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" On ne préservera pas le pouvoir d'achat des
Français
sur le dos des paysans " |
L'agriculture occupe une
place primordiale dans l'économie et le paysage français. Il est le secteur le
plus à même d'assurer le maintien de l'occupation de l'ensemble de nos
territoires.
De plus, un agriculteur
crée 5 emplois en amont et en aval de son activité de production.
Mais pour que cette
dynamique puisse continuer, il faut que les agriculteurs arrivent à percevoir un
revenu décent de leur activité. Actuellement, les prix de nos produits sont loin
de compenser les charges de production.
Après une année 2007 qui a
connu une flambée du prix de l'énergie et de la plupart des matières premières,
il est important de dire et de redire que les produits agricoles ne sont pas
responsables de l'augmentation du coût de la vie.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes !
Le prix du lait payé au
producteur a augmenté de 15 % entre 1990 et 2008 or le prix du lait et de la
crème pour le consommateur a progressé de 39,7 % !
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Sur la même période, le prix de la viande
bovine au producteur a baissé de 9,8 % or pour le consommateur il a augmenté
de 47,5 % !
-
Quant au prix du blé, il a baissé de 3,4 %
alors que le pain a vu son prix s'accroître de 60,3
% !
Alors que les meuniers et
les boulangers prétextaient la hausse du prix du blé pour justifier
l'augmentation de la baguette l'année dernière, la conjoncture céréalière s'est
complètement inversée. Au cours des 12 derniers mois, le prix du blé a baissé de
40 %, mais pas celui du pain !
Début septembre, la FDSEA
et les JA ont réalisé une opération de vente de fruits et légumes à prix coûtant
après avoir relevé les prix pratiqués dans plusieurs enseignes de la grande
distribution. Le moins que l'on puisse dire en comparant le prix payé au
producteur et celui facturé au consommateur est qu'il y a un véritable problème
d'équité. Les distributeurs n'hésitent pas à multiplier par 3 le prix sur le dos
du consommateur et du producteur. Un panier moyen de fruits et légumes de saison
payé 3,30 € au producteur est revendu en moyenne à 10 € au consommateur par la
grande distribution.
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Ce ne sont pas les
paysans qui font la vie
chère ! |
Notre activité est vitale
pour la population. Nous voulons avoir un revenu décent de notre
travail.
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C'est pourquoi nous
demandons :
- que l'Etat fasse
des efforts pour maîtriser la hausse des charges. Il nous est difficile
voire impossible de répercuter la hausse des charges sur le prix de vente
de nos produits. Comment dans ces conditions supporter les fortes hausses
que nous connaissons en ce moment.
- que l'Etat fasse
tout pour mettre fin aux distorsions de concurrence (le coût de la main
d'œuvre saisonnière par exemple est 2 fois plus élevé en France qu'en
Allemagne alors que ces charges représentent jusqu'à 80 % du coût total de
production pour les cultures spéciales : asperges, houblon,
fruits et légumes). Une grande vigilance s'impose aussi à l'égard des
engagements liés au grenelle de l'environnement et au bien-être animal.
Nous ne voudrions pas une fois de plus nous retrouver avec des contraintes
franco-françaises !
- que les
grossistes et la grande distribution arrêtent de nous confisquer les
marges. La répartition des marges entre le producteur et le vendeur final
doit être plus équitable. Il faut que tous les acteurs de la négociation
respectent l'augmentation des charges des producteurs. La loi de
modernisation de l'économie LME ne protège pas les fournisseurs, mais les
fragilise !
- que l'Union
européenne décide de préserver les mécanismes de régulation des marchés et
de gestion de l'offre. Le bilan de santé de la Pac doit être l'occasion de
réaffirmer cette nécessité. |
Si ces demandes
n'aboutissent pas, certaines exploitations agricoles vont se retrouver en
difficultés car l'impact de la hausse des charges devient
insupportable.
Quelques exemples de hausses de charges sur les exploitations
bas-rhinoises
Même si le prix du baril de pétrole a baissé au cours des dernières
semaines, la flambée des carburants durant le 1er semestre se traduit au niveau des
exploitations par des charges supplémentaires comprises en moyenne entre 3000 et
6000 €.
En 2 années le prix de
l'énergie et des lubrifiants a augmenté de 33 %, alors que sur cette même
période l'indice des prix des produits à la production IPPAP (prix payé aux
agriculteurs) n'a augmenté que de 21 %.

L'impact de la hausse des
engrais est nettement plus fort encore. Le poste engrais a augmenté globalement
de 40 % entre 2007 et 2008. La hausse par exploitation se situe entre 3.500 et
6.500 € en fonction de la taille (55 à 90 ha) et des systèmes de production.
Toutes les exploitations n'ont pas subi la hausse complète, certaines ayant
acheté une partie des engrais en 2007 (fin de campagne).

La hausse sera bien plus
forte pour la campagne 2008/2009. Le prix des engrais à ce jour (dits
" morte saison " donc au moment le plus favorable normalement) sont en
forte augmentation (+ 100 % pour certains engrais de fonds) par rapport à la
campagne 2008 déjà en augmentation importante. L'exploitation moyenne (45 ha de
céréales) connaîtra une augmentation du poste engrais en 2009 de 10.350
€ !
Concernant le poste
alimentation du bétail, la hausse prévisionnelle moyenne pour une exploitation
laitière livrant 300.000 litres de lait et disposant d'un cheptel de 43 vache
laitières s'élève à 6.400 €. Cette hausse du coût des aliments s'ajoute à celles
de l'énergie et des engrais.

Les différents secteurs de
la viande (bovine, porcine, ovine, poulet) se retrouvent dans des situations de
trésorerie délicates car ces hausses n'ont pas pu être répercutées sur le prix
de vente des produits.
En observant les 3 courbes
précédentes – énergie, engrais et aliments – il est important de relever l'écart
grandissant qui s'est créé au cours des 12 derniers mois entre les charges qui
continuent de progresser à un rythme soutenu (sauf pour l'énergie) et les prix
des produits agricoles qui sont à l'inverse en nette baisse.
Si au niveau départemental,
les résultats 2007 étaient en hausse d'environ 12.000 € suite à l'augmentation
des prix des céréales pour les exploitations en disposant, l'augmentation des
charges pour l'année 2008 consomme d'ores et déjà l'excédent dégagé sur la
dernière campagne agricole.
Joseph
Behr