Lait : le juste prix ?

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Avant les moissons les producteurs laitiers ont fait le point sur la situation : les prévisions sont encourageantes dans le secteur laitier porté par le marché mondial, reste à espérer que les entreprises suivront.

Quelle méthodologie utiliseront les laiteries pour payer le prix du lait ?

Tout n’est pas noir en 2013, et au rang des motifs de satisfaction : la conjoncture laitière. En effet, le recul de la production dans les grands pays exportateurs et le maintien d’une demande forte en produits industriels favorisent des cotations élevées pour le beurre, la poudre ou le lactosérum.

Cette bonne dynamique devrait se répercuter sur le prix du lait payé aux producteurs sur le 3ème et le 4ème trimestre. Reste à savoir quelle méthodologie utiliseront les laiteries pour payer le prix du lait.

La valse des prix

Denis Ramspacher a confié que depuis l’application des 25 euros un flou artistique règne dans le paiement des laiteries. La FNPL avait pourtant une position claire : +25 euros sur les 3 mois du 2ème trimestre, mais par manque de clarté du médiateur ou par opportunisme de certaines laiteries, aujourd'hui chaque entreprise fait son prix.

Certaines ont fait le choix de suivre la grille établie par le CIL Grand Est, d’autres ont écrit leur propre grille. La FDSEA et les agriculteurs présents ont regretté que les indicateurs soient abandonnés alors qu'ils allaient devenir très favorables aux paysans, le président de la section lait a fait remarquer qu'historiquement,  ces indicateurs avait été demandés par les industriels.

Dans ce contexte la FDSEA a décidé de suivre le prix payé aux producteurs depuis le début de l’année par les différentes laiteries. Comme les comparaisons ne sont pas faisables en cours d’année, la faute aux différentes avances ou acomptes consentis, un bilan sera fait en fin d’année pour connaître le prix payé par chaque entreprise.

Michel Debes pour Alsace Lait a signalé que la coopérative payerait dans les prochains mois un prix égal au prix de 2012 plus 25 euros. Pour lui, il est impossible pour les entreprises placées sur le marché des PGC complément bloqué par la grande distribution d'appliquer des indicateurs de marché basés sur les prix des produits industriels.

Denis Ramspacher a répondu que la profession a soutenu et soutiendra les entreprises pour aider à faire passer les hausses auprès des distributeurs mais aussi qu'il est indispensable que les producteurs laitiers bénéficient comme il se doit des belles perspectives qu'offre le marché.

Réforme de la PAC

Les récentes publications ministérielles sur la PAC ont relancé le débat de la répartition des aides après 2014. Yohann Lecoustey a présenté les enjeux de la réforme dans le secteur laitier. En effet, suite au découplage des aides comme l'Aide Directe Laitière ou les primes à l’abattage les producteurs laitiers possèdent des DPU souvent supérieurs à la moyenne nationale, or les propositions initiales de convergence risqueraient de raboter ces DPU.

Les producteurs laitiers dont les revenus 2012 sont en bernes ne pourraient pas supporter une diminution importante des subsides qui représentent une bonne partie du revenu. C'est pourquoi la France amenée par la FNSEA a porté des propositions dites de subsidiarités au niveau européen pour éviter une convergence trop importante.

Denis Ramspacher a présenté les mécanismes imaginés : les textes européens prévoient que les aides ne pourront pas diminuer de plus 30% d'ici à 2019. Pour le président de la FDSEA « ceci n'est pas suffisant », c'est pourquoi parallèlement « la FNPL a demandé la mise en place d'une prime couplée à la vache laitière, c'est le seul moyen efficace de diriger les aides vers ce secteur ». Le ministre lui défend sa proposition des 50 premiers hectares.

Ces propositions sont la preuve que l'administration et les élus ont pris conscience de l'enjeu de cette réforme pour les éleveurs laitiers.

Un bilan positif pour le Bassin

Matthieu Trautmann des JA a fait le bilan des installations laitières et les prévisions pour cette année. Près de 30 jeunes se sont installés sur la campagne précédente, pour 2013-2014 ce chiffre devrait être de 13. En effet, porté par la possibilité de s'installer avec 120 000 litres, nombre de jeunes ont franchi le pas depuis 3 ans dopant les installations qui reviennent à  un niveau plus ordinaire.

Même si pour les deux années restantes les retours de lait gratuit seront moins importants, le bassin Grand Est aura été une formidable occasion de consolider la filière alsacienne à l’approche de la fin des quotas.

Pour l'après 2015, les règles d'attributions et d'installations seront complètement revues mais les JA ont réaffirmé leur volonté d'assurer l'équité entre les jeunes qui s'installent.

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