Réunion du Conseil de la FDSEA
Accompagner les agriculteurs
A la veille de Noël, le Conseil de la FDSEA a fait le bilan
d'une fin d'année syndicale bien remplie. Entre dégâts de
gibier, paiement des calamités agricoles, remboursement de la TIPP, réforme
de la PAC et loi de modernisation agricole, le conseil a aussi fait un bilan
des réunions cantonales qui viennent de se terminer.
"La fréquentation a partout été plus importante que
d'habitude" constate Jean-Marc Pfrimmer, président du canton de
Haguenau à propos des réunions qui se sont tenues dans tous les
cantons d'octobre à décembre. Il faut dire que tous les agriculteurs
avaient été invités et que le sujet traité - la
réforme de la PAC - avait de quoi susciter de l'intérêt.
"Il y aura encore beaucoup de travail à accomplir pour accompagner
les agriculteurs, notamment par rapport à la conditionnalité mais
aussi sur la gestion des droits à paiement unique" a souligné
Joseph Lechner, du canton de Hochfelden. En effet, beaucoup de dispositions
concrètes concernant l'application de la réforme ne sont toujours
pas connues et certains aménagements devront pouvoir être discutés
avec l'administration pour tenir compte de particularités locales.
Appliquer la réforme avec souplesse.
Les agriculteurs vont prochainement recevoir une information de la DDAF concernant
la conditionnalité des aides PAC, indiquant notamment les points qui
seront contrôlés et les risques encourus. Dans ce document, dès
lors qu'une anomalie, même mineure, est constatée lors d'un contrôle,
l'agriculteur risque de se voir retirer 1% des ses aides PAC. "La FNSEA
a écrit au ministre de l'agriculture pour dénoncer cela et demander
qu'aucune pénalité ne soit appliquée si le contrôleur
ne constate que des anomalies mineures" explique Joseph Behr, directeur
de la FDSEA. "Au niveau départemental, on demandera de la souplesse
lors des contrôles" a ajouté Denis Ramspacher, secrétaire
général de la FDSEA.
Pas de charges supplémentaires pour les agriculteurs.
"Ceux qui avaient beaucoup de prairies et qui arrêtent une activité
d'élevage risquent de perdre de l'argent avec le système des DPU"
a souligné Jean Jacques Fischer, président du syndicat ovin du
département. Patrick Bastian a fait remarquer qu'avant la réforme
c'était déjà le cas mais que les cas particuliers d'agriculteurs
ayant un niveau de droits à paiement très faible pourront être
examinés à travers la réserve. En ce qui concerne les transferts
de droits à paiement unique, le syndicalisme souhaite que les droits
suivent le foncier et qu'ils ne représentent pas une nouvelle charge
pour les agriculteurs. "On ne souhaite pas que les DPU aient une valeur
et on mettra des garde-fou pour éviter la surenchère" a prévenu
Denis Ramspacher. Ceci dit, pour la grande majorité des surfaces exploitées,
il n'y a pas eu de changements et la réforme de la PAC ne posera sans
doute aucun problème particulier.

Bilan des aides aux agriculteurs
Patrick Bastian a fait un rapide bilan des aides calamités dont ont pu
bénéficier un grand nombre d'agriculteurs suite à la sécheresse
de l'été 2003. En effet, les aides nationales au titre des calamités
agricoles ont été complétées par des enveloppes
financières du Conseil Général, du Conseil Régional,
de la MSA et du Crédit Agricole. "En additionnant les aides sécheresse
et le montant du dégrèvement de la taxe foncière, on arrive
à près de 11 millions d'euros d'aide" a-t-il constaté,
ajoutant que "toutes les aides sont soldées depuis une semaine,
sauf les aides suite aux dégâts de gel qui devraient être
versées prochainement". Autre dispositif d'aide aux agriculteurs,
le remboursement de la TIPP (taxe intérieure sur les produits pétroliers)
de 4 cent/litre de gas-oil, obtenu par le syndicalisme suite à la flambée
des prix du pétrole. Il s'appliquera à tous les achats de fuel
par les agriculteurs entre le 1er juillet et le 31 décembre 2004. Pour
l'instant les modalités pratiques permettant d'obtenir le remboursement
ne sont pas connues mais elles seront détaillées durant les prochaines
assemblées générales cantonales. La consommation de gaz
agricole bénéficiera aussi d'une réduction de 0,71 €
par millier de kilowattheure.
Une loi pour "moderniser" l'agriculture
En bonne place parmi les dossiers qui engageront l'avenir de l'agriculture alsacienne
figure la loi de modernisation agricole actuellement en discussion au parlement.
Mise en place à l'initiative du gouvernement, cette loi vise à
"redonner du punch à l'agriculture française pour les 10
prochaines années et l'aider à s'adapter à la réforme
de la PAC" d'après Eugène Schaeffer qui a suivi, en compagnie
des organisations professionnelles agricoles alsaciennes, les débats
qui ont eu lieu dans le cadre de la consultation régionale qui a eu lieu
le 30 novembre dernier. La réflexion était organisée autour
de cinq grands thèmes : 1. les règles d'organisation économique,
la gestion des marchés et des risques et les relations commerciales entre
les partenaires des filières. Sur ce thème, les OPA ont notamment
réaffirmé que les agriculteurs doivent tirer leur revenu avant
tout de la vente de leur production et ont demandé une meilleure protection
vis-à-vis du poids de la grande distribution. 2. l'évolution de
la notion d'exploitant agricole a traité les questions de l'accès
au foncier, de la fiscalité et la transmission des exploitation. 3. Le
groupe de travail sur la refonte des régimes d'accès au foncier
a abordé la question des SAFER et le statut du fermage. 4. les relations
avec les collectivités et l'aménagement du territoire et 5. les
relations avec la société ont également été
abordées. "Il faudra suivre ce débat de près car les
parlementaires sont très mobilisés sur les aspects qui concernent
l'aménagement du territoire et le foncier et certains voudraient proposer
des changements importants" explique Eugène Schaeffer.
Gibier : toujours trop de dégâts
"Les dégâts de sanglier sont en augmentation de près
de 30% en 2004 par rapport à l'année dernière, avec près
de 1 280 ha" a indiqué Marc Moser, responsable du dossier "chasse"
à la FDSEA. Il explique que de nombreux locataires de chasse ont été
mis en demeure de tirer des sangliers et que la FDSEA a demandé que soient
organisées des battues administratives. "Nous avons durement négocié
les montants pour l'indemnisation des dégâts et on nous a promis
que les paiements se feront d'ici une quinzaine de jours" a-t-il encore
annoncé. Suite aux importants dégâts de corbeaux freux sur
les semis ce printemps, la FDSEA a fait les démarches nécessaires
pour que la zone sur laquelle le corbeau freux est classé nuisible soit
étendue. "Nous avions demandé le classement de tout le département
mais les communes hors de la plaine n'ont pas été retenues, à
l'exception de quelques unes qui s'étaient fait connaître à
temps au printemps" a précisé Joseph Behr.
Pour finir, Lucien Simler, président d'Interbovi Alsace, a annoncé
l'homologation de la machine à classer les carcasses de gros bovins qui
fonctionne depuis plus d'un an à l'abattoir de Holtzheim. "C'est
la première machine à classer à être homologuée
en France" a-t-il rappelé avant d'expliquer qu'elle permet d'avoir
un classement fiable des carcasses. "On a remarqué qu'on obtient
un classement supérieur en moyenne d'un tiers de classe par rapport au
système manuel" a précisé Lucien Simler qui ajoute
"au niveau national, l'interprofession est également en train de
mettre en place un schéma de remonté des données d'abattage
qui permettra aux éleveurs de consulter les données relatives
à leurs animaux 48 heures après l'abattage".
Philippe Osswald