L'agriculture un secteur
d'avenir.
par Marc
Moser, Secrétaire général de la FDSEA
Il y a 2
semaines, à l'appel de la FNSEA et du Copa, les agriculteurs ont manifesté à
Strasbourg, Paris et dans d'autres capitales européennes pour demander au
Commissaire Mandelson de rester ferme lors des négociations à Hong Kong.
Ces
mobilisations d'agriculteurs, organisées à la veille du sommet de l'OMC, ont
permis de mettre la Commission ainsi que l'ensemble des ministres européens de l'agriculture sous pression
afin que chacun à son niveau veille à ce que l'agriculture européenne ne soit
pas bradée.
De ce point
de vue, il est clair que l'objectif de la manifestation que nous avons organisée
sur le pont de l'Europe à Strasbourg est atteint. Grâce à notre mobilisation, le
commissaire Mandelson était sous pression et l'Europe ne s'est pas déshabillée
davantage en matière agricole lors de ce sommet ! Cependant l'Union
européenne va continuer à être mise sous pression dans les mois à venir et il
nous faudra rester vigilants.
L'issue de
ces négociations montre aussi à quel point il est important de disposer d'un
syndicalisme agricole fort de l'échelon départemental jusqu'à l'échelon
européen. Le récent congrès du Copa qui s'était tenu à Strasbourg au mois
d'octobre avait justement permis au syndicalisme agricole des 25 pays de
l'Unions européenne de s'accorder sur une position très ferme en définissant la
ligne rouge à ne pas franchir pour le commissaire Mandelson. Si le rôle du
syndicalisme est de s'opposer à toute réforme négative pour les agriculteurs,
notre mission est aussi d'être force de proposition tout en étant
quotidiennement aux côtés des agriculteurs pour les accompagner dans l'évolution
de leur métier. Ainsi pour la deuxième année consécutive, la FDSEA vient de
tenir une quarantaine de réunions d'information pour expliquer comment allait
concrètement se mettre en place le découplage. Cette étape d'explication et de
conseil aux agriculteurs est importante, particulièrement s'agissant de la mise
en œuvre des DPU, car c'est sur cette base que seront payées les aides Pac dès
2006 et pour les années à venir. D'ailleurs la participation très importante à
nos réunions le démontre bien.
Trouver des solutions à toutes les situations
Pour une
majorité de dossiers, la détermination des DPU et les transferts par clause
lorsqu'il y a eu des mouvements de foncier ne posent pas de problème. Aussi nous
conseillons aux agriculteurs de compléter rapidement leur formulaire rouge et de
le renvoyer sans tarder à la DDAF. Dans certains cas, le dossier peut apparaître
plus complexe, en particulier lorsqu'il y a eu des changements d'orientation au
niveau du choix des productions. Par exemple en cas de développement de
l'engraissement bovin, de spécialisation en tabac ou encore d'arrêt de la
production laitière ou légumière... Certains de ces cas de figure ont été prévus
par le dispositif proposé par le Ministère de l'agriculture, mais certains
autres posent aujourd'hui problème. C'est pourquoi nous nous efforçons d'y
trouver des solutions. Le découplage des aides ne devra déstabiliser aucune
exploitation et ne remettre en cause aucune filière de production. Le dossier
des DPU restera donc encore le dossier central de la FDSEA pour les mois à
venir.
Cela ne nous
fait pas oublier que la nouvelle Pac, c'est aussi la conditionnalité dont 2005 a
été la première année d'application. Nous avions insisté pour que 2005 soit une
année " blanche " afin de permettre aux agriculteurs d'intégrer les
règles à respecter. Finalement le bon sens que nous avions tant réclamé l'a
emporté. Les contrôles effectués par l'administration se sont bien déroulés,
montrant que les agriculteurs ont réalisé les efforts qui leur ont été demandés.
Avec l'appui de la Chambre d'agriculture, nous devons poursuive dans cette voie,
notamment s'agissant de la tenue du cahier d'enregistrement. En 2006 se
rajoutera aussi le volet phytosanitaire. Nous serons particulièrement vigilants
pour que là aussi la pédagogie et le bon sens l'emportent lors des contrôles à
venir.
Bon sens et progressivité
Comme lors
de la mise en place du RPG (registre parcellaire graphique), il faut laisser le
temps aux agriculteurs de s'adapter. Au cours des deux dernières années, un
travail considérable a été fait par les agriculteurs pour passer du registre
cadastral au RPG et nous avons veillé à faire en sorte que les aides soient
payées sur la base des surfaces déclarées, même lorsqu'il y avait un décalage
avec le dessin des îlots sur le RPG. Progressivement le RPG a été mis à jour.
Nous demandons la même progressivité pour la conditionnalité.
Enfin et
pour conclure, je souhaiterai revenir un instant sur le maïs et la polémique
dont a injustement été la cible cette culture au courant de cet été. Une fois de
plus ces critiques ont été orchestrées par des personnes aux opinions
extrémistes. Si je reviens sur ce point c'est pour m'inscrire en faux par rapport à touts
les clichés véhiculés par ces personnes. Non cette culture n'est pas défavorable
à l'environnement. Oui cette culture est indispensable à l'économie
régionale.
Même si
certains pensent que nous pourrions abandonner l'agriculture en Alsace, en
France voire en Europe et qu'il serait plus simple d'importer les produits
agricoles, nous pensons au contraire qu'il est de l'intérêt de l'Europe, de la
France et plus particulièrement de l'Alsace, région densément peuplée, de garder
une agriculture dynamique, équilibrée et rémunératrice pour ses agriculteurs.
Voilà notre conviction, celle qui
guide les actions de la FDSEA au quotidien. Voilà aussi pourquoi l'agriculture
est un secteur d'avenir, certains d'ailleurs n'hésitent pas à parler
d' " arme verte " ou d' " arme alimentaire ". Nous
en sommes convaincus, les dirigeants nationaux et européens devraient l'être
aussi.
A la veille
de cette fête de Noël, je tiens à vous souhaiter à toutes et à tous de joyeuses
fêtes en famille.