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    Actualité Syndicale / 2001-2005 / 2005 / Septembre
 
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FDSEA du Bas-Rhin
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FDSEA du Bas-Rhin

  9/7/2005
  Conseil FDSEA du 5 septembre 2005 : une montagne de dossiers pour l'automne


Conseil de la FDSEA

Une montagne de dossiers pour l'automne

Le conseil de la FDSEA a été l'occasion de faire un rapide bilan de la campagne en cours et des très nombreuses questions auxquelles est confronté le monde agricole. Malgré une conjoncture plutôt difficile, la profession reste unie et continue à se mobiliser pour défendre les intérêts des agriculteurs.


Après avoir félicité les jeunes agriculteurs pour une finale de labour exemplaire qui a rassemblé près de 10 000 personnes à Vendenheim, puis chaleureusement salué Jean-Paul Bastian venu participer au conseil en tant que "simple" président cantonal, Denis Ramspacher est revenu sur les principales activités du syndicat durant l'été. Plusieurs rencontres, avec le secrétaire général de la préfecture, le préfet ainsi que le ministre de l'agriculture ont permis de mettre en avant les dossiers importants pour l'agriculture du département : coût de la main d'œuvre, quotas sucriers, urbanisation et nouvelles infrastructures, charges et environnement... Ces explications étaient d'autant plus utiles que l'agriculture a été attaquée à travers des critiques de la culture du maïs supposée consommer trop d'eau. Il a d'ailleurs fallu réagir à ces attaques, à travers des articles dans l'Est Agricole et viticole et les DNA, tout en évitant une polémique qui n'a pas lieu d'être puisqu'en Alsace il n'y a pas de réel problème de disponibilité de l'eau d'irrigation.

Très cher fioul
Un tour de table a fait remonter les principales questions des responsables cantonaux. Avec comme première préoccupation le renchérissement du prix des carburants et donc des coûts de production. Toutes les productions voient leurs charges augmenter, certaines, comme le tabac, le houblon ou le maïs grain qui doit être séché, se voyant plus fortement affectées.

"Beaucoup d'agriculteurs se mettent à cultiver du colza pour le transformer en huile sur leur exploitation et l'utiliser comme carburant dans les tracteurs ou les chaudières" constatent plusieurs responsables cantonaux, qui souhaitent que "le comptoir agricole de Hochfelden puisse encadrer et structurer ce développement".

Concernant le séchage du maïs, Christian Schneider a expliqué que "il n'y aura pas de barème indicatif de séchage cette année". De ce fait, chaque collecteur fixe individuellement le prix du séchage. Pour les collecteurs disposant d'installations de séchage performantes, ces frais pourront être contenus, ce qui devrait être le cas dans notre département. Concernant les prix des céréales, Eugène Schaeffer, président du comptoir agricole a fait état de beaucoup d'incertitudes. Une bonne récolte dans les pays de l'Est et en Russie provoquent une stagnation du prix du blé alors que pour le maïs les prix sont très fluctuants bien que l'AGPM annonce une baisse de près de 2 millions de tonnes de la production française, ce qui inciterait plutôt à des prix assez fermes.

Se battre sur des marchés difficiles
Marc Moser a décrit un marché difficile pour la pomme de terre primeur puisqu'il reste encore des stocks de 2004 alors que Denis Ramspacher est revenu sur les actions des producteurs pour défendre le prix du lait remis en question par les transformateurs. Paul Schiellein et Georges Kuntz se sont montrés inquiets face aux possibles réactions des consommateurs suite au risque de propagation de la grippe aviaire dans les élevages français de poulets et de canards. "On constate également une baisse des ventes à la ferme et sur les marchés alors qu'une directive européenne oblige tous les abattoirs de volailles à se mettre aux normes ce qui représente une charge très importante pour les agriculteurs qui transforment eux même leurs produits" ajoute Georges Kuntz.

En production porcine, les cours se sont relevés depuis le mois de juin mais les relations entre producteurs et abatteurs sont très tendues. "L'Union Européenne a besoin d'exporter 1,5 millions de tonnes et la France n'est pas très compétitive, il faut donc s'attendre à des mois plus difficiles" explique Jean-Michel Fritsch.

Pour les viticulteurs aussi, la situation est préoccupante puisqu'à la veille de la récolte 2005, les vendeurs de vin en vrac ont du mal à écouler les stocks de 2004. "La viticulture a connu une période très favorable et elle doit aujourd'hui faire face à des difficultés" constate Pierre Huchelmann du canton de Barr qui poursuit : "C'est à nous de nous battre pour conserver et développer nos marchés, individuellement ou collectivement, car cela aussi fait partie du métier de viticulteur".

Patrick Bastian de son coté, s'est montré très préoccupé par une année très sèche dans les cantons de Saverne et Marmoutier. "La situation est plus grave qu'en 2003, notamment pour le tabac, le houblon, les fruits et légumes dans des cantons où l'irrigation n'est pas possible" a-t-il souligné. De plus, "entre le projet de golf et les zones industrielles et artisanales en préparation, les agriculteurs de ces deux cantons vont encore perdre plus d'une centaine d'hectares dans les prochains temps" ajoute le président du canton de Marmoutier. Eugène Schaeffer et Marc Freys, des cantons de Geispolsheim et de Schiltigheim-Mundolsheim s'inquiètent également du projet de grand contournement ouest de Strasbourg. "Certaines communes en sont à leur troisième ou quatrième remembrement, à chaque fois à cause de travaux d'infrastructure" souligne Eugène Schaeffer.

Des quotas pour la sucrerie
Raymond Graff, président de la sucrerie d'Erstein a expliqué la réforme du sucre décidée par la Commission Européenne et qui aura des conséquences importantes pour la sucrerie et les planteurs de betteraves. "L'union européenne a perdu à l'Organisation Mondiale du Commerce et nous devons arrêter de produire du sucre sous quota C qui était traditionnellement destiné à l'exportation". Or il se trouve que les betteraves hors quota C représentent la moitié de la production de betteraves alsacienne, soit près de 3 000 ha et que la sucrerie ne serait plus rentable si on devait réduire de moitié les surfaces. "Il nous faut donc à tout prix 30 000 tonnes de quota sucre supplémentaire" déclare le président de la sucrerie. "Nous avons bon espoir de les obtenir" a expliqué Jean-Paul Bastian qui soutient ce dossier au niveau national et européen, car "Bruxelles a attribué près de 350 000 tonnes de quota à la France et que le ministre de l'agriculture peut les répartir entre les différentes sucreries". "C'est plus facile que si une autre sucrerie devait réduire ses quotas pour les donner à Erstein" estime-t-il. "L'ensemble des responsables agricoles soutient ce dossier et la venue du ministre, le 9 septembre sera une bonne occasion de défendre l'intérêt des planteurs alsaciens".

Des chasseurs sachant chasser !
La bête noire des agriculteurs fait toujours parler d'elle dans de nombreux cantons où les dégâts de sangliers continuent d'augmenter."Il faut agir" demande Jean-Paul Modery, du canton de Lauterbourg, alors que Claude Wendling, du canton de Woerth constate les dégâts importants sur prairie. "Nous avons été assez tolérants avec les chasseurs mais il faudra sans doute durcir le ton car il est inacceptable d'avoir notre production détruite année après année" déclare Marc Moser, secrétaire général de la FDSEA.

La procédure de relocation des lots de chasse pour la période 2006-2015) dans les communes d'Alsace Moselle vient de débuter. A cette occasion, les agriculteurs devront faire entendre leur voix, notamment lors des réunions des commissions consultatives communales de la chasse dans lesquelles le responsable local de la FDSEA sera invité. La FDSEA demande qu'à cette occasion on lie l'agrément du chasseur a sa gestion de la chasse, notamment pour les espèces classées nuisibles comme les sangliers. Des clauses plus restrictives seront pour cela incluses dans le cahier des charges des chasses communales avec pour effet une résiliation du bail pour non destruction des nuisibles (sangliers, corbeaux freux...) après deux mises en demeure restées sans effet.

Adeline Baur a aussi déploré des dégâts importants de corbeaux sur les choux à choucroute ainsi que sur d'autres cultures. "Cet oiseau cause en effet de plus en plus de dégâts et il faudra trouver des solutions pour traiter les semences de maïs lors de la prochaine campagne" a annoncé Marc Moser.

Transfert des DPU : des simplifications

En bonne place au programme des réunions cantonales cet automne figure la mise en œuvre du découplage et l'attribution des fameux DPU. En effet, dès le 15 octobre, chaque agriculteur recevra un dossier comprenant ses références historiques, des formulaires lui permettant de signaler à la DDAF tous les changements intervenus entre 2000 et 2006, ainsi que des modèles de clauses. Au printemps, les DPU provisoires seront attribués et prendront en compte ces changements, alors que les DPU définitifs seront attribué en automne 2006.

Deux catégories de DPU vont exister : les droits jachère établis sur la base des aides versées durant la période de référence (2000-2002) et correspondant aux surfaces en jachère obligatoire, et les droits standard calculés sur la base de toutes les autres aides.

Par rapport au projet initial, des simplifications sont intervenues concernant les transferts de DPU. Ainsi, un agriculteur qui s'engage à céder ses DPU de manière définitive ou temporaire, par une clause de transfert, n'a plus l'obligation de détenir 30 ares de terres en 2006. Il suffit que le repreneur détienne lui-même 30 ares. D'autre part, le recours aux clauses de transfert des DPU est généralisé pour tous les transferts fonciers intervenus entre le 1er janvier 2000 et la 15 mai 2006. Aucun prélèvement ne sera appliqué sur ces transferts de droits avec foncier.

Pendant la période transitoire 2000 - 2006, aucun DPU ne pourra être cédé à un autre agriculteur qu'à celui qui a repris les terres. Après le 15 mai 2006, un prélèvement de 50% sera effectué pour tous les droits transférés sans foncier.

 


Philippe OSSWALD


Source : FNSEA
Theme : Autre

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