La FDSEA et les JA demandent la mise en œuvre rapide du choc de compétitivité et de simplification

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Profitant de la venue de François Hollande à Strasbourg à l’occasion du sommet franco-allemand qui s’est tenu dimanche soir, la FDSEA et le JA ont rencontré le Conseiller agricole du chef de l’Etat, Philippe Vinçon, pour lui exprimer le désarroi des agriculteurs face à la crise agricole et le besoin urgent de réformes.

Au fil des mois, la crise agricole s’est étendue à tous les secteurs de production. L’élevage est le secteur pour lequel la crise dure depuis le plus longtemps maintenant. Après la viande bovine et porcine dont les cours demeurent extrêmement bas, inférieurs au coût de production, le lait a lui aussi chuté. Même des outils industriels se retrouvent désormais en difficulté, à l’image de certains abattoirs. Le secteur des cultures souffre, malheureusement lui aussi, notamment les cultures de printemps qui ont été confrontées à la grave sécheresse de 2015. Cela fait maintenant 2 années que les marges sont négatives en maïs.

Dans ce contexte de crise, Franck Sander a demandé des réformes urgentes tant pour regagner en compétitivité que pour mettre en œuvre des mesures de gestion de crise.

« L’agriculture ne veut pas être la sidérurgie de demain » a lancé Jean-Paul Bastian. Nous attendons des mesures du Gouvernement, mais pas seulement des mesures sociales, a-t-il poursuivi.

Au-delà des difficultés de trésorerie, c’est le manque de perspectives qui inquiète les agriculteurs. « Et le vent de libéralisme qui souffle au niveau européen n’arrange pas les choses », continue le président de la FDSEA. Les conséquences de l’embargo russe amplifient la crise. « Nous ne comprenons pas que l’Europe reste sans rien faire ! »

Au niveau français, les agriculteurs attendent de pieds fermes le choc de compétitivité et le choc de simplification annoncés. Coût de la main d’œuvre saisonnière, sur-transposition des directives européennes, dossier ecophyto, complexité administratives, … autant de sujets sur lesquels les agriculteurs attendent des réponses rapides et surtout plus de pragmatisme.

Retrouver le leadership au niveau européen

Il y a de la place pour toutes les agricultures, de la plus extensive, à celle qui exporte sur les marchés internationaux, créant au passage un excédent de la balance commerciale. L’agro-écologie n’est pas le seul modèle d’avenir, contrairement à ce que prône le Ministre de l’agriculture Stéphane Le Foll.

Cette inquiétude généralisée a également gagné le banc des jeunes agriculteurs. « Pour que des jeunes continuent de s’installer demain, il leur faut de la lisibilité ». Et ce ne sont pas les tensions actuelles dans les négociations des prix avec la grande distribution qui vont apaiser les choses, a indiqué le président des JA, Thomas Gillig.

Au niveau viticole aussi le ciel s’assombrit, notamment avec le dossier des vins sans IG (identité géographique). Didier Pettermann redoute que les vins sans IG tirent les prix à la baisse. Le vice-président de l’AVA craint aussi la suppression de l’interdiction de recours à la dénomination du cépage pour les vins sans IG. La viticulture alsacienne aurait beaucoup à y perdre.

Le conseiller agricole de François Hollande s’est montré à l’écoute des responsables agricoles participant à la réunion qui s’est déroulée à la Préfecture à Strasbourg en même temps que la rencontre bilatérale entre le Chef de l’Etat français et la Chancelière allemande Angela Merkel. Il a rappelé le contexte des dernières négociations de la Pac qui se sont déroulées alors que la conjoncture économique mondiale était favorable, avec de prix élevés et une croissance forte. Aujourd’hui la situation s’est retournée. Philippe Vinçon a assuré que le Président de la république est bien conscient des difficultés agricoles actuelles. C’est pour cela qu’un large plan d’aide a été mis en œuvre dès l’été dernier par le Gouvernement. Sur l’échiquier européen, il reconnait que le précédent Commissaire européen à l’agriculture, Dacian Cilolos avait des positions nettement moins libérales que l’actuel Commissaire Phil Hogan. Philippe Vinçon a néanmoins assuré les responsables agricoles bas-rhinois que la crise agricole était bien à l’ordre du jour de la rencontre Hollande-Merkel. Trois sujets apparaissent comme prioritaires pour le Conseiller agricole du Chef de l’Etat : la levée de l’embargo russe, l’étiquetage de l’origine des produits, y compris pour les produits transformés et les mesures à prendre pour sortir de la crise et réguler les marchés.

Pour avancer sur tous ces sujets, il est important que la France reprenne le leadership au niveau européen et que le couple franco-allemand fonctionne lui ont répondu les responsables de la FDSEA et des JA. Espérons que la rencontre de ce jour à Strasbourg entre le Chef de l’Etat français et la Chancelière allemande y contribuera.

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