Elevage : une
crise qui n'en finit pas
Le conseil de la FDSEA du Bas-Rhin s'est déroulé
le 16 mars dernier à la Maison de l'Agriculture dans un contexte marqué par
l'épidémie de fièvre aphteuse et la crise de l'ESB.
Le renouvellement du bureau a eu lieu à cette occasion,
et l'assemblée a chaleureusement remercié pour leur travail et leur dévouement
les membres du bureau sortant qui n'ont pas souhaité se représenter. C'était
le cas de Bernard Wendling, Bernard Klein, Jean-Marie Sander et Christiane Bernard,
respectivement remplacés par Joseph Lechner, Denis Ramspacher, Jean-Marc Pfrimmer
et Patrick Bastian. André Jacob a ensuite présenté les comptes de l'année, qui
restent positifs malgré l'organisation du congrès de la FNSEA qui s'est tenue
l'an dernier dans le département.
Crise de l'ESB : les premières aides vont arriver
Les discussions ont ensuite porté sur les aides
aux éleveurs suite à l'épidémie d'Encéphalite Spongiforme Bovine (ESB). Outre
les mesures de report des cotisations sociales et la mise en place de prêts
de consolidation, 146 bénéficiaires du fonds d'allègement des charges devraient
toucher les premières aides (prise en charges de frais financiers) dans environ
un mois.
" Avec le plan d'aide mis en place par le ministère
de l'agriculture suite aux manifestations d'agriculteurs, et les aides débloquées
par la région et les engagements du Conseil Général, plus de 10 millions de
F pourront être utilisés pour venir en aide aux éleveurs en difficulté "
a résumé Jean Paul Bastian, précisant que le budget alloué par la région (environ
3,1 millions de F au total) permettra une gestion plus souple des indemnisations.
Les aides du ministère de l'agriculture pour le Bas-Rhin représentent quelques
7 millions de F, soit 0,7 % de l'enveloppe nationale, ce qui est représentatif
du poids de l'élevage du département dans la production française. André Jacob
a précisé que 15 à 20 % seulement des éleveurs devraient toucher des aides en
Alsace (contre 50 % au niveau national) car les producteurs de lait ainsi que
les éleveurs ayant des cultures spéciales, n'arrivent pas à atteindre un niveau
de spécialisation suffisant pour en bénéficier (30 % pour le dispositif national).
" Des aménagements seront nécessaires pour tenir compte de ces spécificités "
a ajouté Jean Paul Bastian.
Lucien Simler a souligné les problèmes posés par
les tests de dépistage de la maladie. Dans une dizaine de cas, probablement
à la suite d'une mauvaise manipulation lors du prélèvement, le résultat du test
n'était pas " lisible ", et de ce fait les animaux n'ont pu être ni
commercialisés, ni aller au retrait, avec pour résultat une perte sèche pour
les éleveurs concernés. L'unique recours dans ce cas serait de se retourner
vers l'abatteur qui a fait le prélèvement. Il faudrait que les animaux dans
ce cas puissent au moins être indemnisés dans le cadre du retrait.
La discussion s'est poursuivie avec l'épineuse question
de l'élimination des farines animales avec les difficultés à trouver des emplacements
de stockage.
Fièvre aphteuse : éviter la précipitation
Autre sujet aujourd'hui au centre de préoccupations
des agriculteurs, la fièvre aphteuse. Laurent Boime a résumé rapidement la situation.
Il a fait part de la position de la FNSEA concernant la vaccination des troupeaux,
à savoir qu'avec 1 seul cas déclaré, la vaccination de l'ensemble du cheptel
français serait prématurée mais que tout devait être mis en œuvre pour qu'elle
puisse se faire rapidement et dans de bonnes conditions si cela s'avérait nécessaire.
Pour l'instant, 6,5 millions de vaccins sont disponibles, pour un cheptel de
plus de 40 millions de têtes, ce qui pourrait poser des problèmes en termes
de priorités si la décision de vacciner était prise. Par contre, la vaccination
entraînerait automatiquement le classement de la France en " zone sale ",
ce qui limiterait très fortement les possibilités d'exportation sur pays tiers.
Il a aussi présenté les mesures prises en cas d'apparition d'un foyer de fièvre
aphteuse (abattage du troupeau, désinfection de l'exploitation, mise en place
d'une zone de protection et d'une zone de surveillance...).
" La fièvre aphteuse ne présente aucun danger
pour les consommateurs, même si les médias véhiculent des images très dures
(abattages, buchers...) sur l'épidémie " a expliqué Denis Ramspacher. Il
a ajouté que la France exporte pour 27 milliards de francs de produits laitiers
et que la vaccination rendrait ces exportations plus difficiles. Si la décision
de vacciner le cheptel doit être prise, elle doit l'être au niveau communautaire.
Il a soulevé la question de l'indemnisation des éleveurs, qui, à hauteur de
500 F par brebis et 5000 F par vache laitière, ne permet pas de reconstituer
un cheptel. A cela il faut ajouter les pertes indirectes (pas d'insémination
depuis le début de la maladie, pas de ramassage des veaux de 8 jours...).
Patrick Bastian, président du Groupement de Défense
Sanitaire, a annoncé que le Bas-Rhin avait pris les devants en désinfectant
les camions entrant dans le département. Il a souligné que lorsque la maladie
s'est déclarée en Grande Bretagne, aucune mesure de protection n'avait été prise.
En France, malgré le fait que l'épidémie se soit déclarée en pleine préparation
de la fête du mouton (Aïd El Kébir), où le Royaume Uni exporte traditionnellement
un grand nombre de moutons en France pour répondre à la forte demande, il semble
que les mesures prises aient permis de limiter l'extension de la maladie.
Une actualité syndicale chargée
Antoine Herth a remis sur le tapis la question des
compteurs d'eau sur les puits d'irrigation, précisant que les pouvoirs publics
avaient prévenu que les compteurs deviendraient obligatoires en 2002 et que
cette question devra être débattue au niveau régional au sein de la profession.
Christian Schneider a posé la question de la fiabilité des compteurs, notamment
au cas ou ceux-ci pourraient servir à enregistrer les quantités d'eau consommée
en vue d'une taxation.
Marc Moser a présenté le travail réalisé par le
groupe " chasse " suite à l'explosion des dégâts de sangliers (voir
article dans ce numéro). La profession demande notamment de nouveaux barèmes
d'indemnisation, en particulier pour mieux indemniser la destruction de prairies.
Les autres sujets abordés par les présidents cantonaux
ont porté sur la motion que les agriculteurs " modulés " ont envoyée
à la DDA, à l'attention du préfet et du ministère de l'agriculture, sur l'opération
" fermes ouvertes " à l'attention du grand public prévu les 19 et
20 mai prochains, sur l'évolution du dispositif PMPOA et la mise en place du
réseau Natura 2000.
Philippe Osswald