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FDSEA du Bas-Rhin

  7/19/2004
  Les sangliers toujours en surnombre

Après une accalmie sur le front des dégâts de sangliers en 2003, ceux-ci augmentent à nouveau depuis l'automne dernier. De quoi inquiéter les agriculteurs concernés après une année difficile marquée par la sécheresse

Groupe chasse FDSEA : Les sangliers toujours en surnombre

 

Après une accalmie sur le front des dégâts de sangliers en 2003, ceux-ci augmentent à nouveau depuis l'automne dernier. De quoi inquiéter les agriculteurs concernés après une année difficile marquée par la sécheresse. 

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"La chasse, les dégâts de gibier et leur indemnisation est un dossier qui tient particulièrement à cœur à la FDSEA. Les agriculteurs préfèrent récolter le fruit de leur travail plutôt que de le voir détruit par les sangliers". Le ton de la soirée était donné. En lançant ainsi les débats, Denis Ramspacher a souhaité insister sur la nécessité absolue de réduire la population de sangliers en surnombre.

Marc Moser et Philippe Quirin, responsables du groupe chasse de la FDSEA et des JA ont abondé dans ce sens, précisant que dans les secteurs du département où la pression des dégâts était forte, la chasse ou plutôt la non chasse était devenue incompatible avec l'activité agricole.

Après 3 années de hausse des surfaces endommagées par les sangliers entre 1999 et 2002 (près de 1600 ha en 2002 contre 640 ha en 1999), celles-ci ont diminué de près de 35 % en 2003 pour atteindre un peu plus de 1000 ha. Si ces chiffres sont encourageants et traduisent une pression de tirs plus forte par les chasseurs en 2002 - 18000 sangliers tirés dans le département en 2002 contre 14 à 15000 les années précédentes - ils sont aussi le résultat des conditions climatiques exceptionnelles en 2003 qui ont contribué à limiter les dégâts. Durant l'hiver 2002/2003, les sangliers ont commis moins de dégâts en raison de la période prolongée durant laquelle les sols étaient gelés. Puis au moment des semis de maïs, période particulièrement sensible aux dégâts, les levées ont été très rapides. Enfin les blés et les maïs ont été récoltés avec près de 1 à 1,5 mois d'avance réduisant d'autant le risque de dégâts.

 

Moins de dégâts en 2003 mais plus de prairies endommagées en 2004

"Nous aurions aimé que cette baisse des dégâts se confirme cette année" a lancé Marc Moser. Mais les chiffres tendent à démontrer l'inverse. Les dégâts sur prairies commis durant l'hiver dernier sont en augmentation. 364 ha ont été recensés contre 283 ha un an plus tôt. De plus le nombre de prélèvements en 2003 est en baisse de quelque 4000 sangliers.

Sur ce point deux thèses s'opposent. Celle des chasseurs qui affirment que la population de sangliers dans le département est globalement en baisse, d'où les prélèvements inférieurs en 2003. Et celle des agriculteurs qui pensent que la population de sangliers n'a pas diminué puisque les dégâts sont au contraire à nouveau en hausse. Une chose est certaine, c'est que les sangliers demeurent en surnombre.

Jean-Paul Florentin, président du Syndicat des chasseurs a réaffirmé la volonté des chasseurs de réduire le nombre de sangliers tout en précisant qu'il faudra du temps car "il faut faire évoluer les mentalités et changer les habitudes qui existent". Pour cela " les chasseurs devront passer d'une logique privilégiant le tableau de chasse vers une logique de réelle maîtrise de la population".

De nombreux freins aux tirs ont été levés comme la suppression de l'interdiction de chasse le mercredi, ou encore la généralisation de la possibilité de tir de nuit demandée par la FDSEA depuis plusieurs années. "Dans les secteurs sensibles du département, nous souhaiterions que les chasseurs utilisent pleinement cette nouvelle possibilité" a insisté Marc Moser.

La peste porcine qui touche le nord du département apparaît en revanche comme un obstacle à la maîtrise de la population. Malgré les préconisations de tirs et le système d'indemnisation -60 € par carcasse - prévu dans la zone d'infection en raison de l'interdiction de commercialisation, il apparaît que la régulation des sangliers dans cette zone soit assez aléatoire.

D'autres points noirs ont été signalés comme les massifs forestiers de Haguenau et Brumath qui restent difficilement chassables en raison de la tempête de 1999 ou encore les réserves naturelles comme Seltz-Munchhausen dans lesquelles le nombre de sangliers explose.

 

Dégâts sur prairie : la hantise des agriculteurs

"Tout cela montre qu'il faut poursuivre et même accentuer les actions pour prévenir les dégâts comme la pose de clôtures de protection des cultures" a insisté le responsable du groupe chasse de la FDSEA.

Autre sujet particulièrement sensible, les dégâts sur prairies, d'autant plus que les fourrages sont largement déficitaires après la sécheresse de l'année passée. Les agriculteurs ont exprimé un réel ras-le-bol par rapport à ces dégâts car "on n'arrive jamais à remettre correctement en état une prairie, sans compter les nombreuses pertes indirectes, casse de matériel, dégradation de la qualité des fourrages, perte de temps..." ont-ils lancé.

En accord avec le Syndicat des chasseurs, il a été convenu de mener une expérimentation sur un secteur test du département dans lequel la remise en état des prairies serait faite par un entrepreneur agissant pour le compte du Syndicat des chasseurs. Le recours à l'entrepreneur se fera uniquement pour les agriculteurs qui le souhaitent. Dans ce cas seule la perte de récolte leur sera indemnisée.

Concernant les estimations des dégâts, une nouvelle méthode de "déclaration sur l'honneur" des dégâts a été instaurée depuis cet hiver. Celle-ci vaut uniquement pour les petits dégâts ne dépassant pas 5 ares par parcelle (voir encadré ci-contre).

 

Responsabiliser les locataires de chasse

Soucieux de la réduction des dégâts et de leur coût pour les chasseurs, Jean-Paul Florentin a fait le point sur les évolutions législatives en cours. " L'objectif est de mieux responsabiliser les locataires de chasse en faisant d'avantage contribuer les locataires défaillants ". Jusqu'à aujourd'hui le financement du Syndicat des chasseurs était assuré grâce à une contribution de tous les locataires de chasse à hauteur de 10 % du montant des baux à laquelle s'ajoute une sur cotisation sur la surface boisée. Le nouveau régime de financement comportera 3 niveaux : une contribution sur le montant des baux d'un niveau maximum de 12%, une nouvelle redevance appelée "timbre sangliers" que tous les chasseurs de sangliers devront régler et une sectorisation qui vise à augmenter la contribution dans les secteurs à plus forte proportion de dégâts. Ce nouveau régime devrait se mettre en place à partir de l'année prochaine.

La profession agricole partage cet objectif de responsabilisation des locataires de chasse dans le coût de réparation des dégâts.  Néanmoins il faut encore aller plus loin en imposant des tirs dans les zones à forte concentration de sangliers. C'est dans ce but que des battues administratives ont été organisées à la demande de la profession dans une quarantaine de communes du département au cours de ce printemps. "Il est important de conserver ce moyen de pression en s'assurant d'une meilleure efficacité encore dans l'organisation de ces battues" a conclu Marc Moser.

Une majorité de chasseurs gère convenablement leur lot de chasse. Il ne s'agit pas de les pénaliser mais de faire prendre conscience aux chasseurs défaillant de la nécessité d'une gestion rigoureuse de la chasse.

Joseph Behr


Source : FNSEA
Theme : Autre

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