Irrigants et producteurs de semences à la découverte de la Limagne

Retour Partager sur facebook Imprimer l'article
Envoyer l'article par e-mail

Envoyer cet article par mail

Fermer

250 signes(s) restant(s)

 

* champs obligatoires

Ce déplacement a donc commencé dans les locaux de la Coopérative Limagrain par une présentation du Centre d’Etude Technique Agricole (CETA) du Val de Morge qui compte 43 exploitations (sur 4378 ha) et qui nous accueillait pendant ces deux jours.

 L’assolement moyen sur le secteur est composé de 40% de céréales à paille, 40 % de maïs (dont 40% de semences), 13 % de betteraves, 5% d’oléagineux et le solde en diversification et autre (tabac entre autre).

Cette petite région agricole qui ressemble fort à l’Alsace par son parcellaire et la structure de ses exploitations a également les mêmes problématiques : créer de la valeur ajoutée sur des surfaces moyenne pour maintenir les exploitations. Cette région ne bénéficie pas d’une position avantageuse pour la production de matière première agricole (vu l’éloignement des principaux ports Rouen ou la Pallice). Ces éléments expliquent le développement de filières à haute valeur ajoutée avec une transformation locale. C’est ainsi qu’on trouve plus de 6000 hectares de maïs semence intégralement destinés à Limagrain, 5200 ha de betteraves (pour le groupe Cristal Union et sa sucrerie de Bourdon, mais aussi de la semence de blé ou du blé de force qui sera transformé sur place par des filiales de Limagrain (Brossars et Jacquet).

Découverte de la production de maïs semences

Christophe Cautier, le président du syndicat des producteurs de semences de maïs de Limagne est intervenu pour présenter le fonctionnement et les missions de son syndicat. Celui-ci représente 364 producteurs en 2013. Il est intégré au groupe Limagrain (pour la gestion administrative du syndicat) mais sa gouvernance est elle indépendante de la coopérative. Ce choix s’explique par les missions du syndicat :

- le principal est de se regrouper pour pouvoir négocier les tarifs de rachat avec la coopérative,

            - organiser localement les opérations de notation des cultures (vérifier la castration pour garantir une pureté variétale supérieure à 99%),

            - informer et suivre le réseau techniquement en participation avec Limagrain 

            - gérer les zones protégées. En effet dans cette zone de production historique les assolements sont soumis à autorisation pour permettre aux producteurs de semences, s’ils sont majoritaires, de respecter les conditions d’isolement de leurs productions.

Ce syndicat est donc capital pour les producteurs pour optimiser les marges de cette production et encadrer les relations entre le semencier et les producteurs.

La visite des exploitations d’Alexandre Bresson et de Bertrand Nicolas producteurs de maïs semence a permis aux agriculteurs d’avoir des discussions concrètes sur le matériel à employer, l’organisation et le déroulement des chantiers et la gestion de la main d’oeuvre en période de castration. Cette culture nécessite environ 10 à 20 interventions :3 à 4 semis, 2-3 désherbages, 1-2 fongicides, 3-5 passage de castreuse, 1-5 passage manuel (épuration et castration). Les producteurs préconisent 1 personne par ha de maïs semence pour avoir une force de frappe suffisamment importante pour ne pas être dépassé et réussir leur castration sur toute leur surface.

Une partie des discutions a porté sur la valeur ajoutée qu’apporte le maïs semence. Le prix d’achat est l’addition de plusieurs facteurs : le chiffre d’affaire du maïs de consommation (en le lissant sur 2 ans et en mettant des limites hautes et basses) auquel on ajoute le coût des charges spécifiques (castration…) ainsi qu’une prime d’incitation. Ce tarif permet d’avoir une base qui est modulée selon les rendements obtenus par les producteurs en fonction de l’objectif définit par la coopérative. A tout cela s’ajoute une prime de qualité lorsque la pureté variétale est jugée satisfaisante.

Pour avoir un ordre d’idée un des producteurs nous a détaillé ses coûts sur une moyenne de 5 ans :

Charges Appro (engrais phytos)

475

Charge extérieurs (récolte castration)

856

Charges spécifiques (eau, Cuma (enjambeur semoir)

275

Total charge opérationnel

1606

 

 

Produit moyen (à 110% des objectifs)

4457

Le nombre d’interventions qui feront augmenter ou diminuer les charges dépendra des variétés implantées. La grille de rachat tient compte de ces éléments, la prime qualité ainsi que l’incitation à la production (au travers du rendement) transforme ces ‘contraintes’ en véritable investissement rémunérateur pour le producteur !

Un dispositif progressif pour les jeunes

A l’installation d’Alexandre Bresson, sa surface en maïs semence a été bloquée à 8 ha par Limagrain malgré le fait que son père était producteur historique de semences. De plus tous les nouveau producteurs doivent pouvoir irrigué les surfaces implanté en maïs semences.

Par ce dispositif  la coopérative accompagne les jeunes producteurs pour limiter les risques en cas d’échec les premières années et les sélectionne étant donné que la demande de surface est supérieure aux possibilités de la coopérative.  

Comment irriguer une plaine dépourvue de nappe phréatique ?

Le second sujet de ce déplacement était l’irrigation. Cette région agricole contrairement à la notre  ne bénéficie pas d’une nappe phréatique. Les producteurs, pour sécuriser les rendements de leurs cultures à forte valeur ajoutée ont développé des réseaux d’irrigation originaux pour acheminer l’eau jusqu’à leur parcelle.

C’est ainsi que Bertrand Nicolas, vice-président de l’ADIRA (Association pour le Développement de l’Irrigation en Auvergne) nous a présenté le principe global de fonctionnement des ASA (association syndicale autorisée). Toute l’eau d’irrigation est issue de l’Allier ou de ses affluents. Les ASA dépendent d’un arrêté préfectoral définissant les droits de pompage. La particularité de ce système est que le droit de l’eau est ensuite détenu par les propriétaires des parcelles et suit donc le foncier. L’ASA est gérée par un conseil de propriétaires (qui sont également agriculteurs). Ces réseaux de pompage sont très étendus, tous les agriculteurs ne voulant historiquement pas irriguer et le parcellaire n’étant pas très grand, chaque ASA couvre une surface importante mais n’irrigue qu’une partie des îlots (ex 460 ha irrigués sur une surface de 15*5 km).

Deux grandes infrastructures innovantes nous ont été présentées en parallèle : 

La première est l’ASA Limagne noire qui a pour particularité d’utiliser les eaux de lavage de la sucrerie, stocké dans des lagunes, mais aussi de se servir d’eaux usées de la station d’épuration de Clermont Ferrand. Ainsi chaque année une première phase d’épandage des eaux de lavage de la sucrerie a lieu (180 à 200 000 m3). Ensuite au fur et à mesure que les lagunes se vident elles sont remplies avec des eaux issues de la station d’épuration. Les volumes d’eaux sont transvasés d’une lagune à l’autre au fil des jours pour enfin arriver à la station de pompage. Ce dispositif permet d’exposer ces eaux aux rayons UV pendant une période de 13 jours minimum et ainsi d’obtenir une eau de qualité sanitaire A (eau de baignade). 700 ha sont irrigués de cette manière dans une zone du département ou l’accès à l’eau était historiquement impossible.

La seconde infrastructure d’irrigation visitée est un barrage mis en place par les agriculteurs sur un des affluents de l’Allier. L’objectif pour les agriculteurs est de stocker l’eau pendant la saison hivernal pour ensuite pouvoir la relâcher dans la rivière en aval et ainsi s’assurer d’une disponibilité en eau suffisante pour alimenter les différentes stations de pompage présentent sur cet affluent. Cet ouvrage permet de stocker 4 millions de m3 d’eau et d’irriguer 2000 ha.

événements

  • {0} - {1}

Du fourrage en quantité de qualité moindre

Du fourrage en quantité de qualité moindre

Toutes les émissions dans la médiathèque