Mangerons-nous encore français demain ?

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Face à la multiplication des contraintes pesant sur l’agriculture, la FNSEA avait lancé un mot d’ordre d’action nationale pour le 24 juin. L’objectif était de faire comprendre au gouvernement qu’il est temps d’arrêter la surenchère réglementaire. La FDSEA et les JA ont récemment rencontré le préfet de région, Stéphane Bouillon, pour évoquer le sujet.

«Mangerons-nous encore français demain ?» Telle est la question de fond posée par Denis Ramspacher au préfet de région lors d’une entrevue sollicitée par la FDSEA et qui s’est déroulée lundi 23 juin. Répondant au mot d’ordre national de la FNSEA, les présidents de la FDSEA, des JA et de la Chambre d’agriculture ont rencontré Stéphane Bouillon pour lui faire part du ras-le-bol des agriculteurs face à la superposition de réglementations et lois en tous genres qui handicapent lourdement l’agriculture française.

Le constat est accablant : l’agriculture, et plus généralement le secteur agro-alimentaire français, ont perdu de leur compétitivité. Le 21 février dernier, à l’initiative de la FNSEA, se sont tenus les état généraux de l’agriculture au cours desquels des engagements de modernisation et de simplification ont été fait par les ministres du gouvernement. «Mais aujourd’hui, soit quatre mois après ces états généraux, nous n’avons rien vu venir», constate de façon dépité Denis Ramspacher. Pire, les contraintes administratives et réglementaires s’additionnent chaque jour. Pas une semaine ne passe sans une “innovation” qui est un boulet de plus et un frein au “produit en France”. Pas une semaine ne passe sans que les pratiques des agriculteurs ne soient mises en cause.

La goutte qui a fait déborder le vase a été l’introduction d’un article dans le projet de loi d’avenir agricole permettant d’interdire tout traitement à proximité des habitations. Le chiffre de 200 mètres autour des habitations avait été évoqué, ce qui reviendrait à ne plus pouvoir réaliser aucune protection contre les ravageurs ou les adventices, sur un tiers de la surface agricole en Alsace ! «Il faut que nos dirigeants arrêtent de vouloir légiférer à tort et à travers», a insisté Denis Ramspacher. Les agriculteurs français sont des gens responsables, ils veulent valoriser la production de leurs territoires et de leurs filières. Ils veulent répondre aux besoins et attentes diversifiés des consommateurs. Ils savent produire en respectant l’environnement par leurs bonnes pratiques, par le progrès technique et agronomique et avec du bons sens.

Pourquoi scier la branche sur laquelle on est assis ?

Malheureusement, ce bons sens fait cruellement défaut dans les décisions prises aujourd’hui. Et les exemples sont nombreux : généralisation du bail à clause environnementale dans la loi d’avenir agricole ou encore renforcement des compensations écologiques dans la loi biodiversité, sans oublier l’écotaxe qui fait son retour. «Nous avions demandé que les produits agricoles soient exemptés de cette taxe pour les transports internes à la région, mais le nouveau projet de taxe désormais baptisée péage de transit reste flou sur cet aspect. Nous allons rester très vigilant là-dessus», ont insisté les responsables syndicaux. Toutes ces contraintes s’additionnent et font peser un risque fort de perte de production française au profit des produits importés non soumis aux mêmes contraintes. C’est pourquoi les agriculteurs attendent du gouvernement des signes forts et rapides.

De son côté, le préfet Stéphane Bouillon s’est montré très attentif aux explications et aux revendications de la FDSEA et des JA. En ce qui concerne l’interdiction de traitement à moins de 200 mètres des habitations, il a indiqué que le ministère de l’Agriculture venait de communiquer sur le fait qu’il n’y aura pas d’interdiction à moins de 200 mètres des habitations. Cette précision va dans le bon sens, mais la FDSEA attend désormais que l’article en question soit purement et simplement retiré du projet de loi d’avenir agricole.

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