Les futures politiques agricoles devront mieux intégrer la gestion des risques

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Après une année 2016 chaotique d’un point de vue climatique et des prix guère plus réjouissants, la question de la gestion des risques revient sur toutes les lèvres. Aucune exploitation n’est suffisamment armée aujourd’hui pour surmonter de telles situations, surtout lorsqu’elles se succèdent.

La FDSEA a donc souhaité faire de la gestion des risques et des aléas le thème de son assemblée générale le 3 février prochain à Brumath. Elle a invité à cette occasion un spécialiste de cette question, le Professeur Jean Cordier qui interviendra autour du thème :

Demain, comment se prémunir des aléas en agriculture ?

Jean Cordier

Le Professeur Jean Cordier a notamment rédigé une étude économique sur le sujet qui fait référence tant auprès des pouvoirs publics, des instances européennes que des organisations agricoles françaises. Nous publions ci-après un résumé de ces travaux. Ceux-ci montrent qu’il n’y a pas de stratégie unique pour se protéger du risque. Les mécanismes de type assurantiel semblent cependant incontournables.

Les risques climatiques, sanitaires et la volatilité des prix sont les plus impactants en agriculture

Le retrait relatif de la Politique Agricole Commune en matière de régulation des marchés agricoles replace la thématique de la gestion des risques au centre des débats de politique agricole.

Si les paramètres institutionnels, financiers ou humains sont loin d’être négligeables, ce sont les risques climatiques ou sanitaires et le risque économique lié à la volatilité des prix agricoles qui prédominent en agriculture. Ces risques sont souvent systémiques, car de nombreuses exploitations  sont affectées en même temps par une baisse des cours ou une épizootie. L’objectif de la gestion du risque pour l’agriculteur consiste à modifier le niveau d’exposition au risque de son entreprise afin de le porter à un niveau acceptable. Pour ce faire, trois types de stratégies s’offrent à lui :

  1. disposer des capacités financières pour résister ;
  2. diversifier ses productions ou sa commercialisation ;
  3. acheter une couverture auprès d’une société d’assurance ou directement sur les marchés financiers.

Jusqu’à présent, les politiques européennes sont peu orientées vers la gestion des risques. D’autres pays en revanche, notamment en Amérique du Nord, ont une longue expérience en la matière. Dans ces pays, le soutien public aux instruments de gestion du risque ne sont pas exclusifs d’autres formes de soutien. Toutefois, la participation financière des pouvoirs publics dans la gestion des risques est essentielle. Les pouvoirs publics jouent ainsi un rôle central via la définition des contrats et le subventionnement des primes. Bien que ces aides publiques à l’assurance soient classées en boite orange (1), leur niveau actuel permet aux pays qui les utilisent de les soustraire des engagements à réduction via la clause de minimis. Les programmes d’aides versées en cas de catastrophe naturelle et les programmes d’aides directes pour stabiliser le revenu sont, quant à eux, classés en boite verte (1) à conditions de respecter certains critères (taux de déclenchement et franchise minimums par exemple).

 

(1) L'Accord sur l'agriculture de l’OMC de 1994 a classé les systèmes de soutien public à l'agriculture en plusieurs catégories, dites « boîtes » :

  • la « boîte verte » regroupe les aides autorisées : leurs effets de distorsion sur les échanges doivent être nuls ou minimes. Ces aides sont financées par des fonds publics et non par une augmentation des prix imposés aux consommateurs et n'apportent pas un soutien des prix. C'est le cas des aides « découplées » de la production ou de celles qui ont pour objet la protection de l'environnement ou le développement régional par exemple ;
  • la « boîte orange » contient des aides dont les États se sont engagés à réduire le montant global. Ces aides sont réputées avoir des effets de distorsion sur la production et les échanges. Les mesures de soutien aux prix et les subventions directement liées aux quantités produites (aides couplées) entrent dans cette catégorie. Elles sont autorisées sous réserve d'un plafonnement.

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