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    Chasse & dégâts de gibier
 
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FDSEA du Bas-Rhin

  5/25/2005
  Concilier agriculture et chasse - Editorial de Marc Moser


Concilier agriculture et chasse
 
par Marc Moser, vice-président de la FDSEA et responsable du groupe chasse
 
Comme à pareille époque chaque année, bon nombre d'agriculteurs sont confrontés aux dégâts de sangliers sur les semis de maïs. La période des semis de maïs et les semaines qui suivent sont en effet particulièrement sensibles et il est normal que des dégâts aient lieu par endroit, notamment dans les secteurs enclavés dans la forêt.

Ce qui en revanche est bien moins normal, c'est qu'un nombre croissant d'agriculteurs soit victime de  ces dégâts. En effet des communes du département jusqu'alors épargnées par le phénomène ont été confrontées cette année pour la première fois à d'importants dégâts. Ce n'est pas bon signe. Cela tend à montrer d'une part que le cheptel de sangliers déjà en surnombre ne diminue pas, au contraire et que d'autre part certains locataires de chasse n'en ont manifestement que faire des intérêts agricoles. Les statistiques des dégâts observés dans le département sont d'ailleurs très parlantes. Jusque dans les années 2000, les surfaces agricoles endommagées s'élevaient en moyenne à 700-800 ha par an, ce qui est déjà beaucoup. Depuis 2001, le niveau des dégâts dépasse régulièrement les 1000 à 1200 ha, celui-ci a même atteint quasiment 1600 ha en 2002 !

Compte tenu de l'importance des dégâts observés dans les semis de maïs, il est à craindre que ce niveau record soit malheureusement franchi en 2005. Certains agriculteurs ont en effet ressemé une fois, deux fois voire trois fois leur maïs et celui-ci a systématiquement été ramassé par les sangliers. A ce stade, il est clair que la chasse, qui rappelons-le est un hobby, n'est plus conciliable avec l'activité agricole. Il est donc urgent de réagir.
 
Seules des mesures fortes obligeant les chasseurs à sortir régulièrement sur le terrain et tirer davantage de sangliers permettront d'inverser cette tendance. Nous demandons à l'administration et aux maires des communes concernées de tout mettre en œuvre pour ordonner des battues administratives sur chaque lot de chasse où le locataire est défaillant.
 
A la fin de l'été débutera la procédure de location des chasses communales pour la prochaine période allant de février 2006 à février 2015. Cette échéance doit être mise à profit  pour mettre au point les choses qui ne tournent pas rond. Lorsque le locataire sortant ne gère pas correctement sa chasse et ne fait pas grand-chose pour réduire le nombre de sangliers et par conséquent les dégâts aux cultures, il faut changer de locataire à l'occasion de ces adjudications.

La FDSEA a d'ailleurs dans cet esprit introduit dans le nouveau cahier des charges la possibilité pour les maires de dénoncer le bail de chasse si le locataire reste défaillant dans la gestion des animaux nuisibles après plusieurs mises en demeure. Par ailleurs, il est important de savoir que le non respect de l'obligation de destruction des animaux classés nuisibles - dont le sanglier fait évidemment partie - entraînant des dégâts aux cultures, est un motif pour refuser la candidature d'un chasseur à la location de la chasse.
 
Outre les dégâts sur le maïs et les céréales, les dégâts occasionnés sur les prairies posent aussi de sérieux problèmes aux agriculteurs. Bien que les surfaces en prairies endommagées par les sangliers soient en baisse, il s'agit d'un réel casse-tête pour les agriculteurs concernés car la remise en état est délicate et les conséquences des dégâts s'étalent sur plusieurs années.
 
Enfin alors que les surfaces endommagées par les sangliers sont en croissance, voilà qu'un autre animal a décidé de s'en prendre aux cultures. Il s'agit du corbeau freux. Les dégâts qu'il occasionne ont considérablement augmenté depuis l'année dernière reflétant là aussi, comme pour les sangliers, une densité excessive de la population. La FDSEA a obtenu que le corbeau freux soit classé nuisible dans toutes les communes du département hors montagne. Grâce à ce classement il est possible de mieux réguler la population des corbeaux freux. Pour ce faire nous invitons les agriculteurs victimes de dégâts à se rapprocher de leur locataire de chasse, pour leur demander de réguler la population de cet oiseau nuisible - cela fait partie de leurs obligations - ou de contacter l'association des piégeurs agréés. Vous retrouverez dans ce journal en page .... un dossier faisant le point sur les modes d'indemnisation des dégâts de gibier et sur la procédure de régulation des corbeaux freux.
Compte tenu de l'importance et de la sensibilité de l'ensemble de ces sujets liés à la chasse, nous organiserons aussi prochainement une réunion de notre groupe chasse dont vous trouverez une invitation dans le prochain journal.

Source : FNSEA
Theme : Autre

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