Assemblée générale de la FDSEA du Bas-Rhin - Rapport d’activité
Une année atypique et mouvementée
L’année écoulée a été riche en événements
dans tous les secteurs, certains très positifs, d’autres beaucoup moins. Le
rapport d’activité de la FDSEA a permis de dresser le portrait d’une agriculture
en plein mouvement.
“2007 a démarré comme une année atypique et mouvementée, notamment d’un point
de vue climatique avec le manque de gel hivernal et la sécheresse du mois d’avril”,
a déclaré Marie-Anne Straub, présidente de la commission des agricultrices
à la FDSEA en introduction du rapport d’activité de l’année écoulée. Ce contexte
particulier s’est soldé par une campagne moyenne en céréales à paille, et exceptionnelle
en maïs, accompagnée d’une envolée des cours. 6 800 ha ont été consacrés à
la betterave sucrière, grâce à l’augmentation des quota et à la fusion de la
sucrerie d’Erstein avec Cristal Union. Mais cette tendance va s’inverser avec
le plan d’abandon européen qui va réduire les quotas de 13,5 %. Le tabac a
quant à lui dû faire face aux méfaits du découplage. 2007 a vu un décrochage
du burley, mais une hausse du virginie. Au final, si les volumes ont diminué,
la qualité est au rendez-vous. Le houblon a connu une année favorable avec
de bons rendements et des pris rémunérateurs. La filière prévoit une augmentation
des surfaces de 80 ha sur les deux campagnes à venir.
L’élevage, grand perdant de l’année
En lait, la production a été inférieure à la demande. L’augmentation du prix
du lait de 18 € aux 1 000 l est un juste retour des choses mais suffit à peine à
couvrir les charges, “nous sommes encore loin des prix de 2001”,
rappelle-t-elle. Les cours des jeunes bovins ont été particulièrement bas cette
année, une situation aggravée par le prix élevé des broutards. Les producteurs
de porcs ont, eux, été confrontés à une crise violente qui trouve son origine
dans une exportation très négativement impactée par la parité euro-dollar et le
coût des aliments qui a été multiplié par deux. Les producteurs ovins ne s’en
sont guère mieux tirés, mais pour des raisons différentes : la concurrence
toujours aussi vive avec la Nouvelle-Zélande, la fin des CTE, remplacés par les
PHAE qui ne donnent pas toujours satisfaction et surtout la FCO qui pousse de
nombreux éleveurs à s’interroger sur la pérennité de leur activité. Pour preuve,
les demandes de prime à la brebis qui enregistrent une forte baisse.
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Les producteurs de volailles ont écoulé
l’année au rythme de la grippe aviaire, avec un risque tantôt faible, tantôt
modéré. L’augmentation des cours des matières premières a également contraint
les éleveurs à revoir leur marge brute à la baisse. Enfin, un groupe de
travail a été créé au sein de la FDSEA afin de structurer la filière poulet
de chair. Le Plan de modernisation des bâtiments d’élevage (PMBE) a été
un formidable outil pour dynamiser ce secteur. En 2007, il a néanmoins
été amputé par la réduction du Feader, mais une rallonge a été obtenue
de la part des Conseils régional et général ainsi que de la part de l’Etat. |
| Marianne Straub, présidente de la commission des agricultrices à la FDSEA |
Entre crises sanitaires
et conclusions du Grenelle
2007 a finalement été marquée par deux crises majeures
: la chrysomèle et la FCO. Pour la première, la profession a obtenu la réduction
du rayon des zones focus et de sécurité, un acquis important pour une région
maïsicole. Quant à la FCO, elle a touché près de 400 élevages dans le département
avec des coûts de traitement élevés. Une aide compensatoire a bien été attribuée,
mais elle reste inférieure aux pertes entraînées par la maladie.
Autre temps forte de l’année : le Grenelle de l’environnement. “Il ne
concernait pas que l’agriculture, mais tous les secteurs de l’économie. Les
produits phytosanitaires et l’agriculture durable ont pourtant focalisé une
grande partie des débat. La FNSEA a obtenu qu’une molécule ne soit retirée que
s’il existe une méthode alternative de lutte, ce qui constitue une avancée
considérable”, a rappelé Joseph Lechner, vice-président de la FDSEA.
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L’emploi saisonnier, un enjeu majeur
Le secteur des fruits et légumes est confronté à la concurrence
des pays voisins en terme d’emploi, le coût de la main d’œuvre saisonnière
étant 1,5 fois plus élevé en France qu’en Allemagne par exemple, ce qui
laisse peu de marge de manœuvre pour concurrencer leurs produits. La profession
souhaite donc obtenir une harmonisation des charges sociales au sein de
l’Union européenne et un assouplissement des modalités d’embauche de travailleurs
étrangers. Les exploitations diversifiées souffrent en effet d’un déficit
de main d’œuvre et souhaiteraient pouvoir avoir recours à des saisonniers
étrangers. Or, la convention collective des exploitations a été refusée
au mois de mai. Une nouvelle convention devrait être signée le 14 février
prochain et sera applicable six mois plus tard. Elle prévoit une réduction
des majorations pour le travail le dimanche et les jours fériés, une prime
d’assiduité afin de fidéliser les salariés et une réduction du taux de
cotisation retraite-prévoyance. |
| Joseph Lechner, vice-président de la FDSEA |
Bérengère de Butler. - L'Est Agricole et Viticole no.5 du 1er février 2008