La FNSEA organise son
1er
colloque sur l'emploi en agriculture
La FNSEA a
organisé, le 15 novembre dernier, son 1er colloque national sur l'emploi. Il
s'est déroulé dans les locaux de Groupama à Paris et a rassemblé près de 200
personnes dont Denis RANSPACHER, Président de la FDSEA du Bas-Rhin, Joseph
LECHNER, Vice-président de la FDSEA du Bas-Rhin et membre de la Commission
Nationale Employeurs ainsi que Willy NUSSBAUMER, Président de la Commission
Paritaire Régionale Emploi d'Alsace. La qualité de l'organisation et des
interventions a été unanimement saluée par les participants. Le programme de la
journée s'est articulé autour de 3 thèmes : la montée des concurrences, les
emplois sans qualification particulière et l'évolution
professionnelle.
L'objectif
de la FNSEA était d'aborder les principaux défis auxquels est confronté l'emploi
et d'analyser les spécificités du secteur agricole. Objectif rempli !
Cette
journée a été l'occasion pour les acteurs du monde agricole, les responsables
politiques, les syndicalistes et les chercheurs de confronter leurs points de
vue sur les enjeux et les défis que devra relever l'agriculture dans les
prochaines années.
Défis que
n'a pas manqué de soulever Jean-Michel Lemétayer dans son discours introductif.
" L'emploi est pour la
FNSEA, seule organisation représentative des employeurs agricoles, une
priorité ". Il a précisé que " l'emploi agricole présente une grande
richesse et diversité dans les métiers ".
Mais ces
métiers sont en danger " car il est nécessaire de réduire les charges qui
pèsent sur les employeurs dont les activités sont en concurrence avec des
secteurs moins exigeants ".
" Nous
sommes face au danger de voir disparaître des emplois " a prévenu
Jean-Michel Lemétayer.
L'agriculture, 1er employeur de France
Dans son
intervention, Dominique Bussereau, ministre de l'Agriculture et de la Pêche a
rappelé que l'agriculture reste un des premiers secteurs d'activité en France
avec plus de 1,6 million de salariés.
Au-delà de la stricte production agricole, 15%
des actifs en France travaillent pour une activité agricole ou agro-alimentaire,
soit plus de 3.330.000 personnes.
" Le
1er défi est donc de conforter ces emplois " souligne Dominique
Bussereau.
" Le
2ème est de répondre aux enjeux liés à la variété nouvelle des emplois
agricoles ". Il remarque que près d'une exploitation sur 5 emploie
aujourd'hui des salariés, qu'ils soient permanents ou saisonniers.
Au cours de
son intervention, Dominique Bussereau a également rappelé que la loi
d'orientation agricole comporte un volet emploi conséquent avec des mesures
d'allégement de charges, un crédit d'impôt pour le remplacement des exploitants
agricoles, des exonérations de charges pour l'emploi de saisonniers, le
lancement de pôles d'excellence ruraux. Il souhaite aussi amplifier la politique
de rénovation des locaux anciens à usage d'habitation des saisonniers.
Après les
discours, des actes sous la forme de la signature en séance d'un accord cadre
national dont l'objectif est de favoriser la reprise d'activité sur 2 ans de
1000 personnes en réinsertion professionnelle.
Le reste de
la matinée a été consacrée au thème de la montée des concurrences avec, entre
autres, des interventions de Jacques Le Guen, Député du Finistère missionné sur
les distorsions de concurrence relatives à l'emploi.
L'échange
avec la salle a permis de mettre en
exergue les effets néfastes de la mondialisation et du développement de
la concurrence inégale voire déloyale entre les pays émergents et les pays
industrialisés.
Les
intervenants ont tous prôné une réduction des charges sociales et une diminution
de l'interventionnisme administratif de plus en plus important.
Ils ont
également souligné les nombreux atouts de l'agriculture française qui peut, elle
aussi, profiter de la mondialisation à condition que les règles du jeu soient
gagnant gagnant.
Qualification et évolution professionnelles
L'après-midi
a vu des interventions autour des emplois sans qualification particulière et de
l'évolution professionnelle.
Concernant
le 1er thème, une présentation des métiers de la propreté a permis de mettre en
avant plusieurs points communs avec les métiers de l'agriculture (mise en place
de filières de formation, développement de la pluriactivité, image des métiers
auprès du public...).
Un moment
d'émotion a ponctué cette 1ère partie de l'après-midi avec un appel au secours
d'un arboriculteur du sud-ouest qui a rappelé la situation catastrophique des
producteurs de fruits de sa région.
Le dernier
thème a permis de relever les attentes des salariés en matière d'évolution
professionnelle (demande de reconnaissance, de perspectives professionnelles).
Les intervenants constatent toutefois qu'il y a de plus en plus un écrasement de
la hiérarchie et que le statut de " salarié " tout au long de sa vie a
tendance à régresser au profit de celui " d'entrepreneur ". Dans ce
sens, le passage de salarié à exploitant se développera dans les prochaines
années. On parle d'ailleurs de plus en plus d'entreprises agricoles.
En
conclusion, Claude Cochonneau, Président de la Commission Emploi de la
FNSEA, a rappelé que
" l'Agriculture est un secteur socialement organisé et responsable. Mais de
nombreux défis nous attendent ". La FNSEA propose donc un plan d'actions
autour de 3 axes :
- valoriser
l'image des métiers et des emplois en agriculture auprès du grand public, des
agriculteurs et des salariés agricoles.
Cette action
se matérialisera, par exemple, par une large campagne de communication basée sur
2 études réalisées par le service Gestion Prévisionnelle des Emplois de la Sous
Direction Emploi Formation de la FNSEA
- se former
tout au long de la vie.
Claude
Cochonneau rappelle que la profession a crée des certificats de qualification
professionnelle et a mis en place la Validation des Acquis de l'Expérience pour
valoriser les métiers de l'agriculture. " Mais il faut que le public
agricole s'approprie plus fortement ces dispositifs "
- favoriser
l'emploi en milieu rural.
Face aux
nombreux freins (fragilisation des productions, concurrence internationale,
diminution de l'offre de transport et de logement en milieu rural,..), la FNSEA
demande par exemple un assouplissement des conditions de logement et une
exonération sur les aides versées par l'employeur en matière de logement et
d'achat de véhicule à usage professionnel.
" L'avenir ne doit pas
nous effrayer " conclut Claude Cochonneau.
Gérard
Larcher, ministre délégué à l'Emploi, a clôturé ce 1er colloque. Il a
remercié la FNSEA de s'être, elle aussi, engagée dans la lutte pour l'emploi,
dossier qui reste la priorité du Gouvernement.
Il note avec
satisfaction que les Très Petites Entreprises constituent " un gisement
extraordinaire d'emplois ", gisement dont l'agriculture française aura
besoin demain pour assurer sa pérennité et son développement.
Jean-Michel
BAUMANN