Les retraites allemandes dans la balance

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Le programme de la réunion d’été des anciens exploitants du Grand Est, concocté par Paul Schiellein, président de la section des anciens exploitants du Bas-Rhin, était riche et dense. Présentation de l’analyse comparative des retraites entre l’Allemagne et la France, visite de l’usine Roquette de Beinheim et présentation de l’agriculture alsacienne.


«L’herbe est toujours plus verte ailleurs», lance Paul Schiellein, mais cela mérite d’être vérifié. L’Allemagne est souvent citée en référence, parfois enviée, voire jalousée. Pour lever les doutes, une délégation bas-rhinoise a rencontré un représentant des agriculteurs et viticulteurs de Rhénanie pour mener un travail comparatif sur les retraites. Philippe Wolff, cadre agricole en retraite, bien connu en Alsace, présente ce travail. Les bases de calcul et les taux de cotisations sont décortiqués. «Le cadre allemand est simple. En France, c’est toujours compliqué», précise le président Schiellein. Si le système français est perfectible, il supporte pourtant la comparaison avec l’Allemagne.

L’âge légal de départ à la retraite est de 65 ans en Allemagne, contre 60 en France, pour le moment. En Allemagne, le minimum annuel de retraite est de 6 300 €, avec une cotisation annuelle de 2 736 €. En France, la retraite minimum est de 8 174 € pour une cotisation annuelle de 3 514 €. Pour finir, en cumulant les compléments de revenus, un retraité allemand perçoit 7 620 € alors qu’un retraité français, avec la retraite complémentaire obligatoire, atteint 10 603 € de retraite annuelle. Avant de poursuivre l’ordre du jour, les anciens ont aussi abordé les dernières modifications législatives en matière de retraite ainsi que la nécessité de s’investir dans les Asept (Association santé éducation et prévention sur les territoires).

Pharmacie et cosmétique

Robert Clément, directeur général du site de Beinheim, accueille la délégation de retraités. Il précise que Roquette, groupe industriel familial français, avec 8 000 salariés et un chiffre d’affaires de 3,2 milliards d’euros (Md€), est un des leaders mondiaux de l'industrie amidonnière. Le groupe est implanté en Chine, en Europe, en Corée et aux États-Unis. Il valorise des matières premières végétales - maïs, blé, pomme de terre, pois ou microalgues - et génère plus de 700 produits différents. Le site de Beinheim a été créé en 1975 par Philippe Roquette. 45 % des 10 000 tonnes de maïs triturées par jour sur le site sont d’origine alsacienne.

Les débouchés sont nombreux : alimentation humaine, majoritairement, la fabrication de carton et papier, la pharmacie et la cosmétique, l’alimentation animale et aussi la fabrication de retardateurs de prise de béton. L’eau et la chaleur sont des enjeux considérables pour l’activité. Une unité de méthanisation et une chaudière biomasse sont déjà mises en œuvre sur le site. Un projet de géothermie profonde est porté par le directeur général. Le site gère également ses effluents par l’intermédiaire d’une station d’épuration de 400 000 équivalents habitants. La crise n’effraie pas Robert Clément même si elle compresse les marges.

Des productions valorisées

C’est avec un chauvinisme assumé que Stéphane Janus, chargé d'études promotion et communication à la Chambre d'agriculture de Région Alsace, se livre à la présentation des ressources agricoles de la région. L’Alsace est une «région culturellement très riche», introduit-il. Avec 1,85 millions d’habitants, c’est la troisième région la plus peuplée de France. Son agriculture est diversifiée. Environ 20 000 actifs produisent de la viande bovine, ovine, porcine, des volailles, du lait, des fruits et légumes, des céréales et oléoprotéagineux, du tabac, du houblon, de la vigne, du chou, sur 12 014 exploitations de petite taille. Ces productions sont valorisées dans 1 500 entreprises agroalimentaires. À noter que 60 % des bières de France sont brassées en Alsace. La région est également reconnue pour la qualité de ses nombreuses eaux de source. Enfin, les forêts et bois représentent 44 % du territoire et emploient 20 000 personnes. L’Alsace est décidemment une région à découvrir, sur tous les plans.

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