FDSEA
Conséquences de la peste porcine sur
sangliers
Le cas de
peste porcine sur sanglier sauvage découvert dans le département du Bas-Rhin a
des conséquences non négligeables à la fois sur la pratique de la chasse mais
représente aussi une véritable épée de Damoclès sur les exploitations porcines.
Suite à la découverte d'un cas de peste porcine sur
sanglier dans le canton de Wissembourg, deux arrêtés préfectoraux datés du 9
juillet 2003 et du 19 septembre 2003 fixent les modalités du plan de lutte
contre la peste porcine classique chez les sangliers sauvages du
Bas-Rhin.
Zone infectée
et zone d'observation
Le Préfet a défini après avoir réuni un comité
départemental de lutte contre la peste porcine, un périmètre d'intervention comprenant une zone infectée et une
zone d'observation.
La zone infectée par le virus de la peste porcine est la
zone susceptible d'être contaminée rapidement, à partir de la commune où un cas
a été confirmé sur un sanglier sauvage. Elle est délimitée par des barrières
naturelles (rivière...) et/ou artificielles (autoroute, ...) capables d'arrêter la
diffusion du virus.
En l'espèce, la zone infectée est délimitée au Nord par la
frontière allemande entre Wissembourg et Hirschthal, à l'est par la route
départementale D264 qui va de Wissembourg à Soultz-sous-Forêts, au sud par la
route départementale D28 qui va de Soultz-sous-Forêts à Woerth, à l'ouest par la
route départementale D27 jusque Lembach puis la D3 et la D925 jusque
Hirschthal.
Une zone d'observation de propagation du virus de la peste
porcine est définie comme une bande de protection de 10 à 25 km autour de la
zone infectée. Cette zone est en fait délimitée par l'autoroute A4 et le canal
de la Marne au Rhin et comprend l'ensemble des territoires communaux situés au
nord et à l'est de l'autoroute A4
limités au sud par le canal de Souffleweyersheim jusqu'au
Rhin.
Mesures
cynégétiques
1)
Dans la zone infectée et dans la
zone d'observation
Dans ces deux périmètres les chasseurs sont chargés du tir des sangliers et du
prélèvement des échantillons nécessaires au suivi épidémiologique de la peste
porcine classique. Le tir a lieu uniquement à l'affût. Le tir en battue et toute
action collective sont en principe interdits. Par contre les chasseurs doivent
atteindre un objectif minimum de tir défini après recommandation du comité
départemental de lutte contre la peste porcine classique des
sangliers.
2)
La zone
d'infection
En ce qui concerne plus particulièrement la zone infectée,
la consommation et la commercialisation des carcasses de sangliers abattus est
interdite, les cadavres des sangliers sont détruits à l'équarrissage. Et
l'enfouissement sur place des cadavres est strictement interdit.
3)
la zone
d'observation
Dans la zone d'observation, les sangliers abattus peuvent
être commercialisés et utilisés pour la consommation humaine, librement dans et
hors de la zone d'observation, après un test.
Par ailleurs tout sanglier trouvé mort doit être
déclaré
Mais comme la situation épidémiologique de la peste porcine
classique du sanglier manque de clarté, l'administration a jugé nécessaire
d'analyser un plus grand nombre d'animaux dans la zone d'observation. Aussi le
préfet a exceptionnellement ordonné que des battues soient exécutées dans la
zone d'observation le week-end du 11 et 12 octobre
prochain.
Marc Moser, le Président du groupe chasse de la FDSEA,
explique " qu'après le foyer
découvert en Moselle en 2002, ce cas de peste porcine était à prévoir, il est
aujourd'hui important de tout mettre en œuvre pour réduire la surpopulation des
sangliers dans notre département. Après les innombrables dégâts aux
cultures ce sont désormais d'importants risques sanitaires qui pèsent sur nos
exploitations porcines. Cette situation ne doit pas être prise à la
légère. "
En outre, d'une manière générale la FDSEA insiste fortement
pour que le tir de nuit autorisé par la loi et par arrêté ministériel soit
rapidement mis en oeuvre dans le département et que des battues administratives
soient ordonnées dans les secteurs les plus touchés par les dégâts de sangliers
hors zone d'observation et zone d'infection.
Risques et
contraintes pour les élevages de porc
Un arrêté
ministériel impose des mesures de contrôles dans les exploitations situées dans
la zone dite " Japon " qui correspond en fait à la zone
d'observation.
Le Japon
étant un grand importateur de viande porcine, et pour ne pas pénaliser le
commerce du reste de l'hexagone vers ce pays, il a été décidé de contrôler d'une
façon stricte tous les élevages situés dans le Bas-Rhin. Les contrôles de ces
élevages imposent des visites de vétérinaires pour toute sortie d'animaux ainsi
que des contrôles sérologiques pour les animaux destinés à l'abattage.
Jean-Michel
Fritsch, le Président de la section porcine de la FDSEA déplore les contraintes
pour les élevages et explique "
qu'une contamination risquerait d'avoir des conséquences dramatiques non
seulement pour l'éleveur mais pour toute la filière porcine locale. "
Le risque
est d'autant plus important pour les élevages en plein air, qui en plus des
contraintes précitées sont obligés d'installer une triple clôture pour protéger
leur élevage d'un risque de contamination par un sanglier porteur du virus.
Pierre-Paul
Ritleng et Pascale Wilhelm