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    Actualité Syndicale / 2001-2005 / 2005 / Janvier
 
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FDSEA du Bas-Rhin

  1/13/2005
  Retrouver la sérénité - édito de Denis Ramspacher, secrétaire général


Edito

Retrouver la sérénité

 

Par Denis Ramspacher, secrétaire général de la FDSEA

Qui ne s'est jamais posé la question de ce que nous réserve l'avenir ? Peu de monde probablement car pour bien gérer, prendre les bonnes décisions, il est important d'avoir des repères. Cela est tout particulièrement vrai en agriculture puisque les décisions prises engagent souvent pour la durée. Sur ce point force est de reconnaître que les trois dernières années avec les négociations à l'OMC, l'élargissement et surtout la réforme de la Pac ont sucité plus d'interrogations qu'elles n'ont apporté de réponses. Mais aujourd'hui, le cadre de ces grandes réformes est connu et s'agissant de la nouvelle Pac, l'essentiel a été préservé. En effet, et il est important de souligner, nous avons réussi à conserver le niveau des aides perçu par chaque exploitation sur la base de ses références historiques. Pour notre département qui dispose des aides à l'hectare parmi les plus élevées de France, cet aspect était essentiel. Si la France avait fait le choix de régionaliser les aides comme certains autres pays d'Europe, notre département aurait été perdant. Tout cela me permet de dire que nous allons pouvoir retrouver un peu plus de sérénité dans les temps à venir.

 

Pour autant tout n'est pas encore réglé. La quarantaine de réunions d'informations Pac que nous venons de tenir dans le cadre de la tournée cantonale de la FDSEA, nous ont permis d'expliquer à tous les agriculteurs les points clés de la nouvelle Pac. Mais certains aspects restent encore à préciser, en particulier sur la conditionnalité et les transferts des droits à paiement.

 

Les règles liées à la conditionnalité ont été introduites en contre partie du maintien du niveau des aides à l'exploitation. Nous ne pouvons néanmoins pas accepter n'importe quoi. Les mesures à respecter au titre de la conditionnalité ont pu être aménagées grâce aux négociations menées par la profession. La souplesse introduite par la possibilité de broyage fin et d'enfouissement superficiel des cannes de maïs pour les monoculteurs en est un exemple.

 

Pas de surenchère

 

Mais nous restons sur notre garde en ce qui concerne le contrôle à venir de ces mesures. Relayés par la FNSEA au niveau national, nous demandons un encadrement de ces contrôles afin que les droits des agriculteurs soient respectés et que la pédagogie l'emporte sur le harcèlement. Nous insistons pour que 2005, soit une année blanche, sans aucune pénalité. Les sanctions prévues dans le document envoyé ces jours-ci à tous les agriculteurs par le Ministère de l'agriculture sont disproportionnées. A titre d'exemple, la présence d'un seul animal ayant perdu une boucle d'identification conduira, selon ce document, à une pénalité de 1 % sur l'ensemble des aides. Cela n'est pas acceptable. Si sanction il y a, elle doit être proportionnée aux anomalies constatées.

S'agissant des transferts de droits à paiement unique, nous insistons d'une part que les droits suivent le foncier et d'autre part que ces transferts s'effectuent sans charges supplémentaires pour les agriculteurs. Nous veillerons à ce que cette ligne de conduite soit respectée sur le terrain. On ne peut pas réclamer d'un côté des baisses de charges et d'un autre s'en créer soi-même en faisant de la surenchère. Il serait d'ailleurs incohérent de rentrer dans cette logique de surenchère de droits payants si par ailleurs il est possible d'obtenir des droits gratuits depuis la réserve départementale. J'espère que le bon sens paysan l'emportera.

 

Du bon sens, il en faudrait aussi un peu plus à la Commission européenne. Celle-ci semble avoir oublié que les agriculteurs tirent avant tout leur revenu des produits agricoles qu'ils mettent sur le marché et que sur ce point la théorie du libéralisme à tout va n'est pas acceptable. Il est important que l'Europe conserve des outils de régulation du marché, tout simplement parce que l'activité agricole est confrontée à d'importants aléas, climatiques en particulier. Ce qui s'est passé sur le marché des céréales illustre bien cette nécessité. Après le déficit de céréales sur le marché européen en 2003, la situation s'est complètement inversée en 2004. Seules des mesures permettant de dégager les marchés, par l'intermédiaire de restitutions à l'exportation notamment, permettront d'assainir le marché et le rétablissement de prix normaux.

 

Pour une loi ambitieuse

 

Au niveau français aussi, les pouvoirs publics devraient afficher plus d'ambition pour contrer la toute puissance de la grande distribution et imposer une répartition plus équitable de la valeur ajoutée en faveur des producteurs. De notre côté, nous ne baisserons pas les bras non plus, à l'image des négociations ardues que nous avons eues avec les industriels pour défendre le prix du lait.

 

Enfin si la défense des prix de nos produits doit nous mobiliser chaque instant, n'oublions pas l'autre volet qui compose le revenu des agriculteurs, celui de la baisse des charges. Le chantier ouvert par le Gouvernement sur la loi de modernisation doit être l'occasion de lever certains freins à la compétitivité de l'agriculture française. Les exemples sont nombreux, mais je citerai seulement celui de la main d'œuvre saisonnière dont le coût est 1,5 fois plus élevé en France qu'en Allemagne. Dans ces conditions comment rester compétitif lorsque des distorsions de concurrence aussi flagrantes existent au sein même de l'Europe ? Il reste encore du chemin à parcourir mais n'oublions pas qu'en la matière les petits ruisseaux font les grandes rivières. La réduction de 4 centimes par litre de fuel obtenu sur la TIPP pour les agriculteurs peut paraître bien mince face à l'augmentation du cours du pétrole. Mais elle est bien appréciable pour toutes les exploitations consommant beaucoup d'énergie (séchage du tabac, du houblon, ...).

 

C'est pourquoi en 2005, la FDSEA continuera à être mobilisée aux côtés des agriculteurs pour faire progresser dans le bon sens l'ensemble de ces dossiers. Elle agira avec détermination en recourant à l'action syndicale lorsqu'il le faudra. Quotidiennement au service de ses adhérents, la FDSEA s'efforcera aussi d'être force de proposition afin de permettre aux agriculteurs d'envisager ensemble plus sereinement leur avenir. C'est avec cette conviction et cet espoir que je vous souhaite à toutes et à tous d'heureuses fêtes ainsi que bonheur, santé et réussite pour cette nouvelle année. J'adresse tout particulièrement ces vœux à Jean-Paul Bastian actuellement en convalescence en lui souhaitant au nom de l'équipe de la FDSEA et de la profession tout entière un rétablissement rapide.

 

Source : FNSEA
Theme : Autre

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