Agenda09/09/10 Retour à la page d'accueil Contacts Glossaires Plan du site Page précédente Page Suivante Imprimer  
    Actualité Syndicale / 2007
 
  Lancer la rechercheRecherche avancée












 

 

 

 

 

 

 

FDSEA du Bas-Rhin
Espace Européen de l'entreprise
2 rue de Rome
67300 Schiltigheim
Tél. 03 88 19 17 67
Fax. 03 88 19 17 68
webmaster@ fdsea67.fr

©
FDSEA du Bas-Rhin

  27/9/2007
  Sommet du Végétal : Le monde a de nouveau besoin de nous !


Sommet du Végétal

Le monde a de nouveau besoin de nous !

Une certaine euphorie était palpable lors du congrès des associations spécialisées en grandes cultures, regroupées au sein d'ORAMA, qui s'est tenu à Tours les 19 et 20 septembre. Mais ce n'est pas tant la flambée des cours, peut être passagère, qui a redonné le moral aux producteurs, que le sentiment de redevenir indispensables face à une demande de matières premières végétales en pleine croissance.

Pour les producteurs de céréales, la conjoncture actuelle est marquée par des niveaux de prix sans commune mesure avec ceux qui prévalaient ces dernières années."L'augmentation des prix arrive au bon moment pour nous redonner un peu d'oxygène et un sens à notre travail" résume Philippe Pinta, président d'Orama qui tempère "le prix moyen sur la campagne sera plus bas que le prix actuel, d'autant que 75% de la production était déjà vendue avant la récolte".

Un ciel dégagé
Lors d'une table ronde consacrée à ce sujet, Martin Von Lampe, économiste de l'OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Economique, regroupant les pays industrialisés) a présenté les conclusions des études réalisées avec la FAO (Agence des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture). "D'après nos prévisions, les prix des céréales devraient se maintenir à un niveau élevé, mais c'est dû principalement à une augmentation de la demande alimentaire plutôt qu'à l'impact des biocarburants". En effet, des pays émergents très peuplés comme l'Inde et la Chine se développent et leur population consomme plus de viande. Sachant qu'il faut près de 10kg de fourrages et de céréales pour produire 1 kg de viande, la demande en céréales augmente. Pour Philippe Chalmain, président du bureau d'étude Cyclope, "nous sommes désormais en prise directe avec le prix mondial et la variabilité des prix va s'amplifier : certains jours ils seront rémunérateurs, d'autres jours ils ne le seront plus" prédit-t-il, "il faudra trouver des moyens pour gérer ce risque". Cela pourrait notamment prendre la forme d'une assurance récolte renforcée, prenant en compte les fortes variations de prix, ou du système de dotation pour aléas, permettant de défiscaliser certains bénéfices des exploitations, pour couvrir des pertes lors d'une mauvaise année. Pour Christophe Terrain, président des producteurs de maïs, "à l'avenir, le rôle de la PAC devra être de gérer les variations climatiques et économiques pour que nous puissions inscrire nos entreprises dans le long terme".

De gauche à droite : Xavier Beulin, président de la FOP (oléagineux), Philippe Pinta, président d'ORAMA, et Christoph Terrain, président de l'AGPM (maïs).

 

Entre Grenelle et réforme de la PAC: les nuages s'accumulent à l'horizon
Outre le développement de la fièvre catarrhale et les négociations à l'OMC, Jean Michel Lemétayer est revenu sur les assises de l'agriculture qui se tiendront prochainement pour préparer le bilan de santé de la PAC. "L'Europe devra se poser la question de ce qu'elle attend de son agriculture, et ensuite seulement mettre les moyens correspondants, et non pas réformer uniquement pour des questions budgétaires ou de compatibilité avec l'OMC" a indiqué le président de la FNSEA. "Notre rôle reste bien de nourrir la population et de répondre aux défis environnementaux et de qualité des produits" a-t-il ajouté, "et tout cela a un prix !".

Jean Michel Lemétayer
Jean Michel Lemétayer : Notre rôle est de nourrir la population et de répondre aux défis environnementaux et de qualité des produits.  

Le Grenelle de l’environnement a également occupé l’assemblée, preuve des inquiétudes des agriculteurs. Parmi les différents sujets évoqués, le dossier des produits phytosanitaires a retenu une bonne partie de l’attention. Selon ceux qui participent aux groupes du travail du Grenelle, c’est le second sujet le plus épineux après les OGM. Les dirigeants d’Orama veulent éviter à tout prix une réduction des quantités de matière active utilisées. En contrepartie, ils se disent prêts à construire des démarches de progrès. « Les assises de l’agriculture sont le lieu où l’on pourra reparler de ces choses-là », a jugé Christophe Terrain, pour qui ces exigences précises ne peuvent être discutées dans un débat du type Grenelle.

Concernant les OGM, la découverte le matin même d’un article sur le site internet du quotidien Le Monde intitulé « La France s’oriente vers un gel des cultures OGM » a donné lieu à une réaction excédée de Philippe Pinta, président d'ORAMA. Dans ce texte, Jean-Louis Borloo affirme : « Sur les OGM tout le monde est d’accord : on ne peut pas contrôler la dissémination. Donc on ne va pas prendre le risque ». Une annonce irrecevable pour les professionnels, alors que les groupes de travail n’ont pas terminé de se réunir. Inutile de s’étonner des sifflets qui ont accueilli le ministre de l’Agriculture, venu clôturer ce sommet. Que celui-ci ait démenti les propos de son confrère n’y a rien changé. Les producteurs de grandes cultures ont décidé pour l’heure de se retirer des réunions du Grenelle de l’environnement. En attendant que le gouvernement leur donne des explications.

 

Un avenir pourtant prometteur.
L'avenir des grandes cultures a fait l'objet d'une table ronde réunissant des économistes et des chercheurs qui ont cherché à comprendre les évolutions en cours, tant du point de vue de la demande et des marchés, que des technologies.
Hosein Shapouri, de l'USDA (Le Département agricole américain), a donné quelques chiffres sur le développement des biocarburants aux Etats-Unis. 129 usines d'éthanol ont été construites et 76 nouvelles usines sont prévues. Cela représente une capacité de 50 millions de tonnes à l'horizon 2010. Par contre, la production de biodiesel ne représente que 4,4 millions de tonnes, ce qui s'explique par la faible utilisation de ce carburant dans ce pays. "Le Congrès américain estime que la production de biocarburants devrait atteindre 130 millions de tonnes d'ici 2017" ajoute Jean-Christophe Debar, président de Pluriagri. "Entre 50 et 80 millions de tonnes sont consacrées à la production de biocarburants aux Etats-Unis" précise Bruno Hot, directeur de l'ONIGC.

 

Dans les couloirs, on parle beaucoup de Diabrotica

Le sommet du végétal a été l'occasion pour les représentants des régions touchées par la chrysomèle, d'échanger sur les mesures de lutte qui s'appliquent et de multiplier les rencontres, notamment avec la DGAL (Direction Générale de l'Alimentation du ministère de l'agriculture). Les responsables agricoles ont demandé que l'Etat français assouplisse ces mesures de lutte et mette en place des outils pour gérer la présence de la chrysomèle. "D'autres pays où la chrysomèle est présente luttent en utilisant le traitement insecticide des semences ou les traitements sur la ligne, sans parler des OGM résistants utilisés aux Etats-Unis" explique Christian Schneider qui ajoute qu'"il faut d'ores et déjà réfléchir à un dispositif plus souple, applicable en cas d'extension de cet insecte sur de grands secteurs, pour éviter les pertes trop importantes pour les agriculteurs".

Raffaello Garofalo, de l'European Diesel Board, a expliqué qu'en Europe, contrairement aux Etats-Unis, c'est le diesel qui est utilisé en majorité, même si l'éthanol se développe également. Il explique que la Commission européenne prépare une nouvelle directive qui prévoit l'incorporation de 10% de biocarburants d'ici 2020 tout en fixant des règles pour éviter que leur production, destinée à combattre l'effet de serre, ne se traduise par d'autres nuisances pour l'environnement. Dans le même temps, les Etats-Unis investissent massivement dans le développement des biocarburants de 2ème génération, fabriqués à partir de biomasse issue de plantes entières plutôt que des grains. "Ces biocarburants auront un impact plus faible sur l'environnement tout en offrant une meilleure efficacité énergétique" ajoute Hosein Shapouri.

A la question de l'impact des biocarburants sur la disponibilité et les prix des céréales, la plupart des experts s'accorde à dire qu'il sera bien moins important que l'impact du développement des utilisations alimentaires. "L'augmentation de la demande non alimentaire sera surtout concentrée dans les pays développés" explique Martin Von Lampe. Pour Jean-Christophe Debar, le progrès technique et l'amélioration variétale permettront d'accroître la production, principalement en Amérique du Sud (Brésil), dans les pays de l'Est (Ukraine, Russie…) ainsi qu'en Afrique, d'autant plus que les prix élevés permettront de cultiver des terres qui n'étaient pas rentables jusqu'à présent.

François Houillier, directeur de recherche à l'INRA, a présenté les axes de travail qui se mettent en place. "L'INRA est en train de réorienter de nombreuses équipes de chercheurs pour travailler sur ces questions de biocarburants, chimie verte, biotechnologie, variétés adaptées à la production de biomasse, tout en cherchant l'excellence environnementale des cultures et des processus de transformation des produits" explique-t-il. C'est donc une tendance de fond qui se dessine pour les productions végétales, amenées à répondre à des demandes des plus en plus diversifiées, tout en conservant leur vocation première qui est de nourrir la planète.

Philippe Osswald

Proposer nos solutions à une société déboussolée

Jean Viard  
Jean Viard, sociologue : "Il est temps pour le monde agricole de devenir acteur. C'est à vous de proposer à la société vos solutions pour le développement durable"  

"Sur une vie, nos grands parents vivaient 500 000 heures, dormaient 200 000 heures et travaillaient 200 000 heures, il leur restait donc 100 000 heures pour faire autre chose" explique le sociologue Jean Viard, spécialiste des relations entre la ville et la campagne. Aujourd'hui, on vit 700 000 heures, et on travaille 67 000 heures, il nous reste donc près de 400 000 heures libres. "On entre dans la civilisation des vies complètes dont ont rêvé nos ancêtres durant des siècles". La conséquence de cela est que le travail n'est plus le cœur du lien entre les hommes qui deviennent plus individualistes, veulent profiter au maximum de ce temps et vivre aussi longtemps que possible en bonne santé. Les consommateurs exigent donc désormais une alimentation et un environnement sains et ne supportent plus de courir le moindre risque. Il ne faut pas non plus oublier la façon dont est vue la campagne : "Vous êtes devenus les acteurs d’un paysage, vous êtes le décor du TGV !", a-t-il encore signalé. Concernant le progrès technique Jean Viard constate qu'"on assiste actuellement à une crise de la société, de son projet, de son sens, et en même temps on se rend compte que la terre et ses ressources sont limitées". "Si toute la planète consommait autant que les français, il nous faudrait 8 planètes" explique-t-il. Tout cela fait qu'aujourd'hui nous avons peur du futur alors que depuis des siècles, l'avenir était synonyme de progrès social et technique.

Les agriculteurs doivent tenir compte de ces changements et chercher à s'y adapter pour en tirer profit conseille le sociologue. D'autant qu'ils ont de nombreux atouts en main pour cela. "Il est temps pour le monde agricole de devenir acteur. C'est à vous de proposer à la société vos solutions pour le développement durable, plutôt que de subir les projets que d'autres ont imaginé" conclut-il.

 

La délégation bas-rhinoise au sommet du végétal
La délégation Bas-rhinoise était composée de Mathieu Trauttmann, Christian Schneider, Marc Moser, Christian Schott et Philippe Osswald

 

 


Auteur : Philippe Osswald

Retour à la page d'accueil Contacts Glossaires Haut de page Page précédente Page Suivante Imprimer