

Du courage, les agriculteurs le savent bien, il leur en faut, car la situation économique n’est pas brillante. Des prix trop bas, des charges et des contraintes trop pesantes font que sur bien des sujets, nous manquons de compétitivité et de visibilité face à nos concurrents. C’est pourquoi nous appelons de nos vœux de vraies réformes pour libérer l’esprit d’entreprendre. Force est de constater cependant que les priorités du Gouvernement en matière de réforme ne sont pas les mêmes que les nôtres. Alors que nous attendons avec impatience le fameux choc de compétitivité et de simplification tant annoncé, une autre réforme l’a complètement éclipsé. Je veux parler, bien-sûr, de la réforme territoriale qui après le redécoupage de nos cantons a revisité la géographie de nos régions. A marche forcée, nous voilà aujourd’hui dans la grande région Alsace-Champagne Ardenne-Lorraine. Après l’administration et le corps préfectoral, les 3 chambres d’agriculture régionales viennent, à leur tour, de fusionner pour n’en former plus qu’une. Si la proximité et le service rendu aux agriculteurs subsisteront, les grandes décisions se prendront dorénavant à l’échelle de la grande région.

Un rôle renforcé pour la FDSEA au sein de la grande région

La prochaine directive nitrates, par exemple, ou encore le prochain programme de soutien aux investissements cofinancé par l’Europe seront décidés à l’échelle de cette grande région qui compte une très large diversité agricole. Sans nul doute, l’exercice sera plus compliqué qu’auparavant. Aussi pour peser dans les décisions à venir et être une vraie force de propositions, les FDSEA des 10 départements se sont aussi organisées à l’échelle du Grand Est. Parallèlement, le travail dans les départements restera prépondérant et le rôle de la FDSEA sera même renforcé.

Le nouveau découpage territorial a aussi eu pour conséquence la tenue des récentes élections régionales. Dans le contexte malheureux des attentats, les sujets de fonds, ceux qui concernent réellement les régions ont été relégués au second plan. Et on ne peut que le regretter. Le débat et les enjeux des régions ont été complètement occultés par les questions nationales. Le résultat des urnes est venu rappeler le besoin urgent de vraies réformes. Tout le monde le sait, la réforme dans notre pays ne va pas de soi. Mais ce n’est pas en mettant la tête dans le sable comme l’autruche que les choses s’arrangeront. Il faut être réaliste. Il n'y a que 2 alternatives possibles : ou bien le repli sur soi qui peut donner l'illusion d'une embellie sur l'économie et l'emploi, mais ça ne durera qu’un court temps. Ou bien une adaptation de notre modèle dans un monde en mouvement qui ne nous attend pas. Sans hésitation, c’est cette seconde voie qu’il faut privilégier.

Aussi, malgré les turbulences que nous traversons, ce n’est pas le moment de baisser les bras. Nos objectifs et nos combats sont plus que jamais d’actualité : remettre la filière agricole et alimentaire française sur les rails d'une croissance durable; valoriser nos savoirs- faire et notre excellence sur notre marché intérieur comme à l'export, permettre le développement de chaque segment, du circuit court à la filière longue, du bio au conventionnel. 

Accompagner la mutation de l’agriculture

Pour réussir ce challenge, nous avons besoin d'un cadre réglementaire et normatif  corrigé en profondeur, d'une compétitivité retrouvée, de prix  garantissant un revenu digne pour chacun, d'une modernisation de nos exploitations, de la reconnaissance de la société et d’une confiance renouvelée en nous-mêmes.  Mais nous devons, nous aussi, accepter et prendre notre part de responsabilité sur l'organisation de nos filières, sur la prise en compte de la demande des consommateurs, sur une adaptation de moyens de production plus efficients en s’appuyant sur la recherche et les progrès de la technique. Tout cela me fait dire qu’une mutation de l’agriculture est enclenchée.

Les récents débats de la COP 21 montrent, plus que jamais, que l’agriculture est une solution et non un problème ! Le défi que nous avons à relever sera de produire à la fois plus pour faire face aux besoins d’une population croissante, tout en contribuant à réduire les gaz à effet de serre. Je veux rappeler ici que l’agriculture subit directement et de plein fouet les conséquences du réchauffement climatique. Nous sommes donc les premières victimes. Notre atout est de pouvoir capter le gaz carbonique de l’air via la photosynthèse des plantes pour le stocker sous forme organique dans nos sols. Faut-il rappeler à ce sujet qu’un hectare de maïs consomme 2 fois plus de CO2 qu’un hectare de forêt. L’agriculture contribue ainsi directement à l’objectif de limitation à 1,5° du réchauffement de la planète. Les biocarburants sont un autre exemple des contributions positives de l’agriculture. Les détracteurs diront que cela nécessite d’accroître les surfaces agricoles. Mais grâce aux progrès et au développement constant des rendements, il n’est pas nécessaire de recourir à des surfaces supplémentaires.

L’agriculture, une solution pour la France

L’exemple de la betterave est parlant à ce titre : les apports d’azote minéral ont été divisés par 2 en 20 ans et l’utilisation de produits phytosanitaires réduite de 30% sur la même période tandis que le rendement progressait de +1,1 tonne par hectare et par an. Au final 1 million de tonnes de CO2 peuvent être économisées grâce au bioéthanol produit en France. De la même manière, les prairies valorisées par les éleveurs représentent un formidable puits de carbone.  Quel autre secteur que l’agriculture est en mesure d’apporter de telles solutions ? Aucun ! Ce qui est regrettable, c’est que les contributions positives des agriculteurs à la limitation du réchauffement climatique ne soient pas suffisamment reconnues. Et ce qui est certain aussi, c’est que ce n’est pas en prônant la décroissance, comme le font certains, que la situation s’améliorera ; mais au contraire en s’appuyant sur les progrès de la technologie. Il est donc essentiel d’encourager la recherche.

Alors oui, les agriculteurs recèlent un potentiel formidable. Dans bien des domaines, ils sont une solution pour la France. Il serait temps que les politiques le comprennent. Chacune et chacun d’entre nous aura l’occasion d’en parler lors des réunions de familles qui se tiendront prochainement pour les fêtes de fin d’année. Soyons tous ensemble des ambassadeurs de la cause agricole, des acteurs de la mutation agricole à venir.

Je vous souhaite à toutes et à tous une excellente fête de Noël. Que cette période permette à chacun, entouré de sa famille, de prendre du recul et mettre entre parenthèses les tracas du quotidien. Soyez assurés que la FDSEA continuera à être à vos côtés tout au long de la nouvelle année qui arrive afin de faire en sorte que les nombreux chantiers évoqués précédemment progressent. Par avance, je vous souhaite une bonne année 2016. Que celle-ci vous apporte à vous et vos proches beaucoup de joie, du bonheur et la santé.

Franck SANDER

Président de la FDSEA67

 

 

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