Quel avenir pour l'élevage ovin ?

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L’assemblée générale régionale des organisations départementales ovines a réuni à Laxou les représentants du Grand Est. Cela a permis d’échanger sur des sujets importants comme celui de la réforme de la Pac, la prédation, le soutien technique sur le terrain avec la participation de représentants de la FNO.

C’est environ une trentaine d’éleveurs venus de la région Grand Est qui se sont présentés à cette réunion. L’accent était plus particulièrement mis sur la réforme de la Pac et sur l’aide ovine, ainsi que sur l’avenir de l’accompagnement technique.

 

Baisse de la consommation

La France reste l’un des plus gros importateurs européens de viande ovine. Les importations françaises de viande ovine restent stables sur le long terme. Les cours de la viande augmentent par rapport à 2013. La Nouvelle-Zélande et l’Australie dominent le marché de l’export de la viande ovine, avec 12 % de la production mondiale, car leur demande intérieure est faible. La Chine est devenue le premier acteur : premier consommateur, premier importateur et premier consommateur de viande ovine dans le monde. En France, il y a un léger recul des abattages d’agneaux ainsi que des ovins de réforme. La consommation française a chuté de 3 % en 2013 et cela s’explique par un manque de disponibilités, un prix élevé au détail et une augmentation de l’âge des consommateurs. Pour rappel, en 2013, 74 % des Français consommant de l’agneau avaient plus de 50 ans. Qu’en sera-t-il pour 2014 ? On peut constater que malgré tout, le cours de l’agneau affiche une belle remontée en fin d’année malgré une consommation des ménages peu dynamique.

 

Surfaces admissibles

La nouvelle Pac arrive à grand pas et certains points ne sont pas encore connus. Pour rappel, afin d’accéder au DB, il faudra être agriculteur actif au 15 mai 2015 et détenir un « ticket d’entrée ». Le nombre de DB sera activé sur des surfaces admissibles en 2015. On entend par surfaces admissibles les surfaces agricoles comme les terres arables, les cultures permanentes (culture hors rotation, en place plus de 5 ans qui fournissent des récoltes répétées) et les prairies permanentes. Tous les éléments non agricoles supérieurs à 1 are ne sont pas admissibles. On compte les bâtis, routes, certains éléments du paysage et de bordure. Seuls les éléments topographiques protégés par la BCAE 7 sont admissibles (haies, bosquets entre 10 et 50 ares, mares entre 10 et 50 ares…). La photo-interprétation conduit à rendre non admissibles certains éléments qui sont pourtant adaptés au pâturage et potentiellement admissibles. Pour cela, une grille nationale de prorata permettra de déterminer les modalités d’applications exactes. Par exemple, s’il y a entre 0 et 10 % de surface couverte par des éléments non admissibles, le prorata retenu sera de 100 %, soit 1 ha réel = 1 ha admissible = 1 DPB.

 

Retournement des prairies

Une partie paiement vert composera le paiement direct aux exploitants agricoles. Il vise à rémunérer des actions spécifiques en faveur de l’environnement et contribue à soutenir le revenu. En 2015, le paiement direct découplé sera de 84 €/ha en moyenne. Pour cela, il faut respecter trois critères : maintien des prairies permanentes, diversification des assolements et présence de Surfaces d’intérêt écologique (SIE). Deux obligations seront à respecter pour les prairies permanentes, soit aucun retournement ni labour pour les prairies permanentes dites sensibles mais également pour les prairies permanentes existantes, il faudra maintenir le ratio PP/SAU. On entend par prairie permanente les PT réensemencées tous les 3 ans et déclarées en herbe depuis plus de 5 ans, les PT entrant dans une rotation sur 7 ou 8 ans et les jachères de plus de 5 ans non déclarées en SIE.

 

Faire face aux pertes

Les agriculteurs pourront s’engager volontairement sur 5 ans à introduire des pratiques favorables à l’environnement. La rémunération compensera les coûts additionnels et les pertes de revenus liés à ces pratiques. Ces MAEC reposeront sur un cadre national avec des déclinaisons régionales. En Lorraine, il reste à définir l’IFT, les financeurs ainsi que le zonage (non demandé par la région). Les éleveurs ovins pourraient être intéressés par la MAEC polyculture élevage, zone intermédiaire et système herbagers et pastoraux. Pour ce qui est de l’aide ovine, les éleveurs présents ont insisté sur le problème du ratio de productivité de 0,8 à atteindre pour obtenir les 6 € de majoration. Chez certains, l’accroissement de troupe, le décalage des ventes ou encore la prédation fausse le ratio. Daniel Dellenbach, administrateur régional à la FNO, a précisé que « la prédation et les problèmes sanitaires feront partie des cas de force majeure ! »

 

Redynamiser l’appui technique

Un tour de table a été fait entre les départements présents à cette réunion. Globalement, les Chambres d’agriculture et les organisations de producteurs se partagent l’appui technique en élevage ovin. Il faut savoir qu’en Lorraine, un tiers des éleveurs font l’accompagnement, deux tiers des brebis sont suivis, ce qui représente 20 % du suivi pour la Chambre et 80 % pour les OPC. Les outils techniques ne sont pas toujours adaptés pour réaliser l’appui. Sur le terrain, il y a des réelles difficultés pour développer ce service. Le coût de l’appui technique freine certains éleveurs. Les éleveurs réalisent un appui individuel et un collectif. Seul un passage régulier du technicien sur l’exploitation permet d’être performant et complet. Les éleveurs souhaitent que les résultats soient communiqués instantanément car beaucoup les ont souvent trop tard. Afin de relancer ce dispositif, les éleveurs proposent de financer l’appui technique aux nouveaux installés…

 


Bilan de la prédation en 2014

29 départements touchés en 2014 soit plus de 1 000 éleveurs. 15 loups prélevés sur les 24, 416 tirs de défenses simples délivrés, 50 tirs de défenses renforcés (plusieurs tireurs) et 41 tirs de prélèvement. Pour l’année passée, on compte 9 033 victimes et 2 515 attaques. Afin de faire avancer les choses, la FNO avait organisé au mois de novembre une manifestation en régions et à Paris. Les ministres doivent se réunir prochainement afin d’harmoniser l’application du plan loup et améliorer son efficacité. La FNO a également créé un site dédié au loup.

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