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FDSEA du Bas-Rhin

  8/18/2003
  Les cultures mises à mal par la canicule


Section céréales FDSEA - JA

Les cultures mises à mal par la canicule

Après les réunions des sections lait et viande bovine, la FDSEA a poursuivi ses réunions d'information sur la réforme de la Pac avec les producteurs de céréales. Au-delà de cette réforme dont l'application n'est pas immédiate mais source d'interrogation pour les agriculteurs, c'est la sécheresse et ses conséquences sur les cultures qui inquiètent le plus les agriculteurs.

Après un déficit marqué de pluviométrie depuis le printemps, c'est au tour des températures de grimper dans la zone rouge. Et visiblement la canicule a de quoi inquiéter puisque dans le tour de table lancé par Christian Schneider, les producteurs de maïs se sont montrés soucieux. Pour Christian Schneider, responsable de la section céréales de la FDSEA, l'année 2003 était pourtant bien partie, après un hiver vigoureux et de bonnes conditions de préparation des sols et de semis. Mais après, en fonction du secteur et du type de sol, les conditions de croissance du maïs ont été plus ou moins perturbées. Dans les terres profondes et les zones ayant bénéficié de pluies orageuses, le potentiel était encore correct jusque il y a quelques jours. Mais aujourd'hui, les températures excessives dessèchent les plantes de maïs sur pieds, amputant chaque jour un peu plus le rendement final. Heureusement les parcelles irriguées réussiront à tirer leur épingle du jeu mais au prix de charges d'irrigation alourdies.

Revenant sur le dossier sécheresse et les aides demandées par la profession, Jean-Paul Bastian a rappelé que l'élevage a été le secteur le plus affecté par la sécheresse au départ en raison du manque de paille et de fourrage. "Depuis quelques jours, nous sommes inquiets pour toutes les productions" a poursuivi le président de la FDSEA. La profession s'est de suite mobilisée, obtenant l'autorisation de récolter les jachères et lançant dans la foulée l'opération paille. Près de 2.000 tonnes de paille ont néanmoins du être achetées hors département, notamment dans la Marne. Des mesures pour pallier aux difficultés de trésorerie ont également été prévues : possibilité de report des cotisations sociales, d'abattement sur les impôts fonciers non bâti. L'anticipation du versement des aides PAC a aussi été demandée. Elle a été accordée pour les aides animales et le sera probablement pour les aides végétales à la surface. S'agissant enfin de la procédure calamités agricoles "nous avons demandé que l'ensemble du département soit classé et qu'aucune production ne soit exclue" a précisé Jean-Paul Bastian.

Reconstituer les stocks de fourrages : une priorité
Compte tenu de la baisse de rendement des fourrages et de la nécessité de recours anticipé aux stocks normalement destinés pour l'hiver, il est important que chaque éleveur prévoie suffisamment de stocks pour faire face à ses besoins.
Vu la précocité des ensilages, nous encourageons tous les éleveurs n'ayant pas suffisamment de fourrage sur leur exploitation à s'adresser de suite aux agriculteurs voisins pour acheter le fourrage manquant.
Il est en effet préférable de trouver dès à présent une solution de proximité et ne pas reporter à cet hiver le problème de l'approvisionnement en fourrages manquants.
Si une solution de proximité n'est pas envisageable, nous vous rappelons que vous pouvez bénéficier d'une aide au transport des fourrages.

 

Le marché en situation d'attente

La situation du marché des céréales a été évoquée par Eugène Schaeffer. Alors que tout le monde tablait sur une récolte moyenne pour 2003, un peu inférieure à la campagne précédente, toutes les estimations ont ensuite été revues à la baisse. "La sécheresse sévit sur l'ensemble de l'Europe, même dans les pays de l'Est - Hongrie, Ukraine - qui après avoir largement exporté ces dernières années vont devoir importer cette année. Mais une très belle récolte est annoncée aux Etats-Unis," a expliqué Eugène Schaeffer. Aujourd'hui le marché européen est en situation d'attente. Si l'Europe importe peu de céréales, les prix vont être élevés. Mais la Commission, européenne ne souhaite pas une flambée des cours. Les prix des marchés dépendront donc des orientations que prendra la Commission. Pour Christian Schneider, il serait normal que le prix des céréales grimpe cette année. "Cela ferait du bien à la trésorerie des exploitations d'autant plus que ce n'est pas les prix des produits agricoles qui risque de créer de l'inflation" a estimé le responsable de la section céréales.
Comme si la sécheresse ne suffisait pas voilà aussi que la chrysomèle, insecte ravageur du maïs a fait son apparition en Alsace. Découvert fin juillet à proximité de l'aéroport de Mulhouse, cet insecte inquiète les agriculteurs. Dans des régions comme l'Alsace où la culture du maïs est incontournable, les dégâts causés par cet insecte dont les larves détruisent les racines de la plante peuvent être considérables. En outre les méthodes de lutte contre cet insecte sont très contraignantes (obligation de rotation des cultures et lutte insecticide). Vigilance donc pour l'avenir...

Ne plus rien céder à l'OMC

La réforme de la PAC actée le 26 juin dernier à Bruxelles a fait l'objet d'un débat au cours de la seconde partie de la soirée. Jean-Paul Bastian a brièvement rappelé l'historique ce cette réforme. Le syndicalisme avait une position dure contre toute réforme car il ne souhaitait pas de réforme de la PAC avant les discussions sur l'Organisation Mondiale du Commerce de Cancun en septembre 2003. Les autorités françaises partageaient ce point de vue au départ, mais elles sont rentrées dans les négociations ensuite pour ne pas se retrouver complètement isolées. Aujourd'hui alors que la PAC vient d'être réformée il est primordial que l'Europe défendent ces nouvelles orientations et ne cède plus rien à l'OMC a insisté Jean-Paul Bastian. S'agissant du budget agricole, il a été préservé, même si plusieurs pays avaient justement souhaité cette réforme pour revoir à la baisse leur contribution.

En ce qui concerne les organisations communes de marché, il n'y aura pas de baisse supplémentaire du prix d'intervention des céréales et les majorations mensuelles sont maintenues pour moitié. Les deux grands autres axes de la réforme sont le découplage des aides et la modulation. Cette dernière devient obligatoire dans tous les pays et non plus seulement appliquée en France comme par le passé. Le niveau de la modulation sera linéaire : 3 % des aides au-delà de 5000 € en 2005, 4 % en 2006 et 5 % ensuite. Cette modulation européenne est à ce titre plus juste, mais la contribution du département sera plus importante car elle touchera toutes les exploitations percevant plus de 500 € d'aide. "Ce à quoi il faudra veiller, c'est l'utilisation de l'argent issu de la modulation et s'assurer qu'il reste bien aux agriculteurs" a expliqué le président de la FDSEA.

Préserver l'enveloppe départementale

Enfin le plus grand changement concerne le découplage des aides. Lorsque le découplage sera effectif -sa mise en place est prévue entre 2005 et 2007- les aides versées aux exploitations ne seront plus liées au type de production (maïs, céréales à paille ou oléagineux) mais il s'agira d'une aide unique à l'exploitation calculée sur la base de références historiques 2000-2002.
En réalité pour les céréales les aides étaient déjà partiellement découplées puisque leur niveau était indépendant du rendement réel de l'exploitation. Lors des négociations, la France était opposée au découplage total et a obtenu la possibilité de découplage partiel. Ainsi 75 % des aides céréales seront probablement découplées et 25 % resteront couplées. "Le grand enjeu pour notre département, c'est le montant des aides" a insisté Jean-Paul Bastian. En effet le nouveau règlement prévoit la possibilité de modifier la régionalisation des aides. Le Bas-Rhin avec des rendements de référence élevés aurait beaucoup à y perdre. Le président de la FDSEA s'est néanmoins montré optimiste car le débat sur la régionalisation portera probablement seulement sur la part des 25 % qui reste couplée. "Notre demande, c'est qu'on ne touche pas à l'enveloppe globale départementale. C'est là-dessus que porteront les discussions à venir" a conclu Jean-Paul Bastian tout en rassurant les participants sur les craintes de complications administratives.

La production céréalière dans le département
Philippe Wolff a présenté lors de cette soirée quelques chiffres clés illustrant le poids des grandes cultures dans l'agriculture départementale. Les productions végétales représentent 71 % des productions départementales et les céréales 32 % des productions végétales. Au cours des 10 dernières années, les productions animales se sont stabilisées alors que les productions végétales ont progressé dans le département. Sur un total de 139.000 ha de terres arables dans le Bas-Rhin, les céréales occupent 103.000 ha dont 76.000 ha de maïs grain.

Joseph Behr



Source : FNSEA
Theme : Autre

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