Comment
obtenir l’indemnisation
des dégâts de gibier aux cultures ?
Le régime d’indemnisation des dégâts de gibiers aux cultures
dans le Bas-Rhin dépend du régime local, tout comme dans les départements de la
Moselle et du Haut-Rhin. Le code civil local précise que « si un fonds sur
lequel le droit de chasse n’appartient pas au propriétaire a été endommagé, le
titulaire du droit de chasse est obligé à réparation du dommage envers la
personne lésée ».
Il convient néanmoins de distinguer les dégâts occasionnés
par les sangliers de ceux commis par le gibier rouge (cerfs, daims,
chevreuils, faisans, lièvres et lapins).
L’indemnisation des dégâts de sangliers est en effet assurée
par le Syndicat des chasseurs en forêts alors que pour le gibier rouge,
c’est le titulaire de la chasse au moment de la réclamation qui doit
procéder à la réparation des dégâts.
Bien entendu l’indemnisation ne peut avoir lieu que sous
certaines conditions liées au lieu du dommage, aux biens endommagés ainsi qu’à
l’origine des dégâts. Les textes de la police de la chasse et des dégâts de
gibier prévoient en effet certains cas particuliers, tels que les dégâts aux
jardins et vergers , pour lesquels les conditions d’indemnisation sont plus
restrictives. Mais s’il est un point sur lequel il convient d’être très
prudent pour obtenir réparation, c’est la procédure de demande et d’expertise
des dégâts.
En effet certaines demandes d’indemnisation portées devant le
tribunal n’ont pas obtenu gain de cause pour le seul motif que la procédure de
demande de réparation n’a pas été respectée.
A. Les étapes de la procédure d’indemnisation des
dégâts de sangliers (gibier noir)
1. l’agriculteur adresse sa demande d’estimation des dégâts
(formulaire disponible en mairie ou directement auprès du syndicat des chasseurs
en forêts) dans le plus bref délai au siège du Syndicat des chasseurs en
forêts.
2. le syndicat des chasseurs en forêts transmet cette demande à
l’estimateur de la zone concernée pour procéder à une visite contradictoire sur
le terrain. Cette visite doit être effectuée en présence du demandeur ou de son
représentant ainsi que du délégué du Syndicat des chasseurs en forêt
(l’estimateur) ou de son représentant.
3. le compte-rendu d’estimation signé par les deux parties
précise la nature des dégâts, la surface endommagées et le rendement de la
parcelle.
4. en cas d’accord entre les 2 parties, le Syndicat des chasseurs
en forêts procède au versement du montant de l’indemnisation à l’agriculteur,
sur la base des prix fixés par la commission de conciliation
agriculteurs-chasseurs.
En cas de désaccord une contre expertise devra être
réalisée.
B. Les étapes de la procédure d’indemnisation des dégâts de
gibier rouge
1. Après constatation des dégâts, l’agriculteur doit
adresser une réclamation écrite au maire de la commune dont dépend le
terrain sur lequel les dégâts ont eu lieu.
2. Le maire convoque l’expert et les parties
intéressées (le locataire de chasse et l’agriculteur) pour se rendre sur les
lieux à une date déterminée. Cette convocation est à adresser aux parties par
lettre recommandée et doit obligatoirement porter la mention :
« en cas de non comparution il sera quand même procédé
à l’estimation et à l’évaluation des dégâts ».
Remarque : si le dommage ne peut être fixé avec
certitude qu’ultérieurement au moment de la récolte, la date de l’estimation
pourra être remise.
3. L’estimation et le procès-verbal
La présence du maire n’est pas obligatoire lors de
l’estimation. Il doit cependant autant que possible jouer un rôle de
conciliateur.
Si l’estimation débouche sur un accord, un procès-verbal de
conciliation sera établi.
Si les parties n’arrivent pas se mettre d’accord, un
procès-verbal de constatation et d’estimation des dégâts sera établi.
Le procès-verbal doit être établi par le maire, sur la base des
indications de l’estimateur, et contresigné par l’estimateur. Il doit préciser
notamment l’origine des dégâts, le pourcentage de perte de récolte et si
possible le chiffrage en francs. Ce procès verbal doit enfin être déposé à la
mairie dans un délai de 1 semaine après l’estimation.
En l’absence de contestation du procès-verbal dans les
délais, le procès-verbal devient définitif et la réparation doit avoir lieu.
Remarque : un estimateur doit être
nommé dans chaque commune au début de la période de location et pour cette
période. Pour cela le maire invite le Conseil municipal à délibérer sur la
désignation d’un estimateur. Le Conseil devra porter son choix sur une
personne résidant de manière permanente dans une commune voisine. Le maire
devra ensuite consulter les locataires de chasse pour accord.
Si la
majorité des locataires de chasse est d’accord, la personne en question est
nommée par le maire.
4. Le recours contre le
procès-verbal
Si le procès-verbal ne donne pas satisfaction, l’une des deux
parties peut former un recours judiciaire. Celui-ci est subordonné à une double
formalité :
- notification à la mairie par lettre recommandée en indiquant les motifs
dans un délai de 7 jours après le dépôt du procès-verbal à la mairie.
- porter la réclamation devant le Tribunal d’Instance dans les deux semaines
suivant l’opposition en mairie.
Il appartient à la partie contestataire de faire la preuve de
l’inexactitude du procès-verbal. Les frais de la procédure sont à charge de la
partie qui a tord.
5. La réparation
D’une manière générale les dégâts de gibier sur une chasse
communale sont à la charge de l’adjudicataire de cette chasse.
|
Pour tout complément d’information,
n’hésitez pas à contacter la FDSEA du
Bas-Rhin Espace Européen de l’Entreprise 2 rue de Rome 67309
SCHILTIGHEIM CEDEX Tél : 03-88-19-17-67 Fax :
03-88-19-17-68 E-Mail : webmaster@fdsea67.fr |
