FDSEA – Section
employeur
De grands chantiers en perspective dans le domaine de
l'emploi
Après avoir fait le point sur des dossiers
locaux comme le coût et la disponibilité du salariat saisonnier, la dénonciation
de la convention collective, et expliqué les dernières nouveautés sociales,
Muriel Caillat de la FNSEA a développé les grands chantiers de la FNSEA en
matière d'emploi lors de la section employeur de la FDSEA.
" Tout au long de l'année la
FDSEA se préoccupe d'emploi ", rappelle
d'entrée de jeu Joseph Lechner, le responsable emploi de la
FDSEA. "On parle souvent de filière, pour maintenir
l'ensemble de nos filières, l'emploi est un dossier crucial !
"
" Il est vrai que nous ne communiquons
peut-être pas assez sur tout ce que nous faisons dans ce
domaine ! " continue Joseph Behr, le Directeur de la
FDSEA.
L'agriculture est un secteur
qui bouge, les structures familiales changent, les exploitations se concentrent.
" La main d'œuvre familiale se
transforme en main d'œuvre salariée, et 80 % des salariés ont des contrats à
durée déterminée, " constate Jean-Michel Baumann, le chargé de mission
emploi de la FNSEA.
Joseph
Lechner rappelle que " l'agriculture
est le premier employeur de France. Nous occupons avec nos entreprises à l'amont
et à l'aval, 14 % de la population active. On oublie aussi souvent que la France est le
second exportateur de produits agricoles et le premier de produits agricoles
transformés. "
" Le coût et la disponibilité de la
main d'œuvre handicapent nos exploitations "
" Dans le département, nous sommes
fortement pénalisés par le coût de la main d'œuvre saisonnière, en effet nous
subissons de plein fouet la concurrence de nos voisins allemands. On estime que
le coût du salariat saisonnier est 1,5 fois plus cher en France qu'en
Allemagne, " rappelle Joseph Lechner.
Pour ce qui est du coût des heures
supplémentaires, les agriculteurs trouvent inacceptable la majoration de 25 %
pour les premières heures supplémentaires alors que dans d'autres secteurs
d'activité elle n'est que de 10 %.
" Nous connaissons d'importants
problèmes de disponibilité de main d'oeuvre dans le Bas-Rhin, "
explique le syndicaliste. " Au
niveau de la FDSEA, depuis l'an 2000 nous avons négocié la
possibilité de faire venir des salariés saisonniers polonais. Ainsi, 264
saisonniers polonais ont pu venir travailler sur 61 exploitations agricoles
bas-rhinoises en 2005 et plus de 200 dossiers de demande d'embauche ont déjà été
déposés pour 2006. "
Pour Joseph
Behr, " eu égard à l'importance des
besoins, la main d'oeuvre polonaise n'est qu'une goutte d'eau, mais ces salariés
sont un véritable volant de sécurité pour une soixantaine
d'employeurs. " En effet, de l'avis de tous les exploitants
présents, les salariés polonais ont l'habitude des travaux agricoles, sont
présents et ne partent pas au bout de quelques jours.
" Au niveau de la filière viticole,
nous ne raisonnons pas de la même manière ", explique Simone Kieffer de
l'AVA, " nous privilégions la main
d'œuvre locale, car ces salariés seront ensuite les ambassadeurs de nos
produits. "
Pour ce qui
est de l'ouverture totale des frontières aux travailleurs à l'est, Muriel
Caillat, responsable du service emploi de la FNSEA a rappelé qu'une période
transitoire est en cours. Elle pense que nous n'allons pas obtenir l'ouverture
des frontières pour cette année. " Mais nous maintenons la pression et
nous tentons aussi d'obtenir des allègements au niveau de la procédure
d'introduction. " Elle explique que " le niveau de vie augmente rapidement
en Pologne et que les polonais seront dans le futur moins intéressés à venir
travailler dans nos exploitations. "
Elle
rappelle aussi que la prestation de service d'entreprise étrangère est possible,
mais qu'il faut faire très attention à ce que juridiquement ce soit une
véritable prestation de service, le prestataire doit respecter le droit
communautaire et le droit interne français. Il doit notamment assurer une
complète égalité de traitement entre les salariés français et polonais,
respecter la réglementation sociale française et notamment le salaire minimum...
" Certaines entreprises circulant
actuellement dans le département ne sont pas correctement déclarées, aussi nous
conseillons aux agriculteurs de prendre contact avec la FDSEA avant d'avoir recours à un tel
prestataire, " explique Joseph Behr. " De plus j'estime qu'il est
préférable que l'agriculteur soit l'employeur direct des
salariés. "
Gilles
Chandumont, le sous-directeur de la MSA, constate qu'à un moment donné, sur une
même exploitation sont présents des salariés locaux, des polonais et des
salariés de Germa.
Dénonciation de la convention collective
des exploitations agricoles d'Alsace
Suite à un
enlisement des négociations collectives, la partie employeur
(FDSEA 67- AVA –
FDSEA 68) a dénoncé la convention collective
des exploitations agricoles d'Alsace. " Cette dénonciation est un véritable
constat d'échec ", explique Joseph Behr, nous avons longuement pesé le pour et le
contre. Mais nous n'avions pas d'autres choix. " A défaut de
nouvel accord, cette convention va continuer à s'appliquer pendant deux ans. Les
employeurs ont déposé une nouvelle proposition à l'inspection du travail, et de
nouvelles négociations vont démarrer.
S'agissant
de la loi d'orientation agricole, Muriel Caillat a rappelé qu'au départ il n'y
avait aucune disposition sociale dans cette ce texte, " c'est grâce aux amendements de la
profession que nous avons obtenu des avancées. "
" Pour les salariés saisonniers nous
avons obtenu un allongement de la durée d'exonération de charges sociales de 100
à 119 jours. Ce dispositif a aussi été étendu aux entreprises de travaux
agricoles, " explique Jean-Michel Baumann. Ont aussi été mis en place
des exonérations de charges lors de transformation de CDD, en CDI, ainsi que
pour l'embauche en CDI par un groupement d'employeur.
" S'agissant des mesures sociales dans
cette loi, nous sommes restés sur notre faim, mais il ne fallait pas se faire
d'illusions connaissant l'état des finances publiques ", constate
Joseph Behr.
Forte implication de la FNSEA dans le
domaine de l'emploi
Muriel
Caillat a ensuite fait le point sur les grands chantiers à venir dans le domaine
de l'emploi. " L'emploi est une
priorité pour la FNSEA, plusieurs dossiers nous inquiètent fortement, mais nous
essayons de prendre notre destin en main, de faire des propositions, car la
meilleure défense c'est l'attaque ! D'autant plus, que les périodes
avant les élections présidentielles sont toujours des périodes de promesses
électorales et de surenchères. "
Jacques
Chirac a annoncé la mise en place de la contribution sur la valeur ajoutée
(CVA). Au lieu de calculer les cotisations sur les salaires, elles seraient
calculées sur la valeur ajoutée. Mais aucune entreprise ne produit la même
valeur ajoutée, une telle mesure serait un véritable redéploiement des charges
au sein de la profession agricole.
" Pour contre balancer cela, la FNSEA
demande une redéfinition de l'assiette des cotisations sociales afin que l'on
arrête de faire payer à l'entreprise un certain nombre de choses qui relèvent du
domaine social comme la politique familiale. Nous sommes pour la mise en place
d'une TVA sociale qui taxerait l'ensemble des produits sur le marché français, y
compris les produits étrangers " développe vigoureusement
l'intervenante nationale.
" Nous voulons aussi proposer une
réforme du SMIC. Nous demandons que le SMIC -, le salaire minimum
interprofessionnel de croissance - comme son nom l'indique soit réellement
indexé sur la croissance. Le SMIC a augmenté de 25 % en 5 ans, mais pas la
croissance... "
La FDSEA communique sur l'image des métiers
agricoles
Joseph
Lechner a annoncé le lancement par la
FDSEA
d'une campagne de communication sur l'image et l'attractivité des métiers
agricoles.
" Au regard d'études réalisées sur
l'image des métiers et du travail en agriculture, nous constatons que l'image de
l'agriculture est positive mais ambiguë et on dénote que les métiers agricoles,
surtout salariés, sont assez méconnus, " explique le responsable syndical.
" De plus, il faut savoir que ce
sont les actions où les agriculteurs s'investissent personnellement, comme les
visites d'exploitation, qui sont les plus concluantes.
Au cours de l'année 2006, la
FDSEA va donc mener des actions de communication
sur les métiers agricoles, à la fois comme nous le faisons ce soir vis-à-vis de
vous agriculteurs, pour vous rappeler que vous avez tous un rôle à jouer, mais
aussi auprès des prescripteurs d'emploi, des autres administrations et
associations gravitant autour de l'agriculture, ainsi qu'auprès des jeunes dans
les écoles,... "
Pascale Wilhelm