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FDSEA du Bas-Rhin

  30/10/2007
  Conseil du 26 octobre : Les crises sanitaires gâchent une campagne prometteuse.


Conseil FDSEA du 26 octobre

Les crises sanitaires gâchent une campagne prometteuse.

A l'heure du bilan de la campagne agricole, les résultats satisfaisants pour les productions végétales ne parviennent pas à faire oublier les difficultés du secteur de l'élevage et les crises sanitaires qui touchent aussi bien le maïs, avec la chrysomèle, que les élevages avec la fièvre catarrhale. Les responsables agricoles s'interrogent aussi sur les conséquences concrètes des récentes conclusions du Grenelle de l'environnement.

Bonne année pour les productions végétales

Le conseil de la FDSEA de l'automne est traditionnellement l'occasion pour l'ensemble des présidents cantonaux de dresser un bilan de la campagne agricole. "Après des années difficiles, les productions végétales relèvent la tête et la campagne agricole est plutôt favorable, tant du point de vue des rendements que des prix. Par contre, les productions animales sont touchées par la fièvre catarrhale, un marché difficile et l'augmentation des prix des aliments" explique Denis Ramspacher en guise d'introduction avant de passer en revue les différentes filières. "Une restructuration a lieu dans le secteur du sucre et une sucrerie ailleurs en France va fermer. Dans ce contexte il est important de continuer à défendre la filière sucre alsacienne" ajoute le président de la FDSEA. "Le marché du lait est favorable aux producteurs car la production est inférieure à la demande, mais l'augmentation de 54 €/1000 litres ne se verra que sur les paies de lait du dernier trimestre 2007". Il explique en outre que les producteurs du grand Est sont en train de se structurer pour négocier plus efficacement au sein de l'interprofession.

Concernant le houblon, "la récolte est bonne en quantité, avec des problèmes de qualité très localisés et globalement une bonne campagne qui laisse entrevoir un développement du marché pour les années à venir" indique Joseph Lechner. L'année tabacole 2007 est particulière, avec "une production en baisse de 15 à 20%, ce qui est préoccupant pour la viabilité des outils de transformation" explique Rémy Losser, président des tabaculteurs. Par contre, la qualité est bonne et les prix compenseront en partie la baisse de rendement. "Il reste 300 producteurs en Alsace et le nombre ne cesse de baisser. L'enjeu des années à venir sera de consolider et moderniser les structures en place" conclut-il.
La production viticole du département poursuit ses bons résultats. "Les vendanges ont commencé tôt, dès fin août, la qualité est au rendez vous et 2007 sera une bonne année pour le vin d'Alsace" a déclaré Pierre Huchelmann, président de la cave coopérative d'Obernai.

Les productions animales ont la langue chargée.

A la suite de la réunion des producteurs de porcs qui s'est tenue le jour même, Jean Michel Fritsch fait état de difficultés liées à la flambée des prix des aliments alors que le prix payé au producteur est à la baisse du fait d'une surproduction européenne, de la parité euro/dollar défavorable à l'Europe, et de la concurrence d'autres gros producteurs mondiaux. "La crise est atypique car elle est très violente mais pourrait être relativement courte" prédit-il. "Nous avons demandé des restitutions pour exporter sur les pays tiers, ainsi que des mesures d'accompagnement pour alléger la trésorerie des éleveurs". Face aux incertitudes qui pèsent sur l'avenir de l'abattoir de Holtzheim, il indique que "des mesures ont été prises pour pérenniser l'abattoir, même si dans un premier temps on ne pourra pas développer de nouveaux produits à forte valeur ajoutée".

Les productions bovine et ovine souffrent du prix élevé des concentrés, mais aussi de la fièvre catarrhale, aussi appelée maladie de la langue bleue. "La mortalité dans certains élevages ovins est importante" constate Jean-Jacques Fischer, président du syndicat ovin. Sur ce sujet, la FDSEA et le GDS ont organisé de nombreuses réunions d'information sur le terrain. "Dans environ 85% des élevages touchées, cela ne se passe pas trop mal, mais dans les 15% restants, il y a des pertes importantes, avec 40 à 60% des animaux touchés, ce qui engendre des frais vétérinaires parfois extrêmement élevés. Il y a aussi des problèmes de fertilité chez les mâles, qui engendrent des baisses importantes de productivité" explique Patrick Bastian, président du GDS et responsable cantonal FDSEA. "Pour l'instant, c'est aux éleveurs de payer les traitements médicaux et à l'avenir le monde de l'élevage devrait mettre en place une caisse pour faire face à ce type de crise" explique Patrick Bastian. Il ajoute qu'"un vaccin sera mis au point mais les quantités disponibles seront probablement insuffisantes et il faudra décider de priorités pour sa distribution", ce qui laisse augurer des choix politiques difficiles dans les mois qui viennent.

En ce qui concerne la viande bovine, "les cours actuels sont bas, même si depuis l'été, le prix des broutards a baissé ce qui redonne un peu d'oxygène aux engraisseurs" constate Lucien Simler, membre de l'interprofession bovine.Même son de cloche pour la production avicole où, malgré la levée des contraintes liées à la grippe aviaire qui redonne un peu d'oxygène aux producteurs, l'augmentation du coût des aliments pèse sur les élevages. "Certains calculent la rentabilité des bandes mises en place en hiver, qui coûtent cher en chauffage, et certains bâtiments risquent de rester vides" explique Eric Kléthi. Christian Schneider, responsable du groupe céréales déplore que l'augmentation des prix soit si soudaine. "La flambée des prix est gênante pour les productions animales, mais elle est le résultat de mauvaises récoltes dans plusieurs régions du monde, alliée à des stocks qui étaient déjà très bas. Ce n'est pas la conséquence directe du développement des biocarburants" tient-il à préciser.

Chrysomèle : réduction in-extremis du périmètre.

Parmi les dossiers d'actualité, la découverte d'une chrysomèle à Geispolsheim a mobilisé le réseau syndical ces dernières semaines. Comme la découverte a été tardive, il a fallu informer rapidement les agriculteurs des mesures qui allaient se mettre en place, tout en négociant ces mesures avec l'administration. "Il y a eu un certain flottement entre l'annonce initiale des mesures, avec le périmètre de 10 km, et les nouvelles mesures qui ont été négociées par la suite" a fait remarquer Eric Kléthi. "Au départ, nous avons réagi rapidement pour informer les agriculteurs, d'autant plus que le préfet avait signé l'arrêté préfectoral avec le périmètre de 10 km, contre l'avis de la profession" explique Jean-Paul Bastian. Ayant été mandaté par la FNSEA pour suivre ce dossier, il explique que les négociations ont continué à Paris et que de nouvelles mesures ainsi qu'un périmètre réduit ont finalement été décidées. "Le changement aussi rapide du périmètre et des mesures était inespéré et a été obtenu après un arbitrage du ministre. De plus nous avons évité pour 2008 la mise en place de rotations obligatoires autour des aéroports, et obtenu un accord sur le principe d'une caisse alimentée par tous les producteurs de céréales, pour payer les traitements et d'éventuelles compensations aux agriculteurs touchés". "La lutte contre la chrysomèle doit se poursuivre avec les meilleurs moyens possibles, c'est dans l'intérêt de l'ensemble de la filière maïs" a conclu Jean-Paul Bastian.

Un autre sujet qui empoisonne régulièrement la vie des agriculteurs, est celui de la présence, souvent imprévisible, de gens du voyage, qui s'installent sur des parcelles agricoles, souvent parce que la mise en place d'emplacements prévus pour cela par l'Etat et les communes se fait attendre. "Suite à la rencontre qui a eu lieu sur le terrain à ce sujet, le secrétaire général de la préfecture s'est engagé à essayer de trouver de solutions d'ici la prochaine campagne" rappelle Marc Moser, secrétaire de la FDSEA qui ajoute que "les agriculteurs demandent que les dégâts sur les parcelles soient indemnisés, et qu'ils n'aient aucun problème d'ordre administratif, notamment vis-à-vis de la PAC".

Grenelle de l'environnement : des changements en perspective

Au lendemain de l'annonce des conclusions du Grenelle de l'environnement, Denis Ramspacher est revenu sur le déroulement de la journée régionale qui s'est tenue à Mulhouse. "Les points principaux concernent la diminution des traitements phytosanitaires, le développement de l'agriculture biologique, les OGM, et la certification des exploitations agricoles". "Le débat sur les pesticides était très délicat et le compromis trouvé est assez contraignant" prévient Jean-Paul Bastian "même si les dossiers agricoles seront repris aux assises de l'agriculture où on pourra discuter des modalités d'application". "Certains pays nordiques, comme le Danemark, ne produisent plus de blé panifiable car les traitements phytosanitaires ont été très fortement réduits" fait remarquer Christian Schneider, pour qui il est essentiel que les agriculteurs disposent de solutions techniques pour lutter contre les ravageurs des cultures. "La profession agricole s'est pourtant bien défendue" estime pour sa part Rémy Losser qui appelle à relativiser les conséquences du Grenelle pour l'agriculture même s'il avoue avoir été surpris par la vitesse à laquelle ces mesures ont été adoptées. "Sur les OGM, l'avis des députés et des sénateurs est très partagé et le débat parlementaire pour élaborer la loi s'annonce difficile" annonce Jean-Paul Bastian. "Ce qui change fondamentalement après le Grenelle de l'environnement, c'est que les associations écologistes sont désormais considérées comme des interlocuteurs à part entière par les pouvoirs publics, et cela se répercutera aussi au niveau local" a expliqué le président de la chambre d'agriculture.

Porte parole des anciens exploitants, André Wicker a présenté le résultat des négociations menées avec Groupama et Mutualia concernant l'assurance santé des anciens. "Face à l'augmentation très importante des cotisations, nous avons renégocié un nouveau contrat de groupe bien moins cher. C'est une avancée importante compte tenu du faible niveau des retraites agricoles" annonce-t-il. "L'important c'est de trouver un contrat moyen qui vous couvre bien mais sans aller forcément vers les contrats les plus chers" conseille Christiane Bernard, présidente de la MSA. A propos des retraites agricoles, elle explique que "l'Etat ne tient pas ses engagement pour financer la retraite complémentaire obligatoire qui est déficitaire de ce fait, et les agriculteurs risquent de devoir payer plus cher" que prévu.

Pour finir, le conseil a aussi été l'occasion pour les présidents cantonaux de préparer les réunions cantonales qui se dérouleront entre le 15 novembre et le 15 décembre et permettront de débattre sur le terrain de toutes ces questions.

Philippe Osswald


Auteur : Philippe Osswald

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