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FDSEA du Bas-Rhin

  7/8/2005
  Jean-Paul Bastian : Prendre du recul tout en restant disponible


Jean-Paul Bastian

Prendre du recul tout en restant disponible

Jean-Paul Bastian a choisi de passer la main à la présidence de la FDSEA du Bas-Rhin. Fidèle  à lui-même, il n'a pas souhaité médiatiser l'événement. C'est en toute simplicité, au milieu des siens – le conseil départemental de la FDSEA et les dirigeants de l'agriculture bas-rhinoise – qu'il a confirmé sa décision de prendre du recul. Tout en restant disponible pour d'autres missions.

Procédé inhabituel, un petit mot écrit de la main de Jean-Paul Bastian accompagnait l'invitation officielle à la réunion du conseil départemental de la FDSEA de lundi dernier, 4 juillet. S'agissant d'un conseil électif, le président y confirmait son intention de ne pas solliciter le renouvellement de son mandat. Conscients de l'importance de cette réunion - à la fois pour rendre hommage au président sortant et encourager la nouvelle équipe – les membres du conseil départemental étaient au complet. Et tous les dirigeants de l'agriculture bas-rhinoise, compagnons de route de Jean-Paul Bastian, ont tenu à s'y associer. Pour la circonstance, "la bande des quatre" s'était significativement élargie. Outre Jean-Marie Sander, Eugène Schaeffer et Joseph Daul, il y avait également le député Antoine Herth, le doyen d'âge toujours aussi vert, André Wicker, ainsi que les présidents des grandes filières de production.

Jean-Paul Bastian a toujours eu la hantise de faire le mandat de trop. De longue date, il avait annoncé qu'il souhaitait prendre du recul. Il pensait qu'un précédent secrétaire général était taillé pour lui succéder. Antoine Herth ayant été happé par la politique, il a fallu remettre le projet à plus tard et former une nouvelle équipe sur laquelle Denis Ramspacher a pris l'ascendant.

Au moment de quitter la présidence, en harmonie avec sa personnalité, le président sortant n'a pas souhaité médiatiser son départ. "Dans nos responsabilités, nous avons souvent les honneurs. Mais il ne faut jamais oublier ceux qui travaillent dans l'ombre et dont les mérites ne sont pas moindres."

Jean-Paul Bastian n'a pas davantage voulu dresser le bilan de ses douze années passées à la tête de la FDSEA. Il aurait pourtant été flatteur sur de nombreux dossiers "chauds", de la construction de l'abattoir à la gestion de la crise bovine, en passant par les quotas laitiers et la réforme de la Pac – en particulier le dispositif spécial concernant la sole maïs qui a permis au département de bénéficier de soutiens financiers exceptionnels.

Le bien-être d'une profession
Il a choisi d'aborder le sujet par une facette qui l'est habituellement moins, celle de la structure FDSEA elle-même. En céder la présidence constitue pour lui "le moment le plus important de sa carrière professionnelle." Ce n'est pourtant pas le seul mandat qu'il exerce. Ni le plus gratifiant : à ce poste, contraint en permanence à de périlleux équilibres, on ne peut pas plaire à tout le monde ! Mais c'est sans conteste le plus intensément vécu en raison de sa finalité unique : d'un mot, le bien-être de toute une profession.

Au fil des notes consignées dans le cahier qui ne le quitte jamais, Jean-Paul Bastian a distillé ses messages. "Quand je dis "je", comprenez "nous". Seul, on ne peut pas réussir à ce poste. On ne peut réussir qu'en équipe."

Prêt pour d'autres échéances
Mais si le déchirement est tel, pourquoi quitter ? "Pas pour des raisons de santé", a-t-il immédiatement précisé, manifestement bien remis du sévère accident de santé qui l'avait affecté à l'automne et l'hiver derniers. "12 ans, ça fait long. Et la relève est prête, c'est ma grande fierté." Elle a même pu faire ses preuves pendant les longues semaines où Jean-Paul Bastian était absent. 2005 étant une année électorale, l'opportunité s'est présentée de réaliser le projet annoncé : "Prendre du recul", tout en restant disponible comme membre du bureau départemental, président ou administrateur de plusieurs organisations professionnelles dans le département, à Paris et au plan européen (Centre de fiscalité et de gestion, Saera, Alsace Elevage, Chambre d'agriculture, L'Est Agricole et Viticole, FNSEA, Copa) et, le cas échéant, "prêt à assumer d'autres responsabilités."

Une gestion à long terme
A côté de quelques regrets, dont les relations avec les JA qui, tout en étant bonnes, ont souffert d'un manque de "complicité", les sujets de satisfaction dominent. A commencer par la très bonne ambiance de travail qui a toujours prévalu au sein de "la bande des quatre : malgré nos différences, nous nous sommes toujours retrouvés sur les dossiers pour travailler ensemble." La même remarque vaut à l'égard des collaborateurs. "On ne peut pas être à la FDSEA sans y croire." Le président sortant a salué "la belle stabilité d'équipes qui n'étaient pas uniquement obnubilées par des préoccupations de carrière." Elle a permis de dépasser les urgences du quotidien pour se consacrer à une gestion à long terme de la profession. Au besoin, elle sait être revendicative. Jean-Paul Bastian a ainsi eu le redoutable honneur d'organiser les plus grandes "manif" à Strasbourg dont celle, à jamais gravée dans les mémoires, qui avait drainé 2 000 tracteurs dans les rues de la capitale européenne.

Priorité à l'animation cantonale
Mais s'il est vrai que beaucoup de dossiers agricoles se traitent à Paris ou à Bruxelles, l'animation des cantons a constitué une priorité absolue. Au cours de son parcours militant qui dépasse de beaucoup la douzaine d'années de présidence de la FDSEA pour atteindre le quart de siècle, Jean-Paul Bastian n'a manqué qu'une réunion cantonale, à Haguenau, pour cause de retards d'avion. Cette même discipline, il l'attend des autres en retour. Raison pour laquelle tous les efforts ont tendu à rendre "plus belle la difficile responsabilité de président cantonal."


"Tu as été un grand président, un président dévoué", lui a lancé André Wicker, le doyen d'âge de l'assemblée et qui, de ce fait, présidait de droit les opérations de vote. Dans la bouche de celui qui compte "50 ans de syndicalisme et plus", qui a connu 5 présidents, trois époques (la reconstruction après-guerre, les 30 glorieuses, la bande des quatre), sans compter la nouvelle période qu'il ouvrait avec ce scrutin, le compliment n'est pas mince.

Tous les autres ténors de l'agriculture bas-rhinoise ont joint leur voix à celle d'André Wicker. Jean-Marie Sander, pour qui le fond a toujours primé sur la forme, et pour qui "le groupe est toujours plus fort que le plus fort du groupe" ; Eugène Schaeffer qui juge qu' "une bonne fédération et un syndicalisme fort" facilitent la tâche à toutes les autres organisations professionnelles et institutions ; Joseph Daul qui n'oublie pas qu'il a bénéficié du soutien du président de la FDSEA quand tout le monde était contre lui sur le difficile dossier de l'abattoir il y a dix ans, et qui recommande de conserver un syndicalisme fort "face à ce qui va se passer dans les prochaines années."

Seul on va vite, ensemble on va loin
A présent, c'est Denis Ramspacher qui reprend le flambeau. Pour lui aussi, il s'agit d'un "grand moment parce qu'il faut être bon pour succéder à Jean-Paul Bastian." Agé de 45 ans, marié, père de trois enfants, il exploite en Gaec un troupeau laitier et une superficie de 75 ha en blé, maïs et herbe. Administrateur de la FNPL depuis 2000, secrétaire général de la FDSEA depuis 2002, les circonstances l'ont propulsé sur le devant de la scène où il a prouvé ses qualités de meneur d'hommes, de négociateur, sa connaissance des dossiers et du terrain, sa capacité de travail. Il a composé son équipe en étant attentif à une bonne répartition géographique comme à celle des productions. S'il n'a pas prononcé de discours-programme après l'heure, déjà très tardive, de l'élection, il a indiqué vouloir fermement combattre l'individualisme pour faire respecter toutes les productions. Il tient également à une bonne représentativité – partout – de la FDSEA par des militants qui n'oublient pas leurs origines. Pour rester au service de l'agriculture, aider les agriculteurs à avoir des perspectives, il compte sur le soutien de l'ensemble des organisations professionnelles. Denis Ramspacher a esquissé d'une formule la devise qui pourrait être celle de sa présidence : "Seul on va vite, ensemble on va loin."

Jean Dominique Schilling


Source : FNSEA
Theme : Autre

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