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FDSEA du Bas-Rhin

  4/6/2004
  Les dégâts de sangliers sur prairies explosent


FDSEA – Chasse

 

Les dégâts de sangliers sur prairies explosent

 

Afin de pointer du doigt l'inquiétante augmentation des dégâts de sangliers sur les prairies, la FDSEA a organisé une rencontre à Volksberg en présence de l'administration et du Syndicat des chasseurs.

 

Après une accalmie en 2003 en raison des conditions climatiques exceptionnelles, les prairies du département sont ravagées par les sangliers, depuis le  début de l'hiver. Pour faire le point sur cette situation mais aussi pour tenter de trouver rapidement des solutions, la FDSEA a organisé une rencontre sur l'exploitation agricole de Pierre et Annette Will à Volksberg.

 

Pierre Will dont l'exploitation est très touchée, a fait découvrir l'étendue des dégâts aux représentants des chasseurs et à l'administration. L'exploitant a d'ailleurs pris l'initiative de mettre en place des clôtures pour protéger ses cultures. " La situation est catastrophique " commente Marc Moser, responsable chasse de la FDSEA "  il faut que des mesures soient rapidement prises. En 2002 ce sont près de 1600 hectares qui ont été ravagés dans le département, ce qui représente pas moins de 40 exploitations qui sont totalement rayées de la carte. "

 

Les dégâts sur les prairies sont très difficiles à vivre pour les agriculteurs car il n'est pas aisé de remettre correctement les parcelles en état. Ces dégâts créent aussi de nombreuses implications indirectes, comme la rémanence des dégâts d'une année sur l'autre, les casses du matériel, la présence de terre dans les foins, ...

 

La situation est d'autant plus critique que la peste porcine sur sanglier a été détectée dans le nord du département. Outre les contraintes sur la pratique de la chasse, ce virus fait peser d'énormes risques sur les exploitations porcines.

 

Aussi pour enrayer cette spirale mais également dans la perspective des prochains semis de maïs, Marc Moser, a insisté pour que les chasseurs fassent de réels efforts de tir et que des mesures urgentes soient prises.

 

La population de sangliers n'a pas diminué

 

Philippe Wolff, le responsable chasse de la DDAF, explique avec dépit que " la population de sangliers sur le département n'a pas diminué. " L'administration continuera donc à tout mettre en œuvre pour réduire significativement cette population de sangliers.

 

A ce titre, il rappelle que la chasse est officiellement fermée jusqu'au 15 avril prochain. Or jusqu'à cette date, le Préfet va prendre un arrêté exceptionnel d'autorisation de tir de nuit pour les secteurs les plus dévastés du département. Il précise aussi que des mises en demeure et des battues administratives viendront sanctionner les locataires de chasse les plus réticents à tirer.

 

Concernant l'agrainage, l'arrêté de 1996 a récemment été modifié. Désormais l'agrainage est autorisé en hiver (du 1er décembre  au 15 mars) uniquement dans les massifs forestiers de plus 100 hectares et en été durant la période sensible (du 16 mars au 30 novembre), dans les massifs forestiers de plus de 25 hectares. En l'occurrence aucun agrainage n'est possible à moins de 100 mètres de la lisière de la forêt. L'administration sera particulièrement vigilante quant au respect de ce nouveau dispositif et elle n'hésitera pas à poursuivre les contrevenants.

 

Dans le même sens, Philippe Wolff annonce aussi que le Préfet va reconduire l'arrêté autorisant le tir des sangliers aux places d'agrainage et que le tir de nuit des sangliers sera à nouveau généralisé pendant la période d'ouverture de la chasse aux sangliers soit à partir du 15 avril prochain.

Jérôme de Pourtalès, administrateur du Syndicat général des chasseurs en forêt, rappelle que la vocation du syndicat est d'indemniser les dégâts de sangliers, mais aussi de mener des actions de protection des cultures, actions dissuasives qui ont déjà prouvée leur utilité.

 

Une indemnisation plus juste

 

Les estimations des dégâts de sangliers venant de reprendre, Joseph Behr, le directeur de la FDSEA espère qu'elles se dérouleront dans de bonnes conditions. " La profession sera particulièrement vigilante quant à la justesse et l'impartialité de ces estimations. "

Par contre, s'agissant des indemnisations des dégâts, les agriculteurs présents déplorent les retards successifs dans les paiements. Cette situation est d'autant plus inacceptable que suite à la sécheresse de 2003 les trésoreries des exploitations sont souvent tendues.

 

Les agriculteurs ont ensuite formulé diverses propositions qui mérites sans doute réflexion : comme tenter de responsabiliser financièrement les locataires de chasse qui ont le plus de dégâts, réformer la méthode du gré à gré dans la location des baux de chasse, restreindre encore d'avantage la réglementation de l'agrainage, confier la remise en état des parcelles à des entrepreneurs de travaux...

Marc Moser estime qu'il est primordial que les relations s'améliorent entre les agriculteurs et le monde de la chasse. " C'est au niveau local qu'il faut discuter, s'écouter et trouver des solutions. "

 

Le Conseiller général Jean Mathia estime qu'il y a eu quelques avancées, comme l'abrogation de l'interdiction de chasser le mercredi, l'autorisation de tirer la nuit, mais la réglementation doit encore aller plus loin, et inciter les chasseurs à tirer. Il constate aussi que dans certains secteurs les dégâts prennent de telles proportions que cela risque de faire péricliter certaines exploitations.

 

Il insiste également sur l'importance de la concertation car il rappelle que  " chasseurs et agriculteurs ont les mêmes intérêts, l'un veut continuer à vivre de son métier et l'autre à exercer son loisir.  D'où l'importance de ces réunions sur le terrain pour renouer le dialogue entre chasseurs et agriculteurs. "

 

                                                                                  Pascale Wilhelm


Source : FNSEA
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