L'envoi il y a deux ans d'une demande de cotisation par la SICASOV sur
l'utilisation de semences de ferme par les agriculteurs a suscité de nombreux
débats. Depuis, des négociations entre le ministère de l'agriculture, la
profession agricole et les producteurs de semences ont abouti à la mise en place
de la cotisation volontaire obligatoire. Comment fonctionne ce prélèvement
supplémentaire qui se cache derrière cette dénomination étrange et à quoi est il
destiné, c'est l'objet de cet article.
Le droit des
agriculteurs à réutiliser leur production comme semence, loin d'être évident
puisque la loi française de 1970 n'autorisait pas cette pratique, a été reconnu
en 1994 par une directive européenne qui considère néanmoins que les
agriculteurs doivent rémunérer l'obtenteur en
contrepartie.
La cotisation
volontaire obligatoire sur les semences fermières a donc été mise en place cette
année aux termes d'un accord interprofessionnel entre les semenciers les
producteurs et les organismes stockeurs signé pour une durée de trois ans. Cet
accord a été rendu obligatoire par arrèté ministériel et étendu à l'ensemble de
la collecte de blé tendre de 2001. De ce fait, les organismes collecteurs de
céréales perçoivent cette année, sur toutes les livraisons de blé tendre, une
cotisation dénommée "C.V.O. Recherche" qui s'élève à 0,50 Euro/tonne, dont le
prélèvement ne requiert pas l'accord du livreur (l'agriculteur) et n'est pas
soumise à la TVA.
Qui est concerné
?
La cotisation est
prélevée sur les livraisons de blé tendre. Pour l'instant le blé dur ainsi que
les autres céréales à paille, ne sont pas concernés. Les petits producteurs
(moins de 92 tonnes de production) ne sont pas assujettis à ce prélèvement. La
C.V.O sera prélevée sur leur livraison mais leur sera ensuite remboursée par les
collecteurs sur présentation, avant le 30 mai 2002, d'une attestation fournie
par la DDAF.
Les utilisateurs de semences certifiées acquittent également la C.V.O et
celle-ci leur est remboursée lors de l'achat de leurs semences à hauteur de 2
euros/quintal de semence certifiée acheté.
A quoi servent les
sommes collectées ?
Le montant de la
cotisation volontaire obligatoire est reversé par les organismes collecteurs, à
l'interprofession des producteurs de semences, par l'intermédiaire de la
SICASOV, l'organisme des obtenteurs végétaux en charge de la gestion de leurs
propriétés variétales.
La différence entre
les sommes percues par la SICASOV et les ristournes accordées aux acheteurs de
semences certifiées servira à financer la recherche de nouvelles variétés ou
l'amélioration des variétés existantes. 15% du montant sera donc versé au fonds
de soutien à l'obtention végétale et 85% sera versé aux obtenteurs qui
l'utiliseront également pour effectuer des recherches
variétales.
La cotisation est donc
principalement destinée à donner les moyens de progresser à l'ensemble des
entreprises de production de semences, afin d'améliorer les rendements ou de
produire des variétés de blé les mieux adaptées au climat des régions
françaises. Même si elle n'est pas forcément bienvenue dans le contexte actuel
il faut donc considérer cette charge supplémentaire comme un investissement pour
l'avenir des exploitations. Gageons que ce sera réellement le
cas.
Contact : Philippe
Osswald