Dégats de corbeaux sur le maïs

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Au moment ou débutent les semis de maïs, on se rappelle des dégâts de corvidés régulièrement signalés depuis 2004 et en particulier en 2013. Une enquête réalisée en 2013 par la Chambre d’Agriculture et les FDSEA 67 et 68 ont permis de recenser près de 200 exploitants ayant des dégâts sur maïs, sans compter les dégâts observés en cultures légumières ou sur les stocks de fourrage.

Si aucune solution « miracle » n’a été trouvée depuis, cet article se propose de faire le point sur les espèces impliqués, les facteurs de risque et les moyens actuels pour limiter les dégâts

Nature et importance des dégâts

Les dégâts se caractérisent par une attaque des semis de maïs dès la levée jusqu’au stade 3-4 feuilles. Les corbeaux déterrent les plantules à la recherche de la graine en suivant les lignes de semis. La consommation du grain de maïs entraîne le plus généralement le sectionnement de la partie végétative, et la mort du plant. Les dégâts se repèrent par les trous de quelques centimètres visibles à l’emplacement des graines ou autour des pieds s’ils ne sont pas totalement détruits.

Les dégâts peuvent entraîner de 10 à 100% de disparition de pieds. Ces dégâts peuvent être limités de façon globale, mais localement la nécessité de resemer quelques dizaines d’hectares peut poser un problème économique significatif pour l’exploitation touchée. Une enquête menée en 2013 par la Chambre d’Agriculture et les FDSEA 67 et 68 a permis de recueillir près de 200 cas de dégâts sur les jeunes maïs. Mais des attaques sont également observées en cultures légumières, et sur les bâches des ensilages ou les balles de fourrage enrubannées.

Les attaques sont très variables suivant les secteurs. Elles sont plus importantes sur les parcelles à proximité d’arbres élevés qui constituent les dortoirs pour les corbeaux.

Le genre Corbeau  regroupe plusieurs espèces.  Le corbeau freux et la corneille noire  semblent être  à l’origine des dégâts sur cultures de maïs. Il y a donc lieu de bien identifier les espèces.

- Le corbeau freux (Corvus frugilegus) est un gros passereau qui vit en colonies de quelques couples à plusieurs milliers d’individus en plaine ou à proximité des villes. D’une taille de 45 cm et d’une envergure de 90 cm, il a un plumage noir violacé, un bec droit et gris avec une zone grisâtre dénudée autour de la base du bec (ce qui permet de le distinguer des corneilles). Il nidifie généralement dans de grands arbres (corbeautières).
Comme la corneille noire, cette espèce, classée gibier, par arrêté ministériel du 15 février 1995 peut être chassée pendant les périodes d’ouverture de la chasse.  Elle est classée « nuisible » dans le département du Bas Rhin et peut ainsi être détruite à tir en dehors des périodes de chasse jusqu’au 31 juillet sur autorisation préfectorale et piégée toute l’année.En raison des fortes populations présentent en plaine d’Alsace, cette espèce est probablement responsable d’une grande partie des dégâts sur semis de maïs.

- La corneille noire (Corvus corone corone). C’est un gros passereau d’environ 45 cm et d’une envergure d’environ 1 m, qui se distingue du corbeau freux par l’absence de zone grisâtre dénudée autour de la base du bec. Omnivore, il consomme des céréales (plutôt en été et en automne), préférant les lombrics et les insectes au printemps. Elle se montre souvent charognarde, n’hésitant pas à risquer sa vie pour manger un cadavre sur les routes.
Cette espèce, classée gibier, par arrêté ministériel du 15 février 1995 peut être chassée pendant les périodes d’ouverture de la chasse. Elle est classée « nuisible » dans le département du Bas Rhin et peut ainsi être détruite à tir en dehors des périodes de chasse jusqu’au 31 juillet sur autorisation préfectorale et piégée toute l’année.

Les facteurs de risque identifiés sur jeunes maïs

- La présence de grands arbres. Toutes les parcelles fortement touchées sont situées à proximité de grands arbres qui servent de site de nidification (corbeautières) aux corbeaux freux.

- La coïncidence entre la présence des oisillons dans le nid (qui oblige les adultes à rechercher une grande quantité de nourriture) et le stade 2-4 feuilles des maïs. Habituellement ce sont les semis décalés (par rapport aux parcelles voisines) qui sont les plus attaqués, mais en fonction de l’année climatique peuvent être attaqués aussi bien les semis précoces que les semis tardifs.. Le plus souvent les parcelles re-semées après des dégâts de corvidés sont à nouveau attaquées.

Que faire pour gérer ce risque?

En protection des semence, deux molécules sont autorisés comme corvifuges en enrobage des semences, le thirame (GUSTAFSON 42 S) et le zirame (KORIT 420 FS) mais dans les secteurs à forte pression de corvidés leur efficacité est limitée (surtout si l’ensemble des parcelles du secteur sont protégées avec ces spécialités).
En cas de forte attaque, des compléments avec des protections pyro-optiques (cerf-volants, ballons) ou un effarouchement acoustique pourront être envisagées en situations exposées, en sachant que leur portée est plus limitée et en tenant compte de la faible acceptabilité des méthodes acoustiques par les riverains. Un dispositif avec 2 cerfs-volants type « ESPANTO » + 4 ballons type « TERROR EYES » ou « PREDATOR » (gonflés à l’hélium) permet de protéger 3 ha (voir photos).
L’utilisation de ces moyens doit être courte dans le temps (à n’utiliser qu’en période de risque) et ciblée sur la parcelle d’intérêt, autrement les oiseaux s’habituent et l’effarouchement peut très rapidement perdre de son efficacité (au bout de 2 semaines).

La fauche de prairies à proximité des parcelles à risque permet de détourner les corvidés des parcelles cultivées vers les prairies dans lesquelles ils pourront trouver des insectes, limaces ou vers de terre. En effet, lors de l’élevage des jeunes au printemps, les adultes privilégient les apports alimentaires disponibles près de la colonie, la fauche d’une zone enherbée à proximité devrait donc attirer davantage les corbeaux qu’une parcelle de maïs.

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