Agenda07/02/12 Retour à la page d'accueil Contacts Glossaires Plan du site Page précédente Page Suivante Imprimer  
    Actualité Syndicale / 2001-2005 / 2004 / Juin
 
  Lancer la rechercheRecherche avancée













 

 

Bas de marge gauche

FDSEA du Bas-Rhin
Espace Européen de l'entreprise
2 rue de Rome
67300 Schiltigheim
Tél. 03 88 19 17 67
Fax. 03 88 19 17 68

8h00-12h00 et 13h00-17h00

 contact:
mireille.sturtz@fdsea67.fr

© 2011
FDSEA du Bas-Rhin

  6/10/2004
  Un printemps frisquet pour le prix du lait

L’assemblée générale de l'interprofession laitière alsacienne du 6 mai dernier à Schiltigheim a été l’occasion de fixer le prix du lait pour le 2ème trimestre 2004 et de faire le bilan d’une année 2003 contrastée.

Criel Alsace

 

Un printemps frisquet pour le prix du lait

 

Après avoir arraché dans la douleur un accord sur le prix du lait au niveau national l'interprofession laitière régionale ne s'était pas réunie. L'assemblée générale, sous la présidence de Bernard Schoeffel le 6 mai dernier à Schiltigheim a été l'occasion de fixer le prix du lait pour le 2ème trimestre et de faire le bilan d'une année 2003 contrastée.

 

L'enquête annuelle réalisée auprès des laiteries par l'interprofession laitière fait état de 1 120 livreurs de lait en Alsace fin 2003 soit une baisse de 5% par rapport à 2002. Les livraisons de lait alsaciennes atteignent 275 millions de litres soit une chute de 0,6% par rapport à 2002. Alors que la collecte nationale recule de près de 1,4%, le potentiel de production des élevages alsaciens a pu être maintenu grâce aux stocks de maïs et ce malgré les fortes chaleurs de l'été 2003. Le volume moyen de livraison par exploitation s'établit à 245 000 litres, soit près de 4% de plus qu'en 2002.

 

Une année morose pour le prix du lait      

Tout comme en 2002, le prix de base des producteurs alsaciens a été fixé sur la base d'une grille de prix unique pour l'ensemble des entreprises collectant du lait sur la région grand Est en 2003. Cette grille unique permet aujourd'hui aux éleveurs laitiers d'Alsace et de Lorraine d'avoir un prix de base identique.

Après l'embellie de 2000 (+ 7,78 euros / 1000 litres) et de 2001 (+ 12,30 euros / 1000 litres) les producteurs de lait ont accusé le coup d'une première baisse non négligeable en 2002 de 10,95 € / 1000 litres.

Début 2003, lors des négociations interprofessionnelles, les transformateurs ont déjà pollué les débats sur les PGC en raison des difficultés rencontrées sur les produits industriels en 2002.

En juillet 2003, certaines entreprises réclamaient l'application de la clause de sauvegarde afin d'aller au-delà de la baisse résultant du calcul des index.

En septembre 2003, la FNIL et la FNCL ont purement et simplement dénoncé l'accord de 1997.

Après 6 années d'application, l'accord interprofessionnel de 1997 sur la fixation du prix du lait aura atteint les objectifs que s'étaient fixés les signataires. A savoir adapter le prix du lait au marché, garder un certain lissage sur les variations, prendre en compte l'ensemble des marchés, y compris les PGC écoulés en France et renouer un dialogue constructif au niveau des interprofessions.

Force est de reconnaître que le contexte dans lequel l'accord de 1997 s'était inscrit, était bien différent de celui que connait le secteur laitier européen aujourd'hui. Les marchés étaient globalement équilibrés dans un contexte européen stable. Du coté des produits industriels, les fluctuations, reflétées dans les variations de prix, ont été assez équilibrées entre les hausses et les baisses. Quant au prix des produits de grande consommation, ils ont poursuivi une pente plutôt orientée à la hausse et ont permis des ajustements positifs sur le prix à la production.

Aussi sur les 6 années d'application, 3 ont permis une hausse de prix (1998, 2000, et 2001) et les 3 autres ont été négatives (1999, 2002 et 2003).

En ce qui concerne 2003, le prix de base du CRIEL Alsace s'établit en moyenne à 291, 88 € / 1000 litres. Il accuse ainsi à nouveau une baisse de quelque 1,4 % par rapport à 2002 soit 4,02 € / 1000 litres. Le niveau de prix de 2003 est proche de celui de 1998.

Le beurre et l'ultra frais sont les deux principaux contributeurs aux évolutions du marché des produits laitiers. Les corps gras solides accusent ainsi un nouveau recul en 2003 de quelque 3,6 %. A l'inverse les produits ultra frais sont orientés à la hausse tant en volume + 4,2% qu'en valeur + 6%. Dans une conjoncture alimentaire morose le prix semble redevenir une priorité pour les consommateurs français qui se tournent de plus en plus vers les hard discounters. Les producteurs de lait continuent de défendre une prise en compte des PGC dans la fixation du prix du lait qui est fondamentale puisqu'ils représentent la moitié du débouché et surtout les trois quarts de la valorisation. Rappelons que cette prise en compte sur le marché intérieur en 2003 a tout de même représenté 2,78 € / 1000 litres au niveau du CRIEL Alsace. Hélas remise en cause chaque année au cours d'une négociation annuelle entre les différentes familles de l'Interprofession cette prise en compte des PGC sur le marché intérieur n'est pourtant qu'un juste retour pour les producteurs.

 

Une qualité qui ne cesse de progresser

L'accord Interprofessionnel relatif à l'application de la réglementation pour les germes et les cellules s'est fait attendre. Signé par les trois familles de l'interprofession le 6 novembre 2003 et paru au journal officiel seulement en ce début d'année 2004, cet accord est à l'origine d'une année de gestion confuse en matière de lait hors normes. En ce qui concerne la Région Alsace, d'abord mis en suspend lors du comité directeur du 16 juillet, il a tout de même été décidé d'appliquer l'accord Interprofessionnel lors de la réunion du CRIEL du 1er  août 2003.   La mise en place d'un contrat d'amélioration permet à un producteur hors norme d'éviter la non collecte pendant un an. Pendant cette même période le producteur devra tout mettre en œuvre afin de se situer à un niveau cellulaire inférieur à 400 000 cellules. Le bilan 2003 semble très encourageant, malgré les fortes périodes de chaleur. En effet, sur la base des résultats transmis par les laiteries, les laits à moins de 250 000 cellules progressent de presque 5 %. En parallèle, la quantité de lait collectée à plus de 400 000 cellules diminue de presque 2 %. Le nombre de producteurs concernés par des qualités cellulaires supérieures à 400 000 se stabilise d'une année à l'autre se situant tout comme en 2002 toujours aux alentours de 80. Plus globalement la progression en volume des laits de qualité collectés témoignent d'une part, des efforts consentis par les éleveurs, mais également de l'efficacité des actions d'accompagnement proposées par les différents intervenants sur le terrain (laiteries, EDE....).

 

Prix du lait 2004 : dans la douleur

Tout le monde se souvient de la fixation tumultueuse du prix du lait à la production au premier trimestre 2004. Une première proposition de baisse de 18 euros / 1000 litres par le collège des transformateurs a été perçue par les producteurs comme une véritable provocation. Un index non lissé au premier trimestre aurait purement et simplement du limiter la baisse à 6,64 euros / 1000 litres. Les transformateurs, en argumentant un " nécessaire recalage " avec la concurrence européenne et surtout l'Allemagne, ont tout de même obligé les producteurs à se résoudre à une baisse de -10,7 euros / 1000 litres pour janvier et de -9,5 euros / 1000 litres pour février et mars. Après que les négociations soient restées dans l'impasse pendant 40 jours, un compromis, permettent une trêve de 6 mois a tout de même été trouvé dans la douleur. Cet accord mentionne entre autre une application des index non lissés sur le 2ème trimestre et une reprise des travaux interprofessionnels afin que soit rapidement trouvé un nouveau système qui devra se substituer à l'accord de 1997 et ce dès le 3ème trimestre 2004. Au terme de leur assemblée générale les membres de l'interprofession alsacienne se sont penchés sur la fixation du prix pour le deuxième trimestre 2004. Les index anciennement utilisés dans l'accord 1997 et non lissés ressortent à -12,13 euros / 1000 litres. S'agissant de l'ajustement lié aux évolutions du m arc hé intérieur des PGC, celui-ci est reconduit sur les bases de 2003 à savoir + 1,6 euros / 1000 litres. Le cumul de ces deux indicateurs tire à nouveau le prix du lait vers le bas de 10,53 euros / 1000 litres par rapport à la grille initiale.

 

PRIX CRIEL POUR LE 2ème TRIMESTRE 2004

MOIS 2004

Prix de base

Indexation

Ajustement PGC

Prix payé

Avril

260

-12,13

1,60

249,47

Mai

260

-12,13

1,60

249,47

Juin

279

-12,13

1,60

268,47

 

 

              

Une lueur d'espoir en ce début de campagne

Selon une récente note de conjoncture de l'Onilait la collecte française est en recul et ce depuis le début de campagne. Au niveau européen, la baisse est significative dans les principaux pays laitiers au cours du premier trimestre 2004. En effet, le repli a été de plus de 1 % à fin février. La baisse a été encore plus importante en mars avec une diminution de 4,4 %.

Au Royaume-Uni, aux Pays-Bas, au Danemark et dans une moindre mesure en Allemagne, où le risque de dépassement était très fort, la collecte s'est réduite au cours du dernier trimestre de la campagne de 1 à 5 %, avec une accentuation très nette au mois de mars.

Aux États-Unis, la collecte est en recul depuis la fin de l'année 2003, après les évolutions positives constatées auparavant. La baisse du nombre de vaches laitières est de plus de 150 000 têtes, soit ‑ 1,6 %, encouragée par des cours de la viande élevés et par un programme de réduction du cheptel. Par ailleurs, le prix des fourrages, notamment du soja, est élevé et le remplacement des vaches coûteux en raison de la fermeture de la frontière avec le Canada après la découverte de cas d'ESB.

Cette baisse de disponibilités aux États-Unis combinée à des disponibilités réduites en Océanie et en Europe face à une demande mondiale soutenue, aboutissent à des prix conjoncturellement élevés mais qui pourraient ne pas perdurer. En effet, le prix du lait payé aux producteurs est en hausse depuis le second semestre 2003 et un retournement de situation peut s'opérer très vite. En Océanie, un nouveau manque de pluie pourrait s'annoncer pour les mois à venir, laissant présager un mauvais redémarrage de la prochaine campagne laitière. Cette conjoncture ferait-elle remonter le prix du lait français pour le deuxième semestre 2004 ? L'espoir est permis.

 

                                                                                                          Pierre Paul Ritleng


Source : FNSEA
Theme : Autre

Retour à la page d'accueil Contacts Glossaires Haut de page Page précédente Page Suivante Imprimer