Groupe Céréales / 2013 : année des extrêmes !

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Cette année marquera les esprits, mais pas dans le même sens que l’année 2012. Pour Christian Schneider  «  avec une production en baisse de 18%, un prix de vente qui a chuté de 60€/t et des charges qui augmentent, certaines trésoreries sont malmenées cet hiver. La sole céréalière a été victime de la réforme de la PAC pour un ‘rééquilibrage’ des aides, quand on regarde de plus prés sur les 5 dernières années, la situation n’est pas si rose ».

L’année céréalière ne se limite pas qu’à la culture du maïs. Il est à noter que les céréales d’hiver s’en sorte cette année remarquablement par rapport à la culture phare qu’est le maïs.

Maïs semence : un nouveau défi

Pourtant dans le monde entier c’est la culture du maïs qui progresse. Matthieu Caldumbide, responsable du service économie de l’AGPM est intervenu pour faire un point sur les marchés et les perspectives qui existent actuellement. L’année 2013 est l’année de la production record de maïs au niveau mondial. Elle a augmenté de 50% en 10 ans pour atteindre cette année 967 millions de tonnes. Cependant, il ne faut pas s’y tromper, les stocks restent raisonnables, avec un ratio de stock de report de 17% (167 millions de tonnes) sachant qu’en plus une bonne partie (50%) de ce stock se trouve en chine, pays qui n’est pas réputé pour la fiabilité de ses statistiques.

Il est également important de noter que la production française de maïs n’est qu’une goutte d’eau dans la production mondiale de maïs. Ainsi, la simple augmentation de la production américaine entre 2012 et 2013 représente 6 fois la production nationale, c’est colossal !

Une fois ces éléments connus il est aisé de comprendre pourquoi nous n’avons aucune influence sur le cours des céréales.

Dès les premières annonces d’emblavement record aux états unis au mois de mars les cours ont commencé à chuter en anticipant une récolte importante. Les mois suivant n’ont fait que confirmer ces données avec en plus des récoltes importantes chez les exportateurs européens comme l’Ukraine.  Ce dernier devient en 2013 le 3ème exportateur mondial de maïs et cause de lourds problèmes aux producteurs français car son maïs est plus compétitif que le notre. En effet les marchés traditionnels des exportations françaises (Espagne pour le sud ouest, Europe du nord pour le nord de la France) sont pris d’assaut par les maïs de l’Europe de l’est. Si on ajoute à cela les bateaux américains refusés par les chinois pour cause de trace d’OGM interdits en chine mais autorisés en Europe et qui déchargent leurs cargaisons en Europe à prix cassé on comprend la lourdeur actuelle des marchés au niveau national. 

Cependant, les années passées l’ont démontré, rien n’est jamais acquis, la consommation globale augmente (plus d’incorporation de maïs par les fabriques d’aliments du bétail) et certains facteurs pourraient faire augmenter les cours.

Coûts de production

L’AGPM calcule chaque année des coûts de production nommés ‘complet’ (avec rémunération du travail) ainsi que des coûts nommés ‘cash’ ou de ‘trésorerie’ qui représentent la trésorerie de l’exploitation (les charges de mécanisation sont par exemple remplacés par les remboursements d’emprunts).

Globalement le chiffre d’affaire a diminué de 35% en 1 an alors que sur les 4 dernières campagnes les charges ont augmenté de 25%. Si on ajoute à cela la chute du rendement on arrive à des coûts de production très élevés. Sur les fermes de référence qui permettent de calculer les coûts de production on s’aperçoit que la marge ‘cash’ hors DPU est de 0. Ailleurs en France la marge est négative. En 2013 se sont donc les DPU qui permettent aux producteurs de maintenir une trésorerie positive. Quand on s’intéresse aux coûts ‘complet’ on voit que, DPU compris, les marges vont de 0 à 100 euros de l’hectare. On est très loin des fantasmes du ministère de l’agriculture.

Ainsi la réforme de la PAC va impacter lourdement l’économie maïsicole. Avec une première diminution des aides pour 2014 de 7% environ par rapport à 2013 puis la convergence des aides qui devrait ramener les producteurs à la moyenne nationale qui est d’un peu plus de 250 euros par hectare.

Certains points du verdissement vont également poser problème, comme l’obligation des trois cultures avec la majoritaire qui ne devra pas représenter plus de 75% de la sole cultivée de l’exploitation. Sur ce dossier l’AGPM se bat depuis des mois pour obtenir un mécanisme dérogatoire opérationnel pour les exploitants qui souhaiteraient rester en monoculture de maïs.

Chrysomèle du maïs

En 2013 une étude a été menée conjointement entre la chambre régionale d’agriculture et Arvalis pour faire un bilan des 10 premières années de présence et de lutte contre la chrysomèle du maïs en Alsace et comprendre la dynamique d’installation de la chrysomèle en Alsace. Depuis 2003, le nombre de capture d’insectes relevés chaque année a augmenté progressivement, mais sans exploser. La conclusion de l’étude est relativement simple et cohérente « l’insecte profite des flux de transport, qu’ils soient routier ou aérien, pour se déplacer et arriver en Alsace depuis les zones d’infestations les plus proches (Italie, Allemagne). Cependant les premières chrysomèles venues en Alsace venaient probablement directement des Etats-Unis et non d’Europe de l’est » explique Alain Weissenberger de la CARA.

La profession a au fur et à mesure demandé des aménagements réglementaires pour limiter l’impact économique des mesures de luttes contre cet insecte. C’est pour cette raison qu’en 2011 l’Alsace est passée avec la région Rhône Alpes en mode de confinement. Fin 2013 une conférence européenne a eu lieu à Strasbourg, elle regroupait les principaux experts européens, mais aussi internationaux sur la chrysomèle. La situation en Europe varie énormément. Les premiers foyers d’Europe de l’est sont maintenant très développés, le seuil de nuisibilité est dépassé dans ces zones de production. D’autres secteurs plus proches de nous, comme en Italie ou en Allemagne ont des raisonnements et des moyens de lutte totalement différents des nôtres. En Italie, Diabrotica est généralisée dans les principales plaines de production de maïs et est nuisible. En Allemagne, les captures dans la plaine du Rhin sont bien supérieures aux nôtres cependant, les seuils de nuisibilité sont loin d’être atteints.

Une fois ce constat fait, l’union européenne a décidé de retirer la chrysomèle du maïs de la liste des insectes de quarantaine. Charge maintenant à chaque état d’adapter sa réglementation en fonction des contraintes propres à chacun.

En France, la position de l’AGPM, soutenue par la FDSEA 67 et les OPA de la filière maïs, est de poursuivre la lutte actuelle sans pour autant avoir de contrainte réglementaire. L’objectif est de freiner le développement de la chrysomèle en se servant des moyens actuels de lutte, rotation, utilisation de larvicides efficaces, mais aussi en s’appuyant sur un réseau de surveillance de l’insecte piloté par la chambre d’agriculture et les organismes stockeurs comme c’est le cas pour la pyrale. Ainsi chaque producteur sera responsabilisé et sera à même gérer la pression chrysomèle.

Pour Christian Schneider « cette position doit être acceptée par l’état. Il n’est pas envisageable que l’Europe libéralise la lutte contre l’insecte et que l’état reste sur sa position et ne change pas la réglementation en vigueur ! »

Maïs semence : un nouveau défi en construction

La France représente 40 % des surfaces de maïs semences en Europe et 50 % de la production (la productivité est meilleure en France). Cette production représente 80 000 ha (irrigué à 100%) en 2013 ce qui marque un record et une progression annuelle de 13%. La spécificité de la production française est d’être réalisée par une multitude d’agriculteurs qui ont la capacité de produire beaucoup de variétés différentes. Se sont ainsi 2000 variétés de maïs différentes qui sont produites en France, dont 60 % est exporté (essentiellement en Allemagne, Ukraine et Russie).

La filière semence est une filière organisée. La fédération nationale des producteurs de semences de maïs et de sorgho (FNPSMS) est l’interprofession des semences. Elle regroupe les producteurs (une section de l’AGPM) ainsi que les 24 établissements de production de semences.

La section semence de l’AGPM, présidée par Pierre Blanc, regroupe 23 syndicats de producteurs et 3800 producteurs.

L’objectif de ces syndicats est multiple :

            - le principal est de se regrouper pour pouvoir négocier les tarifs de rachat avec les établissements, et ainsi partager au mieux la valeur ajoutée à toute la filière. Ce prix d’achat est d’ailleurs l’addition de plusieurs facteurs : le chiffre d’affaire du maïs de consommation (en le lissant sur 2 ans et en mettant des limites hautes et basses) auquel on ajoute le coût des charges spécifiques (castration…) ainsi qu’une prime d’incitation. L’objectif étant de donner de la lisibilité et de permettre aux producteurs d’investir dans leur outil de production.

            - organiser localement les opérations de notation des cultures (vérifier la castration pour garantir une pureté variétale supérieur à 99%)

            - informer et suivre le réseau techniquement

            - gérer les contrats groupés d’assurance aléas.

            - gérer la caisse de risque qui permet aux agriculteurs d’être dédommagés lorsqu’il y a problème de fécondation (cette caisse est alimentée par les producteurs et les établissements à part égales)

            - gérer les zones protégées. En effet dans les régions historiques de production les assolements sont soumis à autorisation pour permettre aux producteurs de semences s’ils sont majoritaires de respecter les conditions d’isolement de leurs productions.

Le lancement d’une filière semence en Alsace marque un réel défi pour le comptoir agricole.  « C’est un défi que nous lançons aux producteurs, pour montrer le sérieux du potentiel de production alsacien il faudra attendre les objectifs dès la première année ! » a précisé Marc Moser.

Irrigation : de meilleurs relation avec l’agence de l’eau

Gérard Lorber a dressé un bilan de l’année 2013. Suite à la décision de l’agence de l’eau d’augmenter fortement la redevance irrigation des discutions ont eu lieu pour au final déboucher sur une augmentation, élevée certes, mais beaucoup moins importante qu’initialement de la redevance irrigation. Autre sujet de discussion la récente obligation de contrôle des moyens de comptage. Là encore, dans l’intérêt des irrigants un régime dérogatoire a été obtenu permettant aux irrigants prélevant en eau profonde de se servir de compteur horaire (moins onéreux) pour estimer leur consommation d’eau.

Enfin le groupe irrigation a accueilli sur le terrain l’équipe administrative de l’agence de l’eau en charge de l’irrigation pour leur présenter la réalité et les spécificités de l’irrigation en Alsace.

Pour l’avenir un projet d’analyse économique comparant les différents modes d’irrigation (alimentation électrique, diesel, enrouleur, goutte à goutte...) et en cour de préparation par la CARA. 

Essais sur la vitesse de semis du maïs et l’architecture du peuplement

Avec l’arrivée sur le marché de plusieurs semoirs conçus spécifiquement pour semer à des vitesses élevées (de 10 à 15 km/h), la chambre d’agriculture s’est posée la question de la précision de ces semoirs,  l’impact de la vitesse sur le rendement mais aussi de vérifier les spécificités de ces semoirs par rapport aux semoirs traditionnels (NG+ Monosem ou maxima Kuhn), ou encore les sensibilités variétales au semis à haute vitesse.

L’essai pluriannuel a permis de tester 4 semoirs différents à 3 vitesses différentes la première année et 5 vitesses la seconde.

Le principal objectif était de vérifier l’utilité des pratiques actuelles de semis à vitesse ‘réduite’ (5km/h pour les semoirs à soc, 7 pour les plus récent à disque). Ces essais n’ont pas permis de mettre en évidence des différences de résultats selon les modalités de semis (vitesse ou semoir). Cependant, il est à noter que les semoirs spécifiques seront plus adaptés aux semis à grande vitesse lorsque le lit de semence est irrégulier (cailloux) ou peu préparé. La régularité sur le rang est moins bonne à grande vitesse, cependant les semoirs spécifiques s’en sortent mieux. Avec certaines variétés on peut observer une chute de la densité à vitesse élevée, un travail important de réglage des sélecteurs est nécessaire pour obtenir un résultat optimum.

Depuis deux ans un second essai est en cours concernant la répartition des pieds de maïs dans l’espace. Ainsi trois modalités de semis sont testées :

            - standard à 75 cm d’inter-rang

            - écartement réduit à 50 cm d’inter-rang (semoir betterave ou colza)

            - Twin-Row double rangs espacés de 25 cm avec une disposition en quinconce des pieds de maïs pour optimiser l’espace. 

L’objectif est de vérifier différentes modalités qui ont chacune leurs avantages, par rapport au standard. Pour le semis à 50 on bénéficie des mêmes équipements pour toutes les cultures en rang (colza, betteraves, tournesol…) que ce soit le semoir, ou les bineuses. L’inconvénient principal est la difficulté de récolte avec des cueilleurs standard à 75 ou 80 cm d’écartement.

Le Twin-row a lui pour objectif d’optimiser l’espace, et devrait permettre (selon le constructeur) d’augmenter la densité ainsi que le rendement. Ce système permet en prime d’utiliser un cueilleur standard sans perte. 

Ces essais ont été menés par Arvalis avec 3 densités de semis différents et plusieurs variétés différentes. Les différences de rendement obtenu ne sont pas significatives au sens statistique. Cependant pour Lucille Pligot d’Arvalis « il faut voir que la réponse du rendement en fonction des paramètres est différente selon les variétés. L’intérêt d’un semoir twin-row n’est pas démontré, le rendement n’est jamais pénalisé, mais n’est jamais meilleur non plus. »

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