Canton de Bischwiller : rencontre avec un député à l’écoute du monde rural

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C’est dans la continuité des rencontres trimestrielles instaurées en début d’année que le député Claude Sturni s’est rendu vendredi 22 novembre dernier dans le canton de Bischwiller pour rencontrer les responsables agricoles et faire le point sur l’évolution des dossiers agricoles.

Des inquiétudes variées

« Malgré une saison difficile », Claude Sturni se réjouit de « garder un contact régulier avec le monde agricole afin d’évaluer l’évolution positive ou négative des dossiers qui inquiètent les agriculteurs. »

Elus, représentants agricoles de la FDSEA et des JA, et maires du secteur, réunis sur l’exploitation agricole de Myriam et Christian Schott, ont fait le point depuis leur dernière entrevue d’août. Après une présentation de leur exploitation, le couple Schott soulève une distorsion de concurrence qui les pénalise fortement. Producteurs de cultures spéciales telles que l’oignon et l’asperge, ils « rencontrent régulièrement des difficultés à acheter des produits homologués adaptés à [leurs] cultures, faute de réhomologation nécessaire par manque d’intérêt économique ». Jean Marc Pfrimmer, président cantonal du canton de Haguenau, précise qu’en Allemagne par exemple, certains produits peuvent être homologués dans des délais courts et uniquement sur une campagne si nécessaire. Il évoque l’exemple de la culture du tabac où une maladie (sclérotinia) fait d’importants dégâts en Alsace et non en Allemagne, la filière outre-Rhin ayant su faire homologuer un produit de traitement rapidement. Cette situation parait d’autant plus aberrante que l’acheteur est commun.

Parallèlement Myriam Schott regrette, le coût des charges de main d’œuvre qui les incite à remettre en cause la pérennité de leur production d’asperges malgré une main d’œuvre compétente et travailleuse. Son mari, rappelle que la production a commencé sur l’exploitation en 1946 à l’initiative de son grand père mais que faute d’une structuration de la filière et de prix inférieurs outre Rhin, ils ne sauront résister. Ils ont donc fait le choix de se spécialiser en production d’oignons pour une filière locale, Arômes d’Alsace.

Les gens du voyage continuent à être un sujet d’inquiétude récurrent. En effet, selon Jean-Marie Schoenel, responsable de l’ESAT Sonnenhof de Bischwiller, les gens du voyage se sont arrêtées quatre fois sur les prairies de l’exploitation, le plus souvent avant la fenaison ou avant les coupes de regain. « Au delà de la parcelle endommagée et des pertes directes, il y a aussi tous les déchets laissés sur les parcelles avoisinantes », regrette t’il. Marcel Boos a quant à lui le sentiment que le médiateur ne joue pas toujours le jeu pour les grands rassemblements et les efforts nécessaires ne sont pas faits pour optimiser l’utilisation de friches plutôt que de terrains agricoles. Par ailleurs, le responsable de l’ESAT, avec 55 laitières de races Montbéliardes et un quota de 400.000 litres de lait s’offusque de la tournure prise par les négociations sur le nouveau programme Directive Nitrates. « Nous faisons déjà beaucoup de choses pour préserver la qualité de nos eaux. L’application voulue pour le cinquième programme est inappropriée à notre région et nos cultures, d’autant que ça ne prend aucunement en compte les mises aux normes récentes et les capacités de stockage actuelles. »

Un futur en demi teinte

Des dossiers restent critiques. Baptiste Dambacher, président cantonal des JA, interpelle le député sur la problématique de consommation du foncier et sur les difficultés d’installation des jeunes dans le secteur. Avec très peu de visibilité sur les prix pour le futur, les jeunes éprouvent des difficultés à trouver de nouveaux débouchés pour assurer un revenu supplémentaire si la génération précédente n’est pas encore en âge de prendre sa retraite. Pour le représentant des jeunes agriculteurs, la consommation du foncier doit se faire de façon plus réfléchie et si possible en utilisant des zones de friches laissées à l’abandon, afin de laisser à l’agriculture le maximum de surface possible. Même si Monsieur Sturni se montre sensible à cette approche, il rappelle la nécessité de « trouver les meilleurs compromis afin d’assurer la durabilité de l’ensemble du territoire. »

« Malgré un budget conforté pour la prochaine programmation de la Pac, même si le DPU moyen en Alsace est en moyenne de 70€ supérieur au DPU moyen français, il reste de nombreuses disparités au sein même de l’Alsace » comme le souligne Marcel Boos. Même si la convergence ne sera que de 70%, contrairement aux 100% initialement prévus, il ne faut pas oublier que les exploitations alsaciennes dont la surface exploitée est plus petite, seront fortement pénalisées.

Un autre débat d’actualité inquiète, les agriculteurs alsaciens, se sentent menacés par l’écotaxe qui viendrait taxer plusieurs fois les productions locales mais une seule fois les produits d’importation, pénalisant une fois encore la profession localement.

Le député Sturni, s’est montré sensible aux inquiétudes du monde agricole est souhaite que ces rencontres se prolongent en 2014 et se dit prêt à faire remonter des exemples chiffrés.

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