Sécheresse 2003
Calamités agricoles : mode d'emploi
La procédure "calamités agricoles" permet aux
agriculteurs de présenter des dossiers pour accéder à une
indemnisation très partielle des pertes subies, ainsi qu'à des
prêts bancaires à taux bonifiés. Un même dossier,
permet d'accéder à ces deux dispositifs.
La procédure calamités agricoles, mise en place par la DDAF, est
prévue pour aider les agriculteurs à faire face à une situation
inhabituellement grave. Elle permet d'indemniser une (petite) partie des pertes
subies par les exploitants, ainsi que d'accéder à des prêts
bancaires à taux bonifiés.
Jusqu'à présent, le Bas Rhin a obtenu la reconnaissance au titre
des calamités agricoles pour les surfaces fourragères (herbe,
foin, maïs ensilage...) ainsi que pour les pertes sur les céréales
à paille et le colza.
La demande de reconnaissance pour les autres productions sera examinée
le 18 novembre par le ministère de l'agriculture. Celle-ci concerne le
maïs grain, les betteraves, le tabac, le houblon, les choux, les légumes,
l'ail, les échalotes, les oignons, les pommes, les petits fruits, les
fraises, les framboises, les quetsches, les mirabelles, les cerises, les asperges,
le miel et les sapins de Noël. Le maïs grain irrigué n'est
pas éligible puisque le rendement n'a que peu baissé. Les calamités
agricoles ne permettent en effet d'indemniser que les pertes de production,
et donc pas les charges supplémentaires auxquelles les agriculteurs ont
du faire face cette année.
Des critères à respecter
Tout exploitant qui a subi des pertes de culture, liées à la
sécheresse de cet été, a la possibilité de présenter
un dossier afin de demander une indemnisation de ces pertes et/ou la possibilité
d'accéder à des prêts à taux bonifiés.
Néanmoins, pour que les pertes déclarées par les agriculteurs
soient éligibles à une aide au titre des calamités agricoles,
plusieurs conditions doivent être remplies :
- Il faut que le département du Bas-Rhin ait été reconnu
par la commission nationale des calamités pour les cultures en question
- Il faut avoir au moins 27% de pertes pour la production concernée
(25% pour accéder aux prêts bonifiés)
- Il faut avoir au moins 14% de perte sur la production brute de l'exploitation
(12% pour accéder aux prêts bonifiés)
- Il faut avoir souscrit au moins une assurance incendie.
Ces ratios sont calculés sur une base théorique, à partir
des assolements et des effectifs animaux au 1er avril 2003, ainsi que des valeurs
monétaires provenant d'un barème départemental établi
spécifiquement dans le cadre des calamités agricoles pour chaque
production (cultures, animaux d'élevage). L'agriculteur doit donc déclarer
ses surfaces, ses effectifs animaux et un taux de perte pour chaque culture
touchée par la sécheresse. A partir de ces éléments,
l'administration effectue un calcul théorique pour évaluer si
l'exploitant satisfait aux critères.
Pour les cultures fourragères, le taux de perte a été
établi de manière forfaitaire pour l'ensemble des surfaces. Il
s'élève à 60 % pour les surfaces en herbe (75 % en zone
de montagne) et à 40 % pour les surfaces en maïs ensilage.
La plupart des éleveurs ont donc intérêt à présenter
un dossier. En effet, étant donné les pertes importantes sur les
surfaces fourragères qui sont systématiquement supérieures
à 27 %, il leur suffit d'atteindre les 14 % de perte par rapport au revenu
brut de l'exploitation pour accéder au dispositif.
Par contre, pour les autres cultures, le taux de perte doit correspondre à
une perte réelle par rapport à la moyenne des livraisons 2000
– 2002. Sur les cultures bénéficiant de paiements compensatoires
PAC, il faut largement dépasser 27 % de perte de rendement pour atteindre
27% de perte de revenu brut, étant donné que la prime compensatoire
PAC ne varie pas. Ainsi, il faut quasiment 39% de baisse de rendement
sur le blé ou le maïs pour pouvoir demander une indemnisation sur
les pertes de ces cultures. Néanmoins, une baisse plus faible
est tout de même comptabilisée pour le calcul de la perte sur le
revenu de l'exploitation (pour atteindre les 14% sur l'ensemble de l'exploitation).
Pour savoir si vous vous approchez de ces valeurs, vous pouvez faire le calcul
vous-même, à
l'aide du tableau ci-joint qui reprend les montants du barème
départemental. Pour cela, il suffit de remplir la première colonne
avec votre assolement et vos effectifs animaux (sur la base de l'inventaire
IPG au 1er avril), puis d'effectuer les calculs colonne par colonne pour aboutir
aux fameux ratios. Cela vous permet ainsi d'estimer si cela vaut la peine de
présenter un dossier au titre des calamités pour votre exploitation.
En cas de doute, notamment si vous êtes proches (à 2% près)
de ces seuils, nous vous conseillons de prendre contact avec un technicien de
l'ADAR ou de la FDSEA.
Comment remplir le dossier
Les dossiers permettant de faire la demande sont disponibles dans les ADAR.
La DDAF en fera prochainement parvenir aux éleveurs du département.
D'autre part, la FDSEA en distribuera lors de ses habituelles réunions
dans les cantons, au cours du mois de novembre, réunions qui permettront
également d'expliquer comment ils doivent être remplis.
Le dossier à remplir par les agriculteurs comprend :
- 1 fiche descriptive de l'exploitation sur laquelle il faut déclarer
son assolement 2003, ses effectifs animaux sur la base de l'inventaire au
1er avril 2003, et le taux de perte constaté sur les différentes
cultures. Un petit cadre sur la première page doit être complété
par la mairie. Ce formulaire est relativement ancien et n'a pas été
mis à jour depuis plusieurs années. De ce fait, de nombreux
points n'ont pas besoin d'être renseignés. Il faut penser à
:
- cocher les cases "demande d'indemnisation" et "demande
de prêt spécial" en haut du formulaire
- faire figurer votre numéro PACAGE sur la première page
(en dessous de vos coordonnées)
- Le cadre "procédure indemnisation" (page 1) doit être
complété en y inscrivant la date d'inscription en mairie,
le maire doit le signer
- Les effectifs animaux (page 2) sont ceux au 1er avril 2003.
- Les surfaces (page 3) doivent correspondre exactement aux surfaces
déclarées à la PAC (les cultures non prévues
sur le formulaire peuvent être ajoutées).
- Déclarer les dommages par culture, avec les îlots concernés
et le % global de perte pour chaque production (page 4).
- Signer au bas de la dernière page (pour les GAEC, tous les associés
doivent signer).
- 1 récépissé d'inscription en mairie qui reprend
les éléments de la dernière page de la fiche descriptive.
Il doit être daté et signé par le maire. Une partie des
éléments de la page 4 de la fiche descriptive de l'exploitation
doit y être recopiée et un double doit être conservé
par la mairie.
- 1 attestation d'assurance (au minimum assurance incendie couvrant
les bâtiments d'exploitation).
- Les agriculteurs assurés chez Groupama n'ont pas besoin
de la fournir car l'assureur s'est directement mis en contact avec la
DDA.
- Par contre, les agriculteurs assurés ailleurs doivent demander
une attestation à leur assureur. Celui-ci doit alors remplir le
formulaire bleu "attestation d'assurance incendie-tempête"
ou rédiger lui-même une attestation. Dans ce cas, l'attestation
doit obligatoirement comporter les éléments suivants : objet
de la garantie, date d'effet et durée du contrat, attestation comme
quoi l'agriculteur est à jour de cotisation.
- Si certaines cultures sont assurées pour les dégâts
de grêle, il faut également fournir une attestation séparée,
spécifiant, en plus des éléments cités précédemment,
le montant garanti par le contrat.
- Un RIB à joindre au dossier.
Le dossier rempli doit être renvoyé rapidement à la DDA.
Bien que les formulaires disponibles dans les mairies stipulent que les déclarations
des agriculteurs doivent être faites dans un délai de dix jours
après la publication de l'arrêté de calamité agricole,
cette disposition ne s'applique pas à la procédure simplifiée
mise en place pour la sécheresse. De ce fait, les agriculteurs ne sont
pour l'instant pas soumis à un délai particulier pour remplir
leur dossier calamités mais nous vous encourageons à le faire
rapidement.
Les prêts calamités
Des prêts à taux bonifiés sont accordés par les
banques, sur la base du dossier de demande d'indemnisation pour les calamités
agricoles. Les critères d'accès sont un peu plus souples (25%
de perte sur une culture et 12% de perte de revenu brut sur l'exploitation,
moins de 23 000 € de revenus non agricoles).
Les prêts sont accordés pour perte de récolte, aux conditions
suivantes :
- 2,5 % d'intérêt sur 4 ans
- 1,5 % d'intérêt sur 7 ans pour les jeunes agriculteurs et
récents investisseurs (PAM en cours)
- Le montant du prêt est égal au montant des pertes subies moins
8% du produit total de l'exploitation
- Le montant maximum accordé est de 15 300 € par exploitant (les
GAEC bénéficient de la transparence).
Des prêts à des conditions similaires sont également accessibles
pour perte de fonds (jeunes plants de vigne par exemple)
Des prêts de consolidation ainsi qu'un fonds d'allégement des
charges sont également prévus pour les exploitations endettées
(lorsque le service de la dette représente plus de 50% de l'Excédent
Brut d'Exploitation), pour prendre en charge les échéances de
prêts.
L'ensemble de ces prêts est accessible à condition d'avoir rempli
un dossier de demande au titre des calamités, et de l'avoir renvoyé
à la DDA. La demande de prêt est à faire ensuite auprès
de votre banquier qui se mettra en relation avec la DDA.
Philippe OSSWALD