Programme d’action contre les dégâts de sangliers : rencontre avec le Préfet et les organisations cynégétiques

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Point d’orgue d’une action engagée depuis plusieurs semaines auprès des Sous-Préfets, la FDSEA et les JA ont rencontré le Préfet Stéphane Bouillon et les organisations cynégétiques afin de fixer un programme d’action contre les dégâts de sangliers.

Les points Noirs dans le viseur

C‘est dans un climat tendu, à l’image de la situation sur le terrain, que le Préfet Stephane Bouillon a présidé cette réunion de crise sur les dégâts de sangliers. Car il s’agit bien d’une crise, « la prolifération des sangliers qui entraîne : dégâts sur les cultures, problèmes sanitaires et autres accidents de voitures est un problème majeur » selon le Préfet.

Il est urgent pour le plus haut représentant de l’Etat dans le département d’agir rapidement au vu du calendrier et notamment des adjudications qui auront lieu en 2015.

Alertée par la FDSEA depuis cet automne, la DDT a fait le point sur la situation. 19 000 sangliers ont été tués pendant la période de chasse, preuve de la présence d’un cheptel considérable. Malgré ce prélèvement important, la population de sangliers reste bien trop nombreuse et depuis l’hiver, la bête noire ravage les cultures dans des proportions jamais atteintes. Plus d’1,3 million d’euros de dégâts depuis l’hiver malgré l’autorisation du tir de nuit avec source lumineuse qui a tout de même permis d’éliminer plus de 850 sangliers.

Pour Laurent Fischer responsable chasse à la FDSEA la situation est dramatique et ce malgré les appels dès le mois d’octobre du syndicat. « Le niveau général des dégâts n’est pas acceptable. Pire certains agriculteurs ont des problèmes de stock de foin ou d’ensilage car leurs parcelles sont complètement ravagées. ». Des mesures rapides et efficaces doivent être prises pour répondre à la détresse des paysans.

Franck Sander a regretté l’absence de battues administratives pour sanctionner les locataires de chasse défaillant. En effet, seules 2 battues ont eu lieu hors des réserves naturelles et leur résultat a été plutôt léger avec 12 sangliers au tableau. Pour le Secrétaire Général de la FDSEA, il faut pouvoir pénaliser les 50 lots de chasse sur 1200 au total qui causent 50% des dégâts. Pour ce faire, le syndicat attend une action du Préfet, des maires mais aussi des chasseurs eux-mêmes. Il est difficile d’imaginer qu’une poignée de chasseurs fassent payer aux autres leurs débordements.

Didier Wollenschlaeger a confirmé que certains lots sont identifiés comme problématiques depuis des années et a proposé de revoir le mode d’action des battues administratives pour les rendre plus efficaces. Il s’est également positionné pour un retour de l’agrainage en hiver pour maintenir les sangliers dans les massifs

Les JA, Philipe Boehmler et Gilles Mertz, s’inquiètent eux du paiement des dégâts par le FIDS sachant que certains agriculteurs ont plusieurs dizaines de milliers d’euros de dégâts soit l’équivalent de leur revenu annuel !

Responsable mais pas coupable

Côté chasseur, à défaut d’élu, c’est Nicolas Braconnier technicien supérieur à la Fédération Départementale des Chasseurs qui a souligné l’implication de la Fédération via un appel au tir dans leur magazine d’information. De son point de vue, trop de contraintes pèsent sur les chasseurs pour pouvoir tirer et une gestion des populations de sangliers dans les réserves naturelles s’impose.

Pour d’autres, la présence du maïs peut expliquer les niveaux de dégâts. La profession agricole a aussitôt rétorqué que la part de maïs dans le département diminue depuis la mise en place de la rotation chrysomèle pourtant dans le même temps les dégâts augmentent. Au Préfet d’ajouter « c’est l’exploitation économique qui doit primer, on ne va pas arrêter le maïs au prétexte que les sangliers aiment çà »

Pour Joseph Behr directeur de la FDSEA, il s’agit avant tout d’un problème de comportement d’une partie des chasseurs. Se réfugier derrière des contraintes d’horaires ou d’agrainage n’est pas la solution. « Comment explique-t-on que certains lot de chasse n’ont plus de dégâts après le changement de locataire, c’est bien la preuve du rôle du chasseur dans la gestion de son lot ».

Un plan d’action

Devant l’urgence de la situation le Préfet a proposé un plan d’action large. Tout d’abord, il a prolongé le tir de nuit pour tenter de limiter les dégâts sur les cultures.

Par ailleurs, la cinquantaine de lots problématiques sera mise en demeure de destruction des nuisibles dans les prochains jours. Si aucune action n’est entreprise alors les battues administratives débuteront « si 3, 4 battues ne suffisent pas à contraindre les chasseurs défaillant alors nous irons dans les 45 lots identifiés » prévient le Préfet Stephane Bouillon.

Parallèlement, le Préfet écrira aux Maires des communes concernées pour qu’ils réunissent la Commission Communale Consultative de la Chasse pour évoquer le problème des dégâts, « si les maires ne le font pas, les Sous Préfets s’en chargeront ». Le 13 septembre 2013, le Préfet rappellera aux élus du Bas Rhin leur rôle dans la gestion des sangliers sur leurs communes.

Enfin, à l’occasion de la révision du cahier des charges des clauses seront intégrées par l’administration pour limiter les populations de sangliers. La technique du gré à gré est clairement dans le viseur. Concernant, l’agrainage ce dernier est régit par le Schéma de Gestion Départemental Cynégétique qui a été validé l’an dernier, sans accord de l’ensemble des parties consultées à l’époque sur le dossier aucune modification ne sera apportée.

Paiement des dégâts

Robert Weinum président du FIDS a lui évoqué les problèmes de paiement des dégâts, il n’est pas convaincu de pouvoir réunir l’argent nécessaire pour couvrir le montant record de 2013.

Sur ce point le Préfet a de nouveau été très clair, les textes de droit local prévoient que le FIDS est tenu de payer les dégâts de sangliers suite aux estimations. Les dégâts de printemps et les semis doivent être payés comme d’habitude.

Si des difficultés apparaissent en fin d’année alors une solution devra être envisagée pour couvrir les indemnisations des agriculteurs.

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