Conseil FDSEA du 2 juillet
Les
chantiers pour l'été
L'emploi agricole et le revenu
des exploitations, les futures élections MSA, les relations avec la grande
distribution et le suivi des aides sécheresse 2003 étaient au programme du
dernier conseil de la FDSEA avant l'été.
Les responsables professionnels
de la FDSEA se sont retrouvés le 2 juillet dernier pour le dernier conseil avant
la période estivale. Comme à l'accoutumée, de nombreux dossiers ont été
débattus. Les élections de la Mutualité Sociale Agricole qui auront lieu début
2005 obéiront à de nouvelles règles et doivent être soigneusement préparées. La
MSA aura ainsi la responsabilité entière de l'organisation de ces élections,
déchargeant les mairies de cette tâche. Le vote aura lieu uniquement par
correspondance et se fera au niveau cantonal et non plus communal. "C'est un
défi important à relever" souligne Christiane Bernard, présidente de la MSA,
"car ce sera l'occasion pour le ministère d'évaluer l'attachement des
agriculteurs à leur système de protection sociale". Insistant sur la nécessaire
mobilisation des électeurs, la présidente a rappelé que la MSA gère près de 4
millions d'assurés sociaux et a la particularité d'offrir un guichet unique et
des bureaux décentralisés bien adaptés aux besoins du monde agricole. "Nous
allons défendre la spécificité de la MSA face au projet de réforme de
l'assurance maladie préparée actuellement par le gouvernement" a-t-elle
annoncé.
Faire encore mieux sur
l'emploi
"L'emploi est un dossier
important pour l'agriculture du département" a rappelé Jean-Paul Bastian qui est
revenu sur les actions menées jusqu'à présent par la profession agricole pour
aider les agriculteurs. La section "main d'œuvre", créée par la FDSEA au début
des années 90, a été ensuite élargie à la plupart des OPA intervenant sur le
dossier pour devenir la "Commission Agricole pour l'Emploi". Celle-ci a mis en
place l'association GERMA afin de conseiller les agriculteurs et les aider à
réaliser leurs fiches de paie, instauré le TESA (Titre Emploi Simplifié
Agricole) et mené des actions pour faciliter l'embauche de travailleurs
saisonniers. Des initiatives multiples ont ainsi vu le jour : Les associations
GERMA-AI et GERMA-ETTI créées en partenariat avec la MSA recrutent des salariés
et les mettent à disposition des exploitants agricoles tout en menant une
activité de réinsertion. En 2003, cela a représenté près de 27 000 heures de
travail.
D'autre part, la FDSEA coordonne
depuis plusieurs années l'embauche de travailleurs saisonniers polonais pour
lesquels 237 contrats ont été signés en 2003. Plusieurs réunions sur le terrain
ont permis de sensibiliser l'ANPE aux besoins spécifiques de l'agriculture en
matière de main d'œuvre. "Beaucoup de choses ont déjà été faites et nous
réfléchissons actuellement à la mise en place d'une plateforme emploi qui
devienne un guichet unique pour toutes ces questions" a expliqué Joseph Behr,
directeur de la FDSEA. L'objectif de cette plateforme emploi sera notamment de
coordonner toutes ces initiatives et développer les services offerts aux
agriculteurs autour de l'emploi et de la formation. Parallèlement, la FDSEA
continuera de jouer son rôle politique de défense des intérêts des
employeurs.
Agriculture et grande
distribution
Denis Ramspacher, secrétaire
général, a présenté le résultat de la table ronde entre le gouvernement, les
producteurs et la grande distribution. Alors que l'objectif du gouvernement est
d'obtenir une baisse de 2% des prix à la consommation, la FNSEA a obtenu que
cette baisse ne soit pas répercutée sur les prix agricoles à la production. Dans
l'accord national, il est également prévu un mécanisme permettant une baisse des
prix à la consommation en cas de surproduction dans le secteur des fruits et
légumes. "Dans le Bas-Rhin, on s'est mobilisés sur 3 sites pour défendre la
spécificité agricole et l'intérêt général des agriculteurs" a-t-il rappelé. "La
venue en Alsace de Christian Jacob - Ministre délégué aux PME, au Commerce, à
l'Artisanat, aux Professions libérales et à la Consommation - nous a permis de
défendre notre point de vue" a expliqué Jean-Paul Bastian. "Ce n'est pourtant
qu'une étape et le problème n'est pas réglé pour autant car il y a une énorme
disproportion entre les forces en présence". C'est pourquoi la profession
restera vigilante sur l'application de cet accord.
Indemnisations sécheresse : du
travail jusqu'à la fin de l'année
Sur les 1241 dossiers déposés,
environ 900 sont éligibles aux aides calamités. Après la prochaine vague de mise
en paiement mi-juillet, la grande majorité des exploitations éligibles aura
bénéficié du paiement de 100 % de l'aide aux cultures fourragères et de 70 % de
l'aide aux autres cultures. Un complément d'enveloppe est attendu du ministère
pour mettre en paiement le solde. C'est pourquoi il faudra sans doute attendre
l'automne pour que le dossier soit complètement bouclé. "250 dossiers ont été
rendus inéligibles à cause de la prise en compte de l'augmentation du prix des
céréales" a également expliqué Patrick Bastian. "Lors du Congrès de la FNSEA, le
ministre s'était engagé à revenir sur cette augmentation des prix mais il n'a
pas tenu parole" a constaté Christian Schneider. "La moitié des agriculteurs
dont le dossier est rejeté pourra bénéficier d'une aide du Conseil Régional et
les agriculteurs réellement en difficulté pourront aussi bénéficier d'une aide
grâce à un financement du Conseil Général" a ajouté Jean-Paul Bastian.
Résultats économiques
mitigés
Philippe Wolff, directeur depuis
le premier juillet du centre de fiscalité et de gestion, a présenté les
résultats économiques des exploitations agricoles du département en 2003. Il
constate notamment une baisse du produit brut de la plupart des types
d'exploitation, particulièrement marquée pour les exploitations spécialisées en
production laitière qui ont fortement réduit leurs investissements. Le produit
brut des céréaliers a également baissé mais la baisse a été en partie compensée
par une baisse des charges opérationnelles et des charges de structure ainsi que
par la hausse du prix des céréales. "La question du maintien du potentiel de
production se posera à l'avenir" explique Philippe Wolff, qui constate que "la
santé des exploitations agricoles passera de plus en plus par une bonne maîtrise
des charges, ce qui ne signifie pas forcément la recherche de performances
techniques maximales".
"Ces chiffres illustrent bien
l'état d'esprit actuel où plusieurs secteurs de production ont des difficultés"
explique Joseph Lechner, rejoint par Marc Moser qui constate que les
agriculteurs "ont beaucoup moins d'ambition et hésitent à se lancer dans des
investissements importants". "Jusqu'à présent on arrivait à diversifier les
productions pour maintenir le revenu mais actuellement toutes les opportunités
se ferment" poursuit Jean-Marc Pfrimmer qui constate que "la vente directe
permet à certains de tirer leur épingle du jeu mais qu'elle ne peut pas devenir
la solution générale". "Il faut aller plus loin que la simple analyse des
chiffres" a souligné Jean-Paul Bastian qui souhaite que les OPA "apportent un
conseil adapté à chaque exploitation et les aident à évoluer le mieux possible
en fonction des contraintes qui se mettent en place".
"Quand on voit l'évolution de
notre niveau de vie en 10 ans et malgré les multiples réformes, on ne peut pas
non plus dire qu'il n'y a pas d'espoir" a constaté André Wicker en guise de
conclusion.
Philippe OSSWALD