Ambition en baisse pour le développement rural
Outre les dossiers d'actualité comme les négociations à l'OMC, l'emploi
agricole ou la nouvelle réglementation de circulation des machines agricoles,
les membres du Conseil départemental de la FDSEA ont fait le point sur le
nouveau programme de développement rural qui couvrira la période 2007-2013.
Avant de
faire le traditionnel tour de table de la situation des cultures et des
productions, Denis Ramspacher a rappelé que la FDSEA a obtenu le droit de
faucher et pâturer les jachères. "C'est une très bonne chose pour les éleveurs
car les rendements en foin sont en net retrait " a indiqué le président de
la FDSEA avant d'appeler les agriculteurs qui n'auraient pas besoin de leur
jachère de l'offrir aux éleveurs.
Il a aussi
remercié les agriculteurs qui se sont mobilisés récemment lors de la
manifestation contre le GCO ou celle contre l'amende de Bruxelles au Parlement
européen. "La mobilisation au niveau des agriculteurs et de leur famille a été
bonne, et même au-delà puisque de nombreux élus nous ont apporté leur
soutien " s'est félicité Denis Ramspacher. Le dénouement de ce dossier
devrait avoir lieu en septembre lorsque la justice européenne annoncera le
verdict. D'ici là, la profession reste mobilisée.
S'agissant
des négociations internationales à l'OMC, elles se sont soldées par un échec en
fin de semaine dernière à Genève. " Mais elles vont reprendre au cours du
mois de juillet " explique Jean-Paul Bastian vice-président de la FNSEA en
charge des questions internationales. "Dans ces négociations, on se focalise sur
l'agriculture et on parle très peu des autres secteurs. L'Europe ne doit pas
céder et brader son agriculture ! Nos structures nationales et européennes
sont très mobilisées sur ce dossier. Les enjeux de ces négociations sur le moyen
et le long terme sont très importants."
Orage de grêle et pluie diluvienne
Lors du tour
de table, il a notamment été question des intempéries qui ont frappé certains
secteurs du département. En effet, des orages de grêle très localisés ont frappé
certaines communes des cantons de Hochfelden, Saverne, Bouxwiller, Woerth,
Wissemboourg, Seltz, Lauterbourg, Rosheim, créant notamment des dégâts aux
cultures. Jean-Georges Berst, le responsable cantonal de Bouxwiller, estime que
ce ne sont pas moins de 80 mm qui sont tombés en une demi heure. "Il y a eu un
blessé grave à Wickersheim et à Hohatzenheim, du fait de pluies torrentielles,
il y a eu des coulées de boue" relate Joseph Lechner, le président cantonal de
Hochfelden. Il y a aussi eu des coulées de boue dans le secteur de
Soultz-sous-Forêts. "Les agriculteurs ont été très solidaires, en aidant leurs
concitoyens à nettoyer les rues, pomper les caves inondées..."estiment les deux
présidents cantonaux.
Bernard
Wendling, le président du SUAD de la chambre d'agriculture constate que "les
agriculteurs tentent de trouver des solutions culturales à ces problèmes de
coulées de boue, mais il est fort regrettable que ces efforts ne soient pas
correctement indemnisés."
La FDSEA a
entrepris les démarches nécessaires pour permettre aux agriculteurs sinistrés de
demander un dégrèvement sur les impôts fonciers.
Paradoxalement, dans d'autres
secteurs les agriculteurs attendent avec impatience la pluie. C'est le cas des
cantons de Molsheim, Bischwiller, Brumath, Erstein, Benfeld, Obernai, Sélestat
une partie du canton de Seltz, de Soultz-sous-Forêts.
Pour
Christian Schneider, le responsable de la section céréales de la FDSEA, "les
cultures souffrent beaucoup de la chaleur et l'irrigation démarre. Il est
primordial d'irriguer les cultures jusqu'aux alentours du 15 août.
" Espérons que les critiques infondées à l'égard de l'irrigation ne vont
pas recommencer comme au cours de l'été dernier car la situation hydrologique
alsacienne est normale " insiste-t-il.
Concernant
les céréales, Eugène Schaeffer, le président du Comptoir agricole a annoncé des
compléments de prix pour 2005 : à savoir, 6 € par tonne pour le blé et 4 € par
tonne sur le maïs. Qui s'ajoutent aux compléments de prix déjà versés.
Eugène
Schaeffer a aussi indiqué que le Comptoir agricole prévoit l'acquisition d'une
presse à huile. La coopérative pressera en prestation de service le colza
apporté par les agriculteurs.
Pour ce qui
est de la production laitière, Patrick Bastian se félicite car finalement grâce
à la forte pression syndicale, le groupe Lactalis va arrêter les déductions
qu'il ne pouvait justifier.
Saisonniers polonais : la simplification est en
route
Les membres
du Conseil départemental de la FDSEA ont aussi débattu de la question de
l'emploi saisonnier agricole, particulièrement importante pour les nombreuses
productions spécialisée. Des simplifications sont intervenues dans la procédure
d'embauche de saisonniers polonais. Afin de concrétiser ces avancées, la FDSEA a
rencontré les services de l'inspection et de la direction
départementale du travail. "Nous conseillons aux agriculteurs de continuer à
déposer des offres à l'ANPE, lorsqu'ils ont besoin de salariés. Par contre, la
situation de l'emploi ne pourra plus être invoquée pour refuser la demande
d'embauche d'un saisonnier polonais par un employeur" annonce Joseph
Lechner.
Dernièrement
la FDSEA a aussi organisé une rencontre sur la question en invitant le
secrétaire général de la Préfecture sur une exploitation productrice de fraises
afin de dénoncer les distorsions de concurrence existantes entre les producteurs
français et allemands du fait de législations sociales plus avantageuses
outre-Rhin. "Le coût de la main d'œuvre est deux fois plus cher en France"
explique Marc Moser, le secrétaire général de la FDSEA. "Nous demandons la
suppression de la redevance ANAEM (anciennement OMI), et lorsque le salarié a
déjà une couverture sociale il serait normal que l'employeur soit exonéré de
charges sociales comme en Allemagne" propose Joseph Behr, le directeur de la
FDSEA.
Autre sujet
d'actualité, la nouvelle réglementation sur les convois agricoles. Plutôt que de
voir appliquer la réglementation des convois exceptionnels, inadaptée aux
machines agricoles, la profession a souhaité que la spécificité agricole soit
prise en compte. C'est ainsi qu'a vu le jour cette nouvelle réglementation moins
contraignante pour les agriculteurs que la réglementation convoi exceptionnel.
Ces nouvelles règles, détaillées dans un précédent journal, sont applicables à
compter du 12 juillet, " mais les fournisseurs sont en rupture de stocks de
panneaux signalétiques " constate Jean-Marc Pfrimmer le président cantonal
de Haguenau. Il est conseillé aux agriculteurs qui jusqu'à présent étaient
équipés en convoi exceptionnel de maintenir cette signalisation.
"Nous avons
sollicité un report de l'application de cette réglementation", indique Denis
Ramspacher. La profession agricole se renseigne aussi sur les prix pratiqués par
les fournisseurs, afin de pouvoir proposer le plus compétitif aux
agriculteurs.
Manque d'ambition européenne pour le second
pilier
Outre les
aides du premier pilier (aides couplées et découplées, restitutions...), la
politique agricole commune comporte aussi un second pilier destiné à financer
les mesures de développement rural. Si le budget consacré au premier pilier est
stabilisé, celui consacré au développement rural (FEADER) est en nette baisse.
Comparée à la situation actuelle, la baisse est d'environ 30% pour la période
2007-2013.
"Le FEADER
permet notamment de financer les MAE, les aides à l'installation, les ICHN, le
plan bâtiment pour l'élevage ainsi que le nouveau plan végétal pour
l'environnement.
Cette
politique européenne est déclinée au niveau national et est basée sur le
principe du cofinancement. Pour mobiliser les fonds européens de développement
rural, il faut que l'Etat français ou des collectivités territoriales accordent
également des financements. " Nous savons que les crédits du FEADER seront
en baisse, or il y a des CTE qui arrivent à échéance qu'il sera difficile de
renouveler " regrette Marc Moser.
Pour ce qui
est de la PAC 2006, "les agriculteurs ont récemment reçu leur notification de
surfaces 2006 qui n'est pas à confondre avec la notification définitive des
DPU", explique Pierre-Paul Ritleng, conseiller à la FDSEA. Au fur et à mesure de
la saisie des dossiers Pac 2006, la DDAF envoie en retour aux agriculteurs une
notification des surfaces saisies pour contrôle. Ce travail va s'échelonner
jusqu'à fin juillet. Ce courrier confirme d'une part les surfaces admissibles
susceptibles d'activer les DPU normaux et jachères et récapitule aussi les aides
couplées correspondant à 25% de l'aide pour les grandes cultures. Cette
notification permet aussi d'être sûr que le dossier Pac a bien été enregistré
par la DDAF. Les agriculteurs qui après le 31 juillet
n'auraient pas reçu cette notification, devront se manifester auprès de la DDAF
pour ne pas se retrouver à l'automne sans aides PAC.
Concernant la mise en place des DPU, l'administration
prévoyait de transmettre à tous les agriculteurs une notification actualisée des
DPU en même temps que le dossier PAC. Mais ce travail n'est toujours pas encore
terminé aujourd'hui. Il va s'échelonner jusqu'à fin
juillet.
Ce n'est
qu'en septembre que les agriculteurs seront destinataires de la notification
définitive de leurs DPU. Si la notification provisoire n'est en réalité qu'une
information la notification définitive quant à elle vaudra décision. Les
agriculteurs auront à partir de cette date deux mois pour contester cette
décision.
Avant de
conclure la réunion, Thomas Blum et Georges Kuntz ont dressé un rapide bilan de
l'opération de communication organisée à l'occasion du départ du tour de France
à Strasbourg. " Nos objectifs sont très loin d'être atteints, le public
n'était pas au rendez-vous " ont-ils regretté. Il semblerait que la ville
de Strasbourg a communiqué sur le tour de France mais pas sur les animations
autour. Cela montre une nouvelle fois à quel point l'exercice de la
communication est difficile.
Pascale Wilhelm