Conseil de la FDSEA
Les dossiers du printemps
Alors que la campagne agricole s'annonce, le Conseil de la FDSEA du
Bas-Rhin s'est réuni pour faire le bilan des assemblées générales
cantonales et débattre des nombreux dossiers d'actualité. Entre
prix du lait et constitution européenne, les responsables agricoles ont
aussi parlé du nouveau plan bâtiments, de l'assurance récolte
et des orientations prises lors des congrès de la FNSEA et des tabaculteurs.

Denis Ramspacher a ouvert la séance en souhaitant la bienvenue
au président, Jean Paul Bastian, de retour après quelques mois
d'absence. "Nous nous réjouissons que l'amélioration de ton
état de santé te permette à nouveau de présider
nos débats et de suivre de près tous les grands dossiers agricoles"
a-t-il déclaré. Le président de la FDSEA a commencé
par féliciter l'ensemble des responsables syndicaux de la part de la
présidente de la Mutualité Sociale Agricole d'Alsace, Christiane
Bernard, pour la contribution de chacun à la réussite des élections
de la MSA. "Le Bas-Rhin s'est distingué en tant que premier département
de France en termes de participation" a souligné Jean Paul Bastian.
Constitution et produits alsaciens.
Le débat sur la constitution européenne s'est également
invité au Conseil de la FDSEA. En effet, de nombreux agriculteurs s'interrogent
sur les politiques européennes et notamment sur l'avenir de l'agriculture
en Europe. Pour Marc Moser, président cantonal de Brumath, "le sujet
est tellement complexe qu'il est important que les décideurs s'engagent
de manière courageuse sur ce sujet". Pour Eric Klethi, d'Erstein,
"on ne règlera pas les problèmes en votant non" alors
qu'André Wicker est plus optimiste et considère qu'"on a
su expliquer que la réforme de la PAC n'est pas aussi catastrophique
que certains le disent".
La création d'un label destiné à identifier les produits
alsaciens, chantier que mène depuis plusieurs mois Alsace Qualité
a également donné lieu à des discussions passionnées.
Pour Denis Ramspacher, "on ne peut pas défendre des productions
agricoles qui ne viennent pas d'Alsace avec un tel label régional, il
faut non seulement l'art et la manière mais aussi la matière !".
La profession craint qu'une confusion soit faite entre ce label et l'origine
alsacienne des produits agricoles. Si un tel label peut être un plus pour
un industriel qui souhaite mettre en avant l'image de l'Alsace, il risque au
contraire de desservir les agriculteurs alsaciens puisque des produits d'autres
régions pourront être vendus sous ce label.

Le lait dans la tourmente
Dans le secteur laitier, certaines entreprises remettent actuellement en cause
le prix du lait payé aux producteurs pour le premier trimestre 2005 alors
qu'un accord avait été négocié début février.
"Certaines laiteries veulent baisser les prix par tous les moyens et prévoient
d'appliquer la baisse qu'elles ont décidée pour d'autres régions
en revenant sur les incitations qualitatives (moindre valorisation de la matière
grasse, durcissement des réfactions vis-à-vis de la qualité
cellulaire et butyrique), sans que l'on en ait discuté" s'indigne
Denis Ramspacher qui estime qu'"il n'est pas question de revenir sur le
prix payé au premier trimestre".
Le congrès pose question
Au retour du Congrès de la FNSEA, les réactions étaient
nombreuses, notamment sur un point du rapport d'orientation, à savoir
l'idée de créer un "fonds agricole" sur le modèle
du fonds de commerce dans le cadre de la loi de modernisation de l'agriculture
qui se prépare actuellement à Paris. Celui-ci comprendrait tous
les facteurs de production mais également des biens incorporels comme
les contrats, les droits à produire, la clientèle en cas de vente
directe… "Il faut rester très prudents par rapport à
cette proposition car elle aura un impact sur la transmission des exploitations"
souligne Denis Ramspacher. Le rapport présenté par la FNSEA s'est
aussi efforcé de réaffirmer le rôle d'abord économique
de l'agriculture. Celle ci peut en effet satisfaire l'ensemble des demandes
de la société à la seule condition d'être d'abord
rentable économiquement. Une autre inquiétude concerne la proposition
du gouvernement de faire disparaître la taxe foncière. Celle-ci
risque d'être remplacée par d'autres taxes qui ne seront pas forcément
plus favorables aux agriculteurs.
Jean Paul Bastian et Eugène Schaeffer ont été reconduits
au bureau de la FNSEA. Lors des élections des commissions permanentes,
Patrick Bastian a été réélu à la commission
"Economie et international", Christian Schneider à la commission
"fiscale et sociale", Rémy Willmann à la commission
"écologie et environnement", Paul Schiellein à la commission
"diversification". Joseph Lechner et Pierre Becht ont été
nouvellement élus respectivement aux commissions "emploi" et
"viticulture".
Les tabaculteurs s'interrogent
En même temps que le congrès de la FNSEA se déroulait la
congrès des planteurs de tabac. "Il y avait de fortes tensions entre
régions par rapport à la mise en œuvre du découplage
dans le tabac" a expliqué Rémy Losser, président des
tabaculteurs, "certains demandaient que les DPU soient accordés
sur la base des kilos produits durant la période historique alors que
d'autres voulaient que l'on tienne compte de la qualité". "On
est finalement parvenus à un compromis et le congrès s'est bien
passé". Certaines questions se posent toujours quant à la
pérennité de la tabaculture. "Les petits producteurs des
régions traditionnelles risquent d'arrêter la production"
prédit Rémy Losser. Par contre, on ne sait pas vraiment comment
cette production évoluera en Alsace. "La question de fond qui subsiste
est de savoir dans quelle mesure ceux qui arrêtent pourront transférer
des DPU aux tabaculteurs qui développent la production" conclut
le président des tabaculteurs.

Vers un nouveau plan bâtiment
Le nouveau plan bâtiment en cours de finalisation a été
présenté. Celui ci permet de subventionner à hauteur d'environ
40% les investissements pour des bâtiments neufs, la restauration d'anciens,
la création d'ateliers, exclusivement pour l'élevage. Sont concernés
les bovins lait et viande et les ovins. Il se substitue en partie à des
aides existantes, mais grâce à l'abondement par des fonds communautaires,
il devrait permettre de financer de nombreux projets. Pour l'instant une soixantaine
de projets de bâtiments neufs et une vingtaine de projets de rénovation
ont été identifiés pour un montant de 3,3 millions d'euros
qui proviendront de l'Etat mais surtout de l'Union Européenne ainsi que
des collectivités territoriales. La contribution de ces dernières
(Conseil Général et Conseil Régional) doit encore être
discutée.
Evaluer les produits d'assurance récolte
L'assurance Récolte est un nouveau produit destiné à
garantir les cultures agricoles contre les risques climatiques (grêle,
sécheresse, gel, tempête, inondation, excès d'eau,
coup de chaleur). Alors que le système des calamités agricoles
se montre de moins en moins bien adapté et très lourd à
gérer, la profession agricole a voulu que l'on trouve d'autres
solutions tout en maintenant une participation financière des pouvoirs
publics.
"Plusieurs produits différents sont proposés depuis
cette année par Groupama et le Crédit Agricole et j'encourage
les agriculteurs à examiner ces produits car ils sont appelés
à se développer" a déclaré Jean Paul
Bastian qui apporte un "soutien de principe" à cette
démarche même si elle n'est pas forcément bien adaptée
à toutes les situations. En effet, les produits proposés
couvrent principalement les pertes aux cultures et ne concernent pas pour
l'instant toutes les productions fourragères. Pour Christian Schneider,
"le système d'assurance récolte permet de garantir
un revenu aux exploitations en cas de problème climatique, mais
pour que le produit soit réellement intéressant il faudra
que la participation financière de l'Etat augmente". L'assurance
récolte est en effet dans une phase expérimentale. L'Etat
y consacre 10 millions d'euros en 2005. Cette enveloppe sera rapidement
insuffisante. C'est pourquoi la profession demande qu'en cas de besoin,
l'Etat abonde cette enveloppe sans prendre cet argent sur d'autres lignes
du budget agricole.
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Philippe Osswald