Table ronde producteurs, représentants des transformateurs et distribution à la Préfecture

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Dans un climat national compliqué dans les filières agroalimentaires, une réunion regroupant producteurs, représentants des transformateurs et distribution s'est tenue à la Préfecture vendredi 15 décembre.

L'objectif : réinventer des relations commerciales constructives.

Comme il l'avait annoncé, le Préfet Stéphane Bouillon a souhaité faire le point sur les relations commerciales au sein de la filière agroalimentaire ceci 6 mois après la première table ronde organisée autour de la médiation du prix du lait.

C’est d’ailleurs le suivi des accords sur le prix du lait qui a introduit la réunion. Premier constat, il est difficile de s’entendre sur les chiffres. Quel est le prix du lait payé au producteur, comment ce prix est-il défini, « seul un énarque peut le comprendre » à même lâché Denis Nass président de la FRSEA.

Après analyse des chiffres il semble que le compte n’y soit pas encore, le Préfet a d’ailleurs prévu de rencontrer les transformateurs absents lors de la rencontre.

Pour Denis Ramspacher, plus que le respect des accords c’est la dynamique du prix du lait en Europe qui l’inquiète. « Les producteurs ne comprennent pas et à juste titre qu’en Allemagne, en Hollande ou en Italie le lait est payé 400 € la tonne alors que nous nous passerons difficilement les 330€ ».

A Jean Paul Bastian, président de la Chambre Régionale d'Agriculture d'Alsace, d’ajouter qu’il est compliqué d’admettre qu’aujourd’hui des produits à forte valeur ajoutée comme les produits de grande consommation (yaourt, crème…) ne soient pas rémunérateurs alors que le beurre et la poudre se vendent à prix d’or.

« Cette détérioration de la  valeur ajoutée de nos produits sur le marché intérieur est préjudiciable pour toute la filière. »

La théorie du moins disant

Pour Stéphane Biot nouveau responsable de la FCD régionale, les dysfonctionnements du marché intérieur s’expliquent par la morosité de la consommation des ménages. Le pouvoir d’achat reculant, les enseignes ne se cachent même pas pour se livrer une guerre des prix sans merci. Cette stratégie du moins cher conduit les distributeurs à sans cesse revenir vers les fournisseurs, c'est la relation du « qu'est ce que tu peux me faire ? » comme l'explique Denis Digel président de la FRSEA fruits et légumes d’Alsace. Pour lui, il faut mettre un terme à ces relations conflictuelles.

Il s’est ensuite indigné du comportement des distributeurs affichant des fruits et légumes à moins de 1 euro ou des slogans faisant l’apologie de la vie moins chère. « Il faut rééduquer les consommateurs pour leur faire comprendre qu'on ne peut pas manger des tomates à moins de 1€. La production agricole représente du travail et des investissements qu’il faut rémunérer faute de quoi nous consommerons des aliments venus d’ailleurs produits dans des conditions sociales et environnementales indignes ! »

Sur ce point le Préfet a précisé que la distribution avait un rôle prépondérant dans l’éducation du consommateur pour lui rappeler que l’alimentation a un coût. Ponctuellement l’État est même prêt à assumer des hausses pour stabiliser une filière, c'était d'ailleurs l'objectif de la médiation sur le prix du lait.

Travailler ensemble malgré tout

Bien que les conflits sur les relations commerciales et notamment le partage de la valeur gangrène les discours, la grande distribution reste l’interlocuteur principal des filières agroalimentaires. Le développement des filières courtes est important mais plus de 80% des achats passent par la grande distribution, c’est pourquoi il est nécessaire d’imaginer de nouveaux partenariats.

C’est dans ce sens que les responsables des filières au sein de la FDSEA 67 ont entamé des discussions avec certaines enseignes, Dominique Daul pour la viande bovine a salué le travail entamé notant toutefois que l’essai reste à transformer. « Les paysans ont besoin de visibilité sur des tonnages et des prix » a t-il insisté.

La promotion des produits régionaux, de leur qualité et des emplois qu’ils génèrent en Alsace doit devenir un leitmotiv pour les distributeurs. La mise en place d’un indicateur de suivi des actions (linéaire de magasin, mise en valeur des produits…) pourrait permettre de juger les efforts engagés par la grande distribution.

Le cadre de négociation entre distributeur et transformateur doit également être revu, c’est en tout cas la proposition de Jean Schwebel représentant l’ARIA (Association Régionale des Industries Alimentaires). Le cadre de la LME (Loi de Modernisation de l’Économie) ne permet pas des relations équilibrées entre transformateurs et distributeurs, la loi de consommation préparée par le Ministre délégué Benoît Hamon devra apporter des gages pour les entreprises agroalimentaires.

Écotaxe

Seul véritable point de rassemblement entre agriculteurs et distributeurs la lutte contre la mise en place de l’ecotaxe. Denis Nass a rappelé au Préfet la demande de la profession, « nous ne pourrions pas comprendre que certaines Régions soient exonérées et pas l’Alsace ». Il n’existe pas d’alternative au transport routier pour la desserte des fermes. Même si le principe de lutter contre le transit est louable, la mise en œuvre de l'écotaxe sous son format actuel conduirait à détériorer encore un peu plus la compétitivité de la filière agroalimentaire en Alsace. C'est pourquoi la FRSEA Alsace demande l'exonération des produits agricoles, agroalimentaires et d'agrofournitures. Le Préfet a cherché à rassurer, rappelant que la suspension du projet accordée par le premier Ministre Jean Marc Ayrault permettrait de remettre le sujet à plat. L'heure est pour lui au dialogue !

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