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    Actualité Syndicale / 2008
 
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FDSEA du Bas-Rhin

  7/11/2008
  Manifestion pour la préservation du revenu agricole


Photos de l'opération de communication du 7 novembre

" On ne préservera pas le pouvoir d'achat des Français

sur le dos des paysans "

 

L'agriculture occupe une place primordiale dans l'économie et le paysage français. Il est le secteur le plus à même d'assurer le maintien de l'occupation de l'ensemble de nos territoires.

De plus, un agriculteur crée 5 emplois en amont et en aval de son activité de production.

Mais pour que cette dynamique puisse continuer, il faut que les agriculteurs arrivent à percevoir un revenu décent de leur activité. Actuellement, les prix de nos produits sont loin de compenser les charges de production.

Après une année 2007 qui a connu une flambée du prix de l'énergie et de la plupart des matières premières, il est important de dire et de redire que les produits agricoles ne sont pas responsables de l'augmentation du coût de la vie.

 

Les chiffres parlent d'eux-mêmes !

Le prix du lait payé au producteur a augmenté de 15 % entre 1990 et 2008 or le prix du lait et de la crème pour le consommateur a progressé de 39,7 % !

  • Sur la même période, le prix de la viande bovine au producteur a baissé de 9,8 % or pour le consommateur il a augmenté de 47,5 % !
  • Quant au prix du blé, il a baissé de 3,4 % alors que le pain a vu son prix s'accroître de 60,3 % !

Alors que les meuniers et les boulangers prétextaient la hausse du prix du blé pour justifier l'augmentation de la baguette l'année dernière, la conjoncture céréalière s'est complètement inversée. Au cours des 12 derniers mois, le prix du blé a baissé de 40 %, mais pas celui du pain !

Début septembre, la FDSEA et les JA ont réalisé une opération de vente de fruits et légumes à prix coûtant après avoir relevé les prix pratiqués dans plusieurs enseignes de la grande distribution. Le moins que l'on puisse dire en comparant le prix payé au producteur et celui facturé au consommateur est qu'il y a un véritable problème d'équité. Les distributeurs n'hésitent pas à multiplier par 3 le prix sur le dos du consommateur et du producteur. Un panier moyen de fruits et légumes de saison payé 3,30 € au producteur est revendu en moyenne à 10 € au consommateur par la grande distribution.

Ce ne sont pas les paysans qui font la vie chère !

Notre activité est vitale pour la population. Nous voulons avoir un revenu décent de notre travail.

C'est pourquoi nous demandons :

-         que l'Etat fasse des efforts pour maîtriser la hausse des charges. Il nous est difficile voire impossible de répercuter la hausse des charges sur le prix de vente de nos produits. Comment dans ces conditions supporter les fortes hausses que nous connaissons en ce moment.

-         que l'Etat fasse tout pour mettre fin aux distorsions de concurrence (le coût de la main d'œuvre saisonnière par exemple est 2 fois plus élevé en France qu'en Allemagne alors que ces charges représentent jusqu'à 80 % du coût total de production  pour les cultures spéciales : asperges, houblon, fruits et légumes). Une grande vigilance s'impose aussi à l'égard des engagements liés au grenelle de l'environnement et au bien-être animal. Nous ne voudrions pas une fois de plus nous retrouver avec des contraintes franco-françaises !

-         que les grossistes et la grande distribution arrêtent de nous confisquer les marges. La répartition des marges entre le producteur et le vendeur final doit être plus équitable. Il faut que tous les acteurs de la négociation respectent l'augmentation des charges des producteurs. La loi de modernisation de l'économie LME ne protège pas les fournisseurs, mais les fragilise !

-         que l'Union européenne décide de préserver les mécanismes de régulation des marchés et de gestion de l'offre. Le bilan de santé de la Pac doit être l'occasion de réaffirmer cette nécessité.

 

Si ces demandes n'aboutissent pas, certaines exploitations agricoles vont se retrouver en difficultés car l'impact de la hausse des charges devient insupportable.

 

Quelques exemples de hausses de charges sur les exploitations bas-rhinoises

Même si le prix du baril de pétrole a baissé au cours des dernières semaines, la flambée des carburants durant le 1er semestre se traduit au niveau des exploitations par des charges supplémentaires comprises en moyenne entre 3000 et 6000 €.

En 2 années le prix de l'énergie et des lubrifiants a augmenté de 33 %, alors que sur cette même période l'indice des prix des produits à la production IPPAP (prix payé aux agriculteurs) n'a augmenté que de 21 %.

 

L'impact de la hausse des engrais est nettement plus fort encore. Le poste engrais a augmenté globalement de 40 % entre 2007 et 2008. La hausse par exploitation se situe entre 3.500 et 6.500 € en fonction de la taille (55 à 90 ha) et des systèmes de production. Toutes les exploitations n'ont pas subi la hausse complète, certaines ayant acheté une partie des engrais en 2007 (fin de campagne).

 

La hausse sera bien plus forte pour la campagne 2008/2009. Le prix des engrais à ce jour (dits " morte saison " donc au moment le plus favorable normalement) sont en forte augmentation (+ 100 % pour certains engrais de fonds) par rapport à la campagne 2008 déjà en augmentation importante. L'exploitation moyenne (45 ha de céréales) connaîtra une augmentation du poste engrais en 2009 de 10.350 € !

Concernant le poste alimentation du bétail, la hausse prévisionnelle moyenne pour une exploitation laitière livrant 300.000 litres de lait et disposant d'un cheptel de 43 vache laitières s'élève à 6.400 €. Cette hausse du coût des aliments s'ajoute à celles de l'énergie et des engrais.

 

 

Les différents secteurs de la viande (bovine, porcine, ovine, poulet) se retrouvent dans des situations de trésorerie délicates car ces hausses n'ont pas pu être répercutées sur le prix de vente des produits.

En observant les 3 courbes précédentes – énergie, engrais et aliments – il est important de relever l'écart grandissant qui s'est créé au cours des 12 derniers mois entre les charges qui continuent de progresser à un rythme soutenu (sauf pour l'énergie) et les prix des produits agricoles qui sont à l'inverse en nette baisse.

Si au niveau départemental, les résultats 2007 étaient en hausse d'environ 12.000 € suite à l'augmentation des prix des céréales pour les exploitations en disposant, l'augmentation des charges pour l'année 2008 consomme d'ores et déjà l'excédent dégagé sur la dernière campagne agricole.

 

Joseph Behr

 

 


Auteur : Joseph Behr, Pierre-Paul Ritleng

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