FDSEA – JA – groupe chasse
Dégâts de sangliers : ça
suffit !
Devant l'ampleur des dégâts de sangliers,
les JA et la FDSEA ont tenu à mettre autour de la table,
agriculteurs, représentants de l'administration et du Syndicat général des
chasseurs en forêt, afin de trouver des solutions. Les agriculteurs vont se
mobiliser lors des prochaines locations des chasses communales pour faire
pression sur les chasseurs défaillants.
" Depuis 2000, la
surpopulation et les dégâts de sangliers sont devenus insupportables pour les
agriculteurs. En effet les dégâts dépassent régulièrement les 1200 hectares avec
une pointe en 2002 à 1600 hectares. Après une diminution en 2003, en raison de
circonstances climatiques, en 2004, 1285 hectares ont été ravagés. "
La crainte
des agriculteurs est que le pic de 2002 soit dépassé cette année. En effet,
malgré une diminution des dégâts sur les prairies, la situation est
catastrophique sur les maïs. D'ores et déjà, les niveaux de dégâts enregistrés
en 2004 à la même période ont été dépassés.
" C'est
d'autant plus inquiétant que les sangliers s'attaquent aux blés et la période
laiteuse des céréales est traditionnellement critique ", continue Marc
Moser.
Le Directeur
du Syndicat des chasseurs, Pascal Perrotey-Dorridant a fait le point sur les
zones où les dégâts sont les plus importants. Ce sont notamment les secteurs d'Eschbourg, Vendenheim, La Wantzenau, Seltz,
Schweighouse-sur-Moder, Diemeringen, Bettwiller, Illkirch, Weitbruch, et de
Lauterbourg.
Certains
agriculteurs ont par exemple en vain réensemencés leurs parcelles à trois
reprises. Philippe Quirin, le responsable chasse des JA, a aussi rappelé les
difficultés de remise en état des prairies.
Pour Joseph
Behr, le directeur de la
FDSEA, " il est
clair que certains chasseurs ne jouent pas le jeu et ne régulent pas les
nuisibles sur leurs lots de chasse, alors qu'ils ont l'obligation réglementaire
de le faire ! "
Les dégâts
génèrent aussi nombre de questions incidentes, comme la prise en charge des
diminutions de rendements du fait des ressemis tardifs, les contrôles PAC
lorsque la parcelle a été complètement dévastée... Sur ces questions les
responsables du syndicat des chasseurs ont assuré le monde agricole de leur
soutien.
Mise en place de battues
administratives
" Sur
ce dossier des dégâts de sangliers, l'administration souhaite responsabiliser
d'avantage les Maires " commente Philippe Wolff, le responsable chasse de
la DDAF. " Les Maires ont le
pouvoir d'ordonner des chasses particulières lorsque le chasseur est
déficient. " Mais nous avons constaté qu'à l'approche des locations de
chasses communales, nombre de maires ne souhaitent pas intervenir
directement, " remarque Marc Moser. Philippe Wolff a affirmé que la DDAF
pallierait alors la carence des élus locaux et ordonnerait, dès septembre, des
battues administratives.
Certains
agriculteurs ont également sensibilisé l'administration à la problématique des
réserves naturelles où l'agrainage dissuasif et la chasse sont interdits.
" Cette situation est intolérable ! ", argumente Gérard Schwein
de Ohnenheim. " Si on veut mettre en place de telles réserves, il faut les
clôturer et ne pas imposer les conséquences dommageables aux
agriculteurs ! " a lancé le syndicaliste. L'ensemble des agriculteurs
est d'avis qu'il faut changer la réglementation existante sur les réserves qui
est en contradiction totale avec l'activité agricole.
Le chasseur défaillant encourt des
pénalités financières
Jean-Paul
Florentin, le président du Syndicat des chasseurs, a rappelé que conformément à
la loi sur le développement des territoires ruraux, le syndicat général des
chasseurs en forêt va disparaître et être remplacé par le fonds départemental
d'indemnisation des dégâts de sangliers. Ce fonds aura pour membre la totalité
des chasseurs, en plaine et en forêt. Comme le souligne Jean-Paul Florentin,
" l'aspect le plus intéressant de cette loi c'est que nous pourrons
sanctionner financièrement les chasseurs qui ne font pas leur travail. En effet,
nous pourrons augmenter la contribution financière des chasseurs qui ont
beaucoup de dégâts ! "
" Le
monde agricole compte sur la nouvelle loi rurale, mais aussi sur une implication
forte des chasseurs et de l'administration pour enrayer cette spirale
infernale ! " conclut Marc Moser.
Hausse des dégâts de corbeaux freux et de
gibiers rouges
Depuis deux
ans, les corbeaux freux font aussi des ravages importants aux cultures
agricoles. En 2004, grâce au travail d'enquête réalisé par la FDSEA, la chambre
d'agriculture et les agriculteurs, nous avons réussi à classer cet animal comme
" nuisible " sur plus de 250 communes. Dans ces communes, il est donc
possible de détruire le corbeau, même pendant la période de fermeture de la
chasse.
Philippe
Wolff a expliqué que " le piégeage des corbeaux fonctionne bien. Les
corbetières sont des pièges de premières catégories, il n'est pas nécessaire
d'être piégeur agréé pour les mettre en place, mais il faut tout de même
connaître certains rudiments. Les spécialistes dans ce domaine sont les piégeurs
agréés qui sont basé 28, rue de la Liberté à Kolbsheim. "
Les dégâts
de gibiers rouges (chevreuil, faisan, lièvres,...) sont aussi en hausse. Sur ce
point Joseph Behr a rappelé que " le locataire de chasse est
personnellement responsable de ces dégâts, et que la non indemnisation des
dommages de gibiers rouges est un motif de non agrément de la candidature d'un
chasseurs à la location de la chasse. "
Mobilisation pour les prochaines locations
de chasse
" Le
grand chantier pour la fin d'année sera les prochaines adjudications des chasses
communales. Elles repartiront pour neuf ans à compter du 2 février 2006, "
commente Marc Moser.
Dans les
secteurs à problème, pour que ne soit pas reconduit des locataires défaillants,
les responsables agricoles locaux auront un rôle primordial à jouer, car ils
siègent au sein de la commission consultative communale de la chasse.
De plus, la
profession agricole a obtenu un certain nombre d'avancée dans le cahier des
charges des chasses communales, visant par exemple à refuser l'agrément à un
chasseur qui ne régule pas les nuisibles, ou qui n'est pas à jour de ses
cotisations ou indemnité (comme l'indemnité pour dégâts de gibiers rouges.)
D'autres moyens de pressions indirects vont aussi être creusés par la
FDSEA comme la réserve de la chasse.
Pascale Wilhelm