Conseil FDSEA
Expliquer
la réforme de la PAC
Alors que les réunions d'information
sur la réforme de la politique agricole commune commencent dans les cantons, le
Conseil de la FDSEA a fait le point sur l'évolution de ce dossier suivi de très
près par le syndicalisme. Remboursement de la TIPP sur le fioul, directive
nitrates et préparation des élections MSA ont également occupé une bonne partie
de la soirée.
Le remboursement de la TIPP (Taxe
Intérieure sur les Produits Pétroliers) pour les agriculteurs a ouvert le débat.
Suite à la demande de la FNSEA et des Jeunes Agriculteurs, le ministère de
l'économie et des finances a annoncé le remboursement d'une partie de la TIPP (4
€/hectolitre) pour compenser la hausse du fioul domestique. Les modalités de
remboursement restent à définir mais elles pourraient être similaires au système
mis en place en 2000. Les remboursements devraient avoir lieu dès janvier 2005
et concerneront les achats de fioul de juillet à décembre 2004. "Nous avons
obtenu satisfaction assez rapidement" s'est félicité Jean Paul Bastian qui a
aussi rendu hommage à la mobilisation des jeunes agriculteurs.
Directive nitrates et
CAD
Denis Ramspacher est ensuite
revenu sur les négociations en cours autour du troisième programme de la
directive nitrates. "Alors que les premières discussions se passaient bien,
l'administration a soudain remis en question la dérogation qui autorisait
l'épandage de lisiers de bovins en automne et voulait fixer un objectif
individuel par exploitation de couverture hivernale des sols" rappelle le
secrétaire général. Grâce au travail syndical mené durant plusieurs mois, le
projet de troisième programme sera finalement très proche du programme actuel
avec néanmoins un objectif de couverture hivernale des sols (engrais verts ou
culture d'automne) fixé à 60% de la SAU d'ici 2007. "C'est un dossier qui a
demandé des efforts énormes même si les agriculteurs ne s'en rendent pas compte
sur le terrain" a constaté Jean-Paul Bastian qui s'est fortement engagé dans ces
négociations.
La mise en place des Contrats
d'Agriculture Durable (CAD) dans le Ried de la Zorn a elle aussi été l'objet de
longues discussions avec l'administration. "Le Conseil Général a élaboré un
zonage dans lequel près de 40% des prairies présentes dans cette zone devraient
être fauchées après le 1er juillet" a expliqué Denis Ramspacher.
Etant donné l'importance de l'élevage dans se secteur, il a fallu trouver un
compromis puisque la majorité des éleveurs aurait préféré ne rien
contractualiser sur ces espaces plutôt que de devoir récolter leur herbe après
le 1er juillet. Finalement, les éleveurs qui choisiront de faucher
après le 1er juillet, 20 % de leurs surfaces présentes dans la zone
centrale, pourront contracter des mesures moins contraignantes sur les 80 %
restants. Chaque agriculteur reste néanmoins libre de faire le choix qui
convient le mieux à son système de production en choisissant ou non de
contractualiser chaque parcelle.
MSA : Les élections se
préparent
Christiane Bernard, présidente de
la MSA a présenté le dispositif prévu pour les élections qui auront lieu au mois
de janvier. "La liste des électeurs est arrêtée et nous sommes actuellement au
stade du dépôt des candidatures qui doit être fait pour début décembre" a-t-elle
expliqué. Rappelons que le vote aura lieu par correspondance, avec des candidats
élus par canton au sein de trois collèges : exploitants agricoles (actifs et
retraités), salariés agricoles et employeurs de main d'œuvre. Les électeurs
recevront leur matériel de vote par correspondance d'ici le 10 janvier et
devront le renvoyer avant le 25 janvier. "Il est important que cette élection se
passe bien" a souligné Christiane Bernard, "car elle montrera l'attachement du
monde agricole à son régime de santé", d'autant que le nouveau système de vote
constitue un véritable défi pour la MSA.
Expliquer la réforme de la
PAC
Les réunions dans les cantons
pour expliquer la réforme de la PAC aux agriculteurs ont commencé et vont se
poursuivre dans les semaines qui viennent. "Les premières réunions se sont bien
passées même si on n'a pas encore réponse à tout car tout n'est pas encore
arrêté au niveau national" a constaté Denis Ramspacher. En effet, la mise en
place concrète des mesures décidées par les ministres de l'agriculture il y a un
peu plus d'un an est loin d'être simple. Si les grands principes de la
conditionnalité et du découplage des aides sont désormais connus, beaucoup de
détails restent à préciser quant à l'application concrète des mesures. De son
coté, la FNSEA participe activement aux discussions avec le ministère de
l'agriculture afin d'obtenir le maximum de souplesse dans l'application de la
réforme.
"Même si nous étions opposés à
cette réforme, maintenant qu'elle va s'appliquer il est important que tous les
agriculteurs soient bien informés" a déclaré Jean-Paul Bastian.
Une application souple en
2005
"En 2005, l'application des
mesures sera sans doute assez souple" estime néanmoins le président de la FDSEA.
Parmi les mesures qui s'appliqueront en 2005 figure notamment l'implantation de
bandes enherbées le long des cours d'eau. "Tout n'est pas encore calé" estime
Joseph Behr, directeur de la FDSEA qui souligne que la définition des cours
d'eau doit être précisée car les informations figurant sur les cartes IGN ne
reflètent pas toujours la réalité sur le terrain. "Il vaudrait mieux que le
préfet établisse clairement une liste de cours d'eau à laquelle on pourrait se
référer" conclut-t-il. D'autre part, il sera encore temps d'implanter les bandes
enherbées au printemps lorsque l'ensemble des règles seront clairement connues.
Concernant la mesure "diversité
de l'assolement", le tabac a vraisemblablement été oublié dans la liste des
familles de culture et l'on s'attend à ce qu'il soit rajouté, permettant ainsi
aux tabaculteurs de comptabiliser leurs surfaces en tabac comme une deuxième
culture (à condition qu'elle représente au moins 5 % de leur SCOP). Pour les
monoculteurs de maïs, il restera possible de ne pas implanter de 2ème
culture à condition d'implanter un engrais vert ou de pratiquer le "mulching"
(broyage fin et enfouissement superficiel des cannes de maïs). Les instituts
techniques (Arvalis notamment) ont été mandatés pour définir précisément ce que
l'on entend par là. Pour ceux qui ont le matériel adéquat, la solution la plus
simple restera néanmoins l'implantation de 5% d'une céréale à paille ou d'une
autre culture. La aussi, cette implantation pourra encore se faire au
printemps.
Philippe OSSWALD