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    Actualité Syndicale / 2001-2005 / 2001 / Mars
 
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FDSEA du Bas-Rhin

  3/21/2001
  Elevage : une crise qui n'en finit pas

Le conseil de la FDSEA du Bas-Rhin s’est déroulé le 16 mars dernier à la Maison de l’Agriculture dans un contexte marqué par l’épidémie de fièvre aphteuse et la crise de l’ESB.

Elevage : une crise qui n'en finit pas

Le conseil de la FDSEA du Bas-Rhin s'est déroulé le 16 mars dernier à la Maison de l'Agriculture dans un contexte marqué par l'épidémie de fièvre aphteuse et la crise de l'ESB.

Le renouvellement du bureau a eu lieu à cette occasion, et l'assemblée a chaleureusement remercié pour leur travail et leur dévouement les membres du bureau sortant qui n'ont pas souhaité se représenter. C'était le cas de Bernard Wendling, Bernard Klein, Jean-Marie Sander et Christiane Bernard, respectivement remplacés par Joseph Lechner, Denis Ramspacher, Jean-Marc Pfrimmer et Patrick Bastian. André Jacob a ensuite présenté les comptes de l'année, qui restent positifs malgré l'organisation du congrès de la FNSEA qui s'est tenue l'an dernier dans le département.

Crise de l'ESB : les premières aides vont arriver

Les discussions ont ensuite porté sur les aides aux éleveurs suite à l'épidémie d'Encéphalite Spongiforme Bovine (ESB). Outre les mesures de report des cotisations sociales et la mise en place de prêts de consolidation, 146 bénéficiaires du fonds d'allègement des charges devraient toucher les premières aides (prise en charges de frais financiers) dans environ un mois.

" Avec le plan d'aide mis en place par le ministère de l'agriculture suite aux manifestations d'agriculteurs, et les aides débloquées par la région et les engagements du Conseil Général, plus de 10 millions de F pourront être utilisés pour venir en aide aux éleveurs en difficulté " a résumé Jean Paul Bastian, précisant que le budget alloué par la région (environ 3,1 millions de F au total) permettra une gestion plus souple des indemnisations. Les aides du ministère de l'agriculture pour le Bas-Rhin représentent quelques 7 millions de F, soit 0,7 % de l'enveloppe nationale, ce qui est représentatif du poids de l'élevage du département dans la production française. André Jacob a précisé que 15 à 20 % seulement des éleveurs devraient toucher des aides en Alsace (contre 50 % au niveau national) car les producteurs de lait ainsi que les éleveurs ayant des cultures spéciales, n'arrivent pas à atteindre un niveau de spécialisation suffisant pour en bénéficier (30 % pour le dispositif national). " Des aménagements seront nécessaires pour tenir compte de ces spécificités " a ajouté Jean Paul Bastian.

Lucien Simler a souligné les problèmes posés par les tests de dépistage de la maladie. Dans une dizaine de cas, probablement à la suite d'une mauvaise manipulation lors du prélèvement, le résultat du test n'était pas " lisible ", et de ce fait les animaux n'ont pu être ni commercialisés, ni aller au retrait, avec pour résultat une perte sèche pour les éleveurs concernés. L'unique recours dans ce cas serait de se retourner vers l'abatteur qui a fait le prélèvement. Il faudrait que les animaux dans ce cas puissent au moins être indemnisés dans le cadre du retrait.

La discussion s'est poursuivie avec l'épineuse question de l'élimination des farines animales avec les difficultés à trouver des emplacements de stockage.

Fièvre aphteuse : éviter la précipitation

Autre sujet aujourd'hui au centre de préoccupations des agriculteurs, la fièvre aphteuse. Laurent Boime a résumé rapidement la situation. Il a fait part de la position de la FNSEA concernant la vaccination des troupeaux, à savoir qu'avec 1 seul cas déclaré, la vaccination de l'ensemble du cheptel français serait prématurée mais que tout devait être mis en œuvre pour qu'elle puisse se faire rapidement et dans de bonnes conditions si cela s'avérait nécessaire. Pour l'instant, 6,5 millions de vaccins sont disponibles, pour un cheptel de plus de 40 millions de têtes, ce qui pourrait poser des problèmes en termes de priorités si la décision de vacciner était prise. Par contre, la vaccination entraînerait automatiquement le classement de la France en " zone sale ", ce qui limiterait très fortement les possibilités d'exportation sur pays tiers. Il a aussi présenté les mesures prises en cas d'apparition d'un foyer de fièvre aphteuse (abattage du troupeau, désinfection de l'exploitation, mise en place d'une zone de protection et d'une zone de surveillance...).

" La fièvre aphteuse ne présente aucun danger pour les consommateurs, même si les médias véhiculent des images très dures (abattages, buchers...) sur l'épidémie " a expliqué Denis Ramspacher. Il a ajouté que la France exporte pour 27 milliards de francs de produits laitiers et que la vaccination rendrait ces exportations plus difficiles. Si la décision de vacciner le cheptel doit être prise, elle doit l'être au niveau communautaire. Il a soulevé la question de l'indemnisation des éleveurs, qui, à hauteur de 500 F par brebis et 5000 F par vache laitière, ne permet pas de reconstituer un cheptel. A cela il faut ajouter les pertes indirectes (pas d'insémination depuis le début de la maladie, pas de ramassage des veaux de 8 jours...).

Patrick Bastian, président du Groupement de Défense Sanitaire, a annoncé que le Bas-Rhin avait pris les devants en désinfectant les camions entrant dans le département. Il a souligné que lorsque la maladie s'est déclarée en Grande Bretagne, aucune mesure de protection n'avait été prise. En France, malgré le fait que l'épidémie se soit déclarée en pleine préparation de la fête du mouton (Aïd El Kébir), où le Royaume Uni exporte traditionnellement un grand nombre de moutons en France pour répondre à la forte demande, il semble que les mesures prises aient permis de limiter l'extension de la maladie.

Une actualité syndicale chargée

Antoine Herth a remis sur le tapis la question des compteurs d'eau sur les puits d'irrigation, précisant que les pouvoirs publics avaient prévenu que les compteurs deviendraient obligatoires en 2002 et que cette question devra être débattue au niveau régional au sein de la profession. Christian Schneider a posé la question de la fiabilité des compteurs, notamment au cas ou ceux-ci pourraient servir à enregistrer les quantités d'eau consommée en vue d'une taxation.

Marc Moser a présenté le travail réalisé par le groupe " chasse " suite à l'explosion des dégâts de sangliers (voir article dans ce numéro). La profession demande notamment de nouveaux barèmes d'indemnisation, en particulier pour mieux indemniser la destruction de prairies.

Les autres sujets abordés par les présidents cantonaux ont porté sur la motion que les agriculteurs " modulés " ont envoyée à la DDA, à l'attention du préfet et du ministère de l'agriculture, sur l'opération " fermes ouvertes " à l'attention du grand public prévu les 19 et 20 mai prochains, sur l'évolution du dispositif PMPOA et la mise en place du réseau Natura 2000.


Philippe Osswald


Source : FNSEA
Theme : Autre

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