A situation exceptionnelle, remèdes exceptionnels

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Les moissons sont généralement une période attendue par les agriculteurs. Après toute une année passée à suivre et entretenir les cultures, c’est le moment de récolter le fruit de son travail, d’engranger les recettes de l’année. Malheureusement, cette année les moissons sont synonymes de grandes désillusions.

Les spécialistes des marchés n’hésitent pas à parler de pires moissons depuis l’après-guerre. Rendements et poids spécifiques en chute libre ont transformé les moissons 2016 en cauchemar pour les agriculteurs du grand nord est de la France et de notre département en particulier. La faute à l’excès d’eau, au manque de lumière, bref à une météo calamiteuse particulièrement sur les mois de mai et juin. Dans un contexte économique déjà difficile marqué par des prix faibles, des retards de paiement de l’administration, nous n’avions vraiment pas besoin de ça. C’est pourquoi nous disons clairement à notre Ministre, aux représentants de l’Etat et à notre administration : à situation exceptionnelle, remèdes exceptionnels ! Les premières réponses apportées par le Ministre Stéphane Le Foll au cri d’alarme lancé par la FNSEA et ses associations spécialisées AGPB, AGPM, vont dans le bon sens mais demeurent largement insuffisantes face au désarroi des agriculteurs.

L’agriculture en situation d’état d’urgence

Après 3 années déjà difficiles, la situation économique sur nos exploitations est telle que nous attendons de l’Etat un plan d’actions digne de ce nom et ce à tous les niveaux. Réglementaire d’abord en mettant entre parenthèse l’obligation d’implanter des Cipan et en reconnaissant rapidement la situation de cas de force majeure par rapport à l’ensemble des obligations de la Pac. Fiscal ensuite en accordant un dégrèvement généralisé de la taxe foncière sur le non bâti et en renonçant à appeler les redevances pollution et irrigation. Financier enfin, en faisant tout pour ne pas aggraver la trésorerie des exploitations et en mettant un plan d’accompagnement des exploitations en place à commencer par une vraie année blanche. Les exploitations ne seront pas en mesure de faire face aux échéances bancaires, fiscales et sociales. Il faut les en dispenser cette année. Nous comptons aussi sur la mobilisation de nos partenaires économiques et financiers, les entreprises de collectes et de transformation, les banques ainsi que les assurances. Nous les savons tous mobilisés et je tiens à les en remercier, mais aussi à dire que nous comptons sur eux car les exploitations aujourd’hui sont étranglées.

Ne laisser aucun agriculteur sur le bord de la route

D’autant que la moisson catastrophique n’est pas la seule mauvaise nouvelle. Les prix aussi sont au plus bas. Aucune production n’y échappe. En lait, les prix continuent de décrocher, inférieurs au coût de revient. Sans parler de la viande dont le prix ne parvient pas à se redresser et dont la dette de la coopérative Copvial vient encore alourdir le désarroi des éleveurs concernés.

Sur tous ces sujets, la FDSEA est mobilisée. Notre objectif est de ne laisser aucun agriculteur sur le bord de la route malgré l’accumulation de mauvaises nouvelles. Il s’agit là d’un vrai défi. Défi qu’il sera possible de relever à la seule condition que tous ensemble, agriculteurs, organisations économiques, banques, assurances, MSA, collectivités territoriales, mais aussi tous les services de l’Etat fassions un effort particulier. L’heure n’est plus aux paroles, mais aux actes. L’heure n’est plus aux mesurettes, mais à la prise de vraies mesures qui redonnent de l’oxygène à nos exploitations. L’heure n’est plus aux tracasseries réglementaires et administratives. Il est venu le moment de faire des priorités, faire les bons choix qui permettront aux agriculteurs de sortir la tête de l’eau.

Je fais le vœu que cet appel de bon sens soit entendu par tous. La FDSEA y veillera et appelle chacun à prendre ses responsabilités.

Gérard Lorber

Secrétaire général de la FDSEA 67

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