FDSEA – Chasse
Les dégâts de sangliers sur prairies
explosent
Afin de pointer du doigt l'inquiétante
augmentation des dégâts de sangliers sur les prairies, la FDSEA a organisé une
rencontre à Volksberg en présence de l'administration et du Syndicat des
chasseurs.
Après une
accalmie en 2003 en raison des conditions climatiques exceptionnelles, les
prairies du département sont ravagées par les sangliers, depuis le début de l'hiver. Pour faire
le point sur cette situation mais aussi pour tenter de trouver rapidement
des solutions, la
FDSEA a organisé une
rencontre sur l'exploitation agricole de Pierre et Annette Will à Volksberg.
Pierre Will
dont l'exploitation est très touchée, a fait découvrir l'étendue des dégâts aux
représentants des chasseurs et à l'administration. L'exploitant a d'ailleurs
pris l'initiative de mettre en place des clôtures pour protéger ses cultures. " La situation est
catastrophique " commente Marc Moser, responsable chasse de la
FDSEA " il faut que des
mesures soient rapidement prises. En 2002 ce sont près de 1600 hectares qui ont
été ravagés dans le département, ce qui représente pas moins de 40 exploitations
qui sont totalement rayées de la carte. "
Les dégâts
sur les prairies sont très difficiles à vivre pour les agriculteurs car il n'est
pas aisé de remettre correctement les parcelles en état. Ces dégâts créent aussi
de nombreuses implications indirectes, comme la rémanence des dégâts d'une année
sur l'autre, les casses du matériel, la présence de terre dans les foins, ...
La situation
est d'autant plus critique que la peste porcine sur sanglier a été détectée dans
le nord du département. Outre les contraintes sur la pratique de la chasse, ce
virus fait peser d'énormes risques sur les exploitations porcines.
Aussi pour enrayer cette spirale mais également dans la
perspective des prochains semis de maïs, Marc Moser, a insisté pour que les
chasseurs fassent de réels efforts de tir et que des mesures urgentes soient
prises.
La population de
sangliers n'a pas diminué
Philippe
Wolff, le responsable chasse de la DDAF, explique avec dépit que " la population de sangliers sur le
département n'a pas diminué. " L'administration continuera donc à tout
mettre en œuvre pour réduire significativement cette population de
sangliers.
A ce titre,
il rappelle que la chasse est officiellement fermée jusqu'au 15 avril prochain.
Or jusqu'à cette date, le Préfet va prendre un arrêté exceptionnel
d'autorisation de tir de nuit pour les secteurs les plus dévastés du
département. Il précise aussi que des mises en demeure et des battues
administratives viendront sanctionner les locataires de chasse les plus
réticents à tirer.
Concernant
l'agrainage, l'arrêté de 1996 a récemment été modifié. Désormais l'agrainage est
autorisé en hiver (du 1er décembre au 15 mars) uniquement dans les massifs
forestiers de plus 100 hectares et en été durant la période sensible (du 16 mars
au 30 novembre), dans les massifs forestiers de plus de 25 hectares. En
l'occurrence aucun agrainage n'est possible à moins de 100 mètres de la lisière
de la forêt. L'administration sera particulièrement vigilante quant au respect
de ce nouveau dispositif et elle n'hésitera pas à poursuivre les
contrevenants.
Dans le même
sens, Philippe Wolff annonce aussi que le Préfet va reconduire l'arrêté
autorisant le tir des sangliers aux places d'agrainage et que le tir de nuit des
sangliers sera à nouveau généralisé pendant la période d'ouverture de la chasse
aux sangliers soit à partir du 15 avril prochain.
Jérôme de
Pourtalès, administrateur du Syndicat général des chasseurs en forêt, rappelle
que la vocation du syndicat est d'indemniser les dégâts de sangliers, mais aussi
de mener des actions de protection des cultures, actions dissuasives qui ont
déjà prouvée leur utilité.
Une indemnisation
plus juste
Les
estimations des dégâts de sangliers venant de reprendre, Joseph Behr, le
directeur de la FDSEA espère qu'elles se dérouleront dans de bonnes
conditions. " La profession sera particulièrement vigilante quant
à la justesse et l'impartialité de ces estimations. "
Par contre,
s'agissant des indemnisations des dégâts, les agriculteurs présents déplorent
les retards successifs dans les paiements. Cette situation est d'autant plus
inacceptable que suite à la sécheresse de 2003 les trésoreries des exploitations
sont souvent tendues.
Les
agriculteurs ont ensuite formulé diverses propositions qui mérites sans doute
réflexion : comme tenter de responsabiliser financièrement les locataires
de chasse qui ont le plus de dégâts, réformer la méthode du gré à gré dans la
location des baux de chasse, restreindre encore d'avantage la réglementation de
l'agrainage, confier la remise en état des parcelles à des entrepreneurs de
travaux...
Marc Moser
estime qu'il est primordial que les relations s'améliorent entre les
agriculteurs et le monde de la chasse. " C'est au niveau
local qu'il faut discuter, s'écouter et trouver des solutions. "
Le
Conseiller général Jean Mathia estime qu'il y a eu quelques avancées, comme
l'abrogation de l'interdiction de chasser le mercredi, l'autorisation de tirer
la nuit, mais la réglementation doit encore aller plus loin, et inciter les
chasseurs à tirer. Il constate aussi que dans certains secteurs les dégâts
prennent de telles proportions que cela risque de faire péricliter certaines
exploitations.
Il insiste
également sur l'importance de la concertation car il rappelle que " chasseurs et agriculteurs ont les mêmes intérêts,
l'un veut continuer à vivre de son métier et l'autre à exercer son loisir.
D'où l'importance de ces réunions sur le terrain pour renouer le dialogue entre
chasseurs et agriculteurs. "
Pascale Wilhelm