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    Actualité Syndicale / 2001-2005 / 2004 / Novembre
 
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FDSEA du Bas-Rhin

  11/30/2004
  Assainir le marché pour rétablir le prix des céréales (édito de Christian Schneider)


Assainir le marché pour rétablir le prix des céréales

par Christian Schneider, membre du bureau de la FDSEA et responsable du groupe céréales.

 

 - Schneider.jpgLes années se suivent mais ne se ressemblent pas. Ainsi 2004 va être une année tout à fait à l'opposé de 2003 pour les céréales. En 2003, les rendements ont été amputés par la sécheresse, mais les prix se sont envolés ce qui a permis de compenser pour partie la chute de rendement.

Cette année à l'inverse, la récolte est pléthorique partout en Europe ce qui a provoqué un effondrement des cours. Si une baisse de prix était prévisible compte tenu de l'offre surabondante sur le marché, on ne peut que regretter l'amplitude du phénomène et l'inaction de la Commission européenne. Les céréales françaises et européennes manquent de compétitivité sur les marchés internationaux en raison de la faiblesse croissante du dollar par rapport à l'euro et de l'agressivité commerciale de l'Argentine en particulier. Nous attendons de la Commission qu'elle accorde des restitutions à l'exportation et des compensations pour gommer notre handicap monétaire. C'est la seule solution pour assainir le marché et rétablir les prix.

 

Toutes les aides à la surface ont été payées dans les délais

 

Malgré les bons rendements, cet effondrement des prix va inévitablement se traduire au niveau du revenu des agriculteurs. Heureusement, la base maïs de laquelle dépend notre département n'est pas en dépassement cette année. En conséquence les aides Pac ne subiront aucune réduction. Pour le maïs sec et le gel correspondant, l'aide à l'hectare sera supérieure de quelque 30 € par rapport au montant 2003, ce qui va limiter en partie la baisse du revenu à l'hectare.

 

En outre toutes les aides à la surface ont été payées dans les délais le 16 novembre. Ce point nous tenait particulièrement à cœur. Le paiement des aides Pac a été réalisé sur la base des surfaces déclarées sur les formulaires S2 jaune même lorsqu'il subsistait un décalage avec les dessins d'îlots sur le RPG. La mise à jour du RPG ne peut pas se faire en une ou deux années. Compte tenu de notre parcellaire - avec plus de 140.000 îlots, le Bas-Rhin est le département de France comprenant le plus grand nombre d'îlots - cela mettra encore un à deux ans à condition que l'administration soit suffisamment bien organisée pour saisir correctement les corrections qui lui sont signalées par les agriculteurs.

 

L'année prochaine sera la dernière année sous le régime actuel de l'Agenda 2000. Le mode d'octroi des aides compensatoires Pac sera rigoureusement le même qu'au cours des dernières années. Le découplage des aides ne s'appliquera qu'à partir de 2006. La conditionnalité quant à elle commencera à s'appliquer progressivement dès 2005 avec en particulier les mesures bandes enherbées et diversité de l'assolement.

 

Je ne reviendrai pas sur ces mesures car nous les présentons dans le détail lors des réunions d'information Pac que nous organisons dans le cadre de notre tournée cantonale. Néanmoins nous réclamons les souplesses qui s'imposent pour cette première année d'application afin de permettre à tous les agriculteurs d'intégrer ces changements, d'autant que ce nouveau dispositif n'est pas encore définitivement arrêté.

 

Nous serons particulièrement vigilants sur les contrôles qui pourront être effectués par l'administration dans le cadre de la conditionnalité et plus généralement par rapport à la Pac. Que des contrôles soient réalisés nous paraît tout à fait normal, mais nous souhaitons que lors du contrôle le bon sens l'emporte et que les agriculteurs ne soient pas systématiquement pénalisés.

La FDSEA sera particulièrement attentive sur ce point car les aides compensatoires, même si elles seront découplées demain, font partie intégrale du revenu des agriculteurs.

 

Demain, le pétrole vert

 

Pour conclure je souhaiterai aborder un sujet porteur d'espoir pour les grandes cultures, celui des biocarburants. Dans le contexte actuel de cours élevé du pétrole et d'incertitudes s'agissant des réserves pour les années à venir, l'agriculture avec les biocarburants, est en mesure d'apporter une solution alternative au tout pétrole. Atout non négligeable qui plaide en faveur des biocarburants, l'éthanol et le diester permettent de réduire de 75% les émissions de gaz à effet de serre.

 

L'utilisation des céréales, oléagineux ou betteraves pour produire des biocarburants représenterait un nouveau débouché pour les grandes cultures, tout à fait appréciable.

 

Il reste cependant quelques verrous à faire sauter parmi lesquels figurent le régime de fiscalité sur les carburants et la position de l'industrie pétrolière. Celle-ci est aujourd'hui assez réservée sur les biocarburants mais sa position devrait évoluer car l'Union européenne a fixé à 5,75% le taux d'incorporation obligatoire de biocarburants dans les énergies consommées en matière de transport à l'horizon 2010.


Source : FNSEA
Theme : Autre

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