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FDSEA du Bas-Rhin

  4/14/2005
  Conseil de la FDSEA : Les dossiers du printemps


Conseil de la FDSEA

Les dossiers du printemps

Alors que la campagne agricole s'annonce, le Conseil de la FDSEA du Bas-Rhin s'est réuni pour faire le bilan des assemblées générales cantonales et débattre des nombreux dossiers d'actualité. Entre prix du lait et constitution européenne, les responsables agricoles ont aussi parlé du nouveau plan bâtiments, de l'assurance récolte et des orientations prises lors des congrès de la FNSEA et des tabaculteurs.

Denis Ramspacher a ouvert la séance en souhaitant la bienvenue au président, Jean Paul Bastian, de retour après quelques mois d'absence. "Nous nous réjouissons que l'amélioration de ton état de santé te permette à nouveau de présider nos débats et de suivre de près tous les grands dossiers agricoles" a-t-il déclaré. Le président de la FDSEA a commencé par féliciter l'ensemble des responsables syndicaux de la part de la présidente de la Mutualité Sociale Agricole d'Alsace, Christiane Bernard, pour la contribution de chacun à la réussite des élections de la MSA. "Le Bas-Rhin s'est distingué en tant que premier département de France en termes de participation" a souligné Jean Paul Bastian.

Constitution et produits alsaciens.
Le débat sur la constitution européenne s'est également invité au Conseil de la FDSEA. En effet, de nombreux agriculteurs s'interrogent sur les politiques européennes et notamment sur l'avenir de l'agriculture en Europe. Pour Marc Moser, président cantonal de Brumath, "le sujet est tellement complexe qu'il est important que les décideurs s'engagent de manière courageuse sur ce sujet". Pour Eric Klethi, d'Erstein, "on ne règlera pas les problèmes en votant non" alors qu'André Wicker est plus optimiste et considère qu'"on a su expliquer que la réforme de la PAC n'est pas aussi catastrophique que certains le disent".

La création d'un label destiné à identifier les produits alsaciens, chantier que mène depuis plusieurs mois Alsace Qualité a également donné lieu à des discussions passionnées. Pour Denis Ramspacher, "on ne peut pas défendre des productions agricoles qui ne viennent pas d'Alsace avec un tel label régional, il faut non seulement l'art et la manière mais aussi la matière !". La profession craint qu'une confusion soit faite entre ce label et l'origine alsacienne des produits agricoles. Si un tel label peut être un plus pour un industriel qui souhaite mettre en avant l'image de l'Alsace, il risque au contraire de desservir les agriculteurs alsaciens puisque des produits d'autres régions pourront être vendus sous ce label.

Le lait dans la tourmente
Dans le secteur laitier, certaines entreprises remettent actuellement en cause le prix du lait payé aux producteurs pour le premier trimestre 2005 alors qu'un accord avait été négocié début février. "Certaines laiteries veulent baisser les prix par tous les moyens et prévoient d'appliquer la baisse qu'elles ont décidée pour d'autres régions en revenant sur les incitations qualitatives (moindre valorisation de la matière grasse, durcissement des réfactions vis-à-vis de la qualité cellulaire et butyrique), sans que l'on en ait discuté" s'indigne Denis Ramspacher qui estime qu'"il n'est pas question de revenir sur le prix payé au premier trimestre".

Le congrès pose question
Au retour du Congrès de la FNSEA, les réactions étaient nombreuses, notamment sur un point du rapport d'orientation, à savoir l'idée de créer un "fonds agricole" sur le modèle du fonds de commerce dans le cadre de la loi de modernisation de l'agriculture qui se prépare actuellement à Paris. Celui-ci comprendrait tous les facteurs de production mais également des biens incorporels comme les contrats, les droits à produire, la clientèle en cas de vente directe… "Il faut rester très prudents par rapport à cette proposition car elle aura un impact sur la transmission des exploitations" souligne Denis Ramspacher. Le rapport présenté par la FNSEA s'est aussi efforcé de réaffirmer le rôle d'abord économique de l'agriculture. Celle ci peut en effet satisfaire l'ensemble des demandes de la société à la seule condition d'être d'abord rentable économiquement. Une autre inquiétude concerne la proposition du gouvernement de faire disparaître la taxe foncière. Celle-ci risque d'être remplacée par d'autres taxes qui ne seront pas forcément plus favorables aux agriculteurs.

Jean Paul Bastian et Eugène Schaeffer ont été reconduits au bureau de la FNSEA. Lors des élections des commissions permanentes, Patrick Bastian a été réélu à la commission "Economie et international", Christian Schneider à la commission "fiscale et sociale", Rémy Willmann à la commission "écologie et environnement", Paul Schiellein à la commission "diversification". Joseph Lechner et Pierre Becht ont été nouvellement élus respectivement aux commissions "emploi" et "viticulture".

Les tabaculteurs s'interrogent
En même temps que le congrès de la FNSEA se déroulait la congrès des planteurs de tabac. "Il y avait de fortes tensions entre régions par rapport à la mise en œuvre du découplage dans le tabac" a expliqué Rémy Losser, président des tabaculteurs, "certains demandaient que les DPU soient accordés sur la base des kilos produits durant la période historique alors que d'autres voulaient que l'on tienne compte de la qualité". "On est finalement parvenus à un compromis et le congrès s'est bien passé". Certaines questions se posent toujours quant à la pérennité de la tabaculture. "Les petits producteurs des régions traditionnelles risquent d'arrêter la production" prédit Rémy Losser. Par contre, on ne sait pas vraiment comment cette production évoluera en Alsace. "La question de fond qui subsiste est de savoir dans quelle mesure ceux qui arrêtent pourront transférer des DPU aux tabaculteurs qui développent la production" conclut le président des tabaculteurs.

Vers un nouveau plan bâtiment
Le nouveau plan bâtiment en cours de finalisation a été présenté. Celui ci permet de subventionner à hauteur d'environ 40% les investissements pour des bâtiments neufs, la restauration d'anciens, la création d'ateliers, exclusivement pour l'élevage. Sont concernés les bovins lait et viande et les ovins. Il se substitue en partie à des aides existantes, mais grâce à l'abondement par des fonds communautaires, il devrait permettre de financer de nombreux projets. Pour l'instant une soixantaine de projets de bâtiments neufs et une vingtaine de projets de rénovation ont été identifiés pour un montant de 3,3 millions d'euros qui proviendront de l'Etat mais surtout de l'Union Européenne ainsi que des collectivités territoriales. La contribution de ces dernières (Conseil Général et Conseil Régional) doit encore être discutée.

Evaluer les produits d'assurance récolte
L'assurance Récolte est un nouveau produit destiné à garantir les cultures agricoles contre les risques climatiques (grêle, sécheresse, gel, tempête, inondation, excès d'eau, coup de chaleur). Alors que le système des calamités agricoles se montre de moins en moins bien adapté et très lourd à gérer, la profession agricole a voulu que l'on trouve d'autres solutions tout en maintenant une participation financière des pouvoirs publics.

"Plusieurs produits différents sont proposés depuis cette année par Groupama et le Crédit Agricole et j'encourage les agriculteurs à examiner ces produits car ils sont appelés à se développer" a déclaré Jean Paul Bastian qui apporte un "soutien de principe" à cette démarche même si elle n'est pas forcément bien adaptée à toutes les situations. En effet, les produits proposés couvrent principalement les pertes aux cultures et ne concernent pas pour l'instant toutes les productions fourragères. Pour Christian Schneider, "le système d'assurance récolte permet de garantir un revenu aux exploitations en cas de problème climatique, mais pour que le produit soit réellement intéressant il faudra que la participation financière de l'Etat augmente". L'assurance récolte est en effet dans une phase expérimentale. L'Etat y consacre 10 millions d'euros en 2005. Cette enveloppe sera rapidement insuffisante. C'est pourquoi la profession demande qu'en cas de besoin, l'Etat abonde cette enveloppe sans prendre cet argent sur d'autres lignes du budget agricole.

 

Philippe Osswald


Source : FNSEA
Theme : Autre

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