Agricultures slovène et française, des pratiques pas si éloignées

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Nichée aux confins de la mer Adriatique, frontalière de l’Italie, l’Autriche, la Croatie et la Hongrie, la Slovénie est un petit pays. Indépendante depuis 1991 (ex-Yougoslavie), la Slovénie a fait son entrée dans l’Union européenne en 2004 et possède l’euro depuis 2007.

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Sur le total de 2 millions d'hectares que compte la Slovénie, plus de la moitié est couverte de forêts. Sur l'ensemble de la superficie agricole, plus de 60 % sont constitués de pâturages permanents. La Slovénie est également un pays viticole, entre 800 000 à 900 000 hectolitres de vin sont produits par an, pour un vignoble de 21 500 ha. Les exploitations agricoles sont très hétérogènes, d’un côté des fermes de très petites tailles issues d’une agriculture vivrière et de l’autre des structures immenses héritées des fermes d’État de l’URSS.

Trouver des lignes communes

Après près de 800 km de bus, les agriculteurs slovènes, avec parmi eux, Anton Medved, président du syndicat majoritaire slovène, ont rencontré Gérard Lorber, secrétaire général de la FDSEA du Bas-Rhin. Signe du destin ou preuve de l’impérieuse nécessité de travailler à l’échelon européen, la veille de cette rencontre Stéphane Le Foll rencontrait le ministre de l'Agriculture slovène, Dejan Židan. Il y a fort à parier que dans les deux cas la crise agricole européenne était au cœur des discussions.

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Pour Gérard Lorber, « la politique ultralibérale de la Commission européenne conduit l’ensemble des agriculteurs européens dans des situations critiques ». Sans tomber dans la nostalgie d’une époque révolue, il faut se souvenir de l’esprit du Traité de Rome. Le but était d’assurer la souveraineté alimentaire de l’Europe et de donner un niveau de vie décent à la population rurale, majoritaire à la sortie de la Seconde Guerre mondiale.

Depuis le temps a passé, les enfants de l’Europe n’ont pas connu la faim et l’exode rural a ramené la population agricole active à moins de 10 %. Pour le secrétaire général de la FDSEA du Bas-Rhin, « dans ce nouvel ordre mondial, il faut trouver un nouveau paradigme pour assurer aux agriculteurs un minimum de protection face aux aléas ». Le message a semble-t-il été entendu, car entre-temps le commissaire européen a annoncé plusieurs mesures afin de pouvoir intervenir sur les marchés (lire aussi en page 2).

Pas d’Europe commerciale sans Europe sociale

Gérard Lorber a également évoqué l’harmonisation des règles au sein de l’Union européenne, notamment sur le coût de la main-d’œuvre qui va du simple au double entre les deux pays. « L’écart est important, il ne pourra pas être comblé du jour au lendemain, mais l’Europe doit aussi être sociale », a insisté Gérard Lorber.

Côté slovène, les agriculteurs nous envient également sur quelques points. Ils étaient par exemple très intéressés par le fonctionnement du foncier (fermage, Safer) et les retraites agricoles. La situation d’un agriculteur semble très précaire au niveau du foncier, les propriétaires pouvant aisément récupérer les terres.

Enfin, un sentiment semble traverser les frontières et faire consensus chez tous les agriculteurs d’Europe, c’est la rancœur envers Lactalis. Depuis que l’entreprise française a repris la plus grande entreprise de transformation laitière du pays, elle n’a de cesse de faire baisser le prix du lait. Qui sait ? C’est peut-être grâce à Lactalis que les agriculteurs européens feront bannière commune pour réclamer ensemble de meilleurs prix.

Des pratiques pas si éloignées

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Avant cette rencontre à la Maison de l’agriculture, les agriculteurs avaient souhaité visiter des exploitations alsaciennes notamment en élevage et en viticulture. Le groupe s’est rendu au Gaec Urban à Berstett pour visiter l’atelier laitier. Jean-Marc, Denis et Valentin Urban sont associés sur l’exploitation qui compte un peu plus d’une centaine de vaches laitières. En Slovénie le prix moyen d’achat était de 28 centimes le litre en 2015, ce qui aux dires des exploitants ne suffit pas à couvrir les coûts. Les éleveurs étaient particulièrement intéressés par le travail sur les rations. Les échanges ont montré que les méthodes ne sont pas très éloignées.

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La veille le groupe s’était rendu à l’EARL Burger à Alteckendorf où Éric Burger a détaillé le fonctionnement de son atelier taurillon. Là encore des similitudes dans les élevages, notamment le coût d’achat des broutards. Un éleveur slovène ayant rapporté avoir acheté des broutards charolais en République tchèque à 980 € pièce. Par contre, les éleveurs ont été impressionnés par le coût des études ICPE qui semblent bien plus simples en Slovénie. Une fois encore le besoin d’harmonisation s’est fait ressentir !

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