Agenda08/09/10 Retour à la page d'accueil Contacts Glossaires Plan du site Page précédente Page Suivante Imprimer  
    Agriculture et Environnement
 
  Lancer la rechercheRecherche avancée












 

 

 

 

 

 

 

FDSEA du Bas-Rhin
Espace Européen de l'entreprise
2 rue de Rome
67300 Schiltigheim
Tél. 03 88 19 17 67
Fax. 03 88 19 17 68
webmaster@ fdsea67.fr

©
FDSEA du Bas-Rhin

  15/8/2008
  Les agriculteurs s'expliquent avec la ville de Sélestat.


Syndicalisme et environnement.

Les agriculteurs s'expliquent avec la ville de Sélestat.

Le 7 août dernier, c'est sous un ciel menaçant que Benoît Heinrich, président cantonal de la FDSEA avait invité Marcel Bauer, maire et conseiller général, à expliquer devant les agriculteurs concernés, deux projets en cours de préparation par la ville de Sélestat : l'extension de la réserve naturelle de l'Ill Wald et la création d'un Espace Naturel Sensible d'une part, et la mise en place d'un polder pour évacuer les eaux d'inondation en cas de forte crue du Giessen d'autre part. Une réunion aussi orageuse que le ciel de ce soir là.

En préparation depuis plusieurs mois par la ville de Sélestat, le projet d'agrandissement de la réserve naturelle de l'Ill Wald et la création d'un espace naturel sensible (ENS) inquiètent les agriculteurs du secteur. Il faut dire que sur les terres incluses dans l'ENS, les agriculteurs perdront leur droit de préemption au profit de la commune. La commune de Sélestat et l'association Alsace Nature souhaitent mettre en place ces espaces naturels protégés comme compensation pour l'environnement de l'agrandissement de la gravière des sablières Léonhart. Marcel Bauer, maire de Sélestat et conseiller général admet pourtant que dans le dossier présenté à l'administration "la gravière Léonhart a déjà proposé des mesures compensatoires extraordinaires sur ses propres terrains pour que son projet ne soit pas remis en question".

 

Le monde agricole ne comprend donc pas la volonté de la ville de mettre en place une gestion écologique sur 600 ha, dont plusieurs centaines d'ha de terres agricoles. Faute d'un dialogue constructif sur le sujet, les élus agricoles avaient refusé de signer un protocole d'accord élaboré entre différents partenaires, dont Alsace Nature, les gravières Léonhart et la ville de Sélestat. Ils estiment en effet que cet accord n'offre aucune garantie quant à la poursuite des activités agricoles dans le secteur. "Nous ne serons plus libres d'exploiter ces parcelles comme nous l'entendons. Pourtant, la terre est notre outil de travail et l'agriculture représente aussi des emplois pour la commune" dénonce François Xavier Kempf, agriculteur. "Pourquoi 600 ha en contrepartie d'une extension de 30 ha de la gravière" interrogent les agriculteurs dans la salle. Rémy Willmann, élu de la Chambre d'agriculture et de la FDSEA, a expliqué que "ce n'est pas à l'agriculture de servir de monnaie d'échange dans les négociations entre la ville de Sélestat, Alsace Nature et les sablières Léonhart". "Nous avons fait une concession importante en acceptant d'inclure les prairies mais il faut exclure les terres labourables de l'espace naturel sensible" ajoute Fabien Metz, représentant des jeunes agriculteurs.

"Le protocole d'accord est désormais signé et l'on ne peut pas revenir dessus" a indiqué Marcel Bauer. "Avant de préempter, la ville de Sélestat, avec ses partenaires, dont la Chambre d'Agriculture, se réuniront pour définir parcelle par parcelle, quels seront les espaces qui pourront être préemptés et quelles seront les modalités de gestion qui pourront s'y appliquer". "Dans ce cadre, les terres labourables à l'intérieur du périmètre seront exclues" s'est engagé le maire de Sélestat pour rassurer les agriculteurs. "Plusieurs réunions seront organisées en Septembre avec les collectivités, la ville de Sélestat, Alsace Nature et la Chambre d'Agriculture" ajoute Marie-Anne Koenig, adjoint au maire chargée de l'environnement. "Nous serons très attentifs à la manière dont se dérouleront ces réunions" a prévenu Benoît Heinrich, qui n'a pas exclu de mener d'autres actions syndicales dans le cas où les engagements de la ville de Sélestat ne seraient pas tenus.

Un projet de polder sur les meilleures terres

Pour prévenir les crues centennales (en fait supérieures aux crues de 20 ans) dues au Giessen, la communauté de communes veut canaliser le cours d'eau avec des digues. "Pour l'instant, la zone inondable inclut des zones habitées que nous allons protéger. En contrepartie, l'Etat nous demande de recréer une zone pour stocker l'eau en cas d'inondation. C'est la raison d'être du projet de polder au lieu dit de la Schantz" explique Marcel Bauer. Le défaut majeur du projet réside dans le fait que les terres concernées ont été qualifiées comme ayant une "valeur agronomique exceptionnelle" dans le PLU. Plusieurs exploitations seront touchées, dont un certain nombre de maraîchers de Sélestat. Dominique Bauer a dénoncé ce projet, expliquant qu'"il ne reste plus que 5 à 6 maraîchers à Sélestat, qui ont de plus en plus de difficultés à trouver des terres à cultiver". François Xavier Kempf craint pour sa part un "risque très important d'érosion des terres" lors du passage de l'eau.

Pour Philippe Kempf et Fabien Digel "l'étude hydraulique a été réalisée sur la base du niveau actuel du cours d'eau. Mais le lit s'élève chaque année par apport de nouveaux sédiments. De ce fait, les inondations seront de plus en plus fréquentes et il y aura de plus en plus souvent de l'eau dans le polder". Marcel Bauer explique qu'"il n'est plus possible de curer les cours d'eau comme autrefois, mais la commune pourra les entretenir pour éviter que le niveau de gravier augmente de trop". Pour François Kohler, président local FDSEA, "il faudrait stocker ou réguler le débit de l'eau en amont, en utilisant par exemple des forêts comme espaces tampons".

 

Pour répondre à ces inquiétudes, Marcel Bauer a apporté certaines garanties. Lors d'une inondation provoquant l'utilisation du polder "s'il devait y avoir des dégâts sur les cultures et les terrains, la communauté de communes s'engage à indemniser les pertes de culture et la remise en état des terrains" a-t-il indiqué. "Une convention sera rédigée pour cela". "Le projet de polder n'est pas finalisé, des études complémentaires devront être réalisées et il devra ensuite être soumis à enquête publique". Le monde agricole a bien sûr demandé à être pleinement associé à ces différentes étapes.

Pour finir, François Kohler a interpellé la ville de Sélestat concernant la publication de l'étude hydraulique réalisée par le cabinet "Hydratech", concernant l'entretien des cours d'eau et "les actions à mettre en œuvre pour limiter les inondations de terres agricoles". Marie-Anne Koenig, adjointe au maire chargée de l'environnement a assuré les agriculteurs que "l'étude Hydratech et l'entretien des cours d'eau ne sont pas mis de coté par la ville", même si la réalisation des travaux est encore soumise à "des études complémentaires" et à une "déclaration d'intérêt général".

Philippe Osswald

 


Auteur : Philippe Osswald

Retour à la page d'accueil Contacts Glossaires Haut de page Page précédente Page Suivante Imprimer