Les producteurs de lait en action pour un juste prix

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Vendredi dernier, une journée nationale de boycott des produits Lactalis et une mobilisation des éleveurs laitiers a permis d’afficher la revendication de la profession pour obtenir un prix du lait juste, issu du respect de la contractualisation, des indicateurs de marchés et de la médiation des pouvoirs publics, pour l’année 2013. Même si le prix du lait s’est amélioré depuis le début de l’année, l’augmentation n’est pas suffisante et ne reflète pas les réalités du marché. En effet, un certain nombre d’entreprises, comme Lactalis, ne respectent pas les contrats laitiers. « Elles décident du prix du lait sans négociation avec leurs producteurs et utilisent les contrats comme alibi pour payer le lait moins cher » indique la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL). Par cette attitude irresponsable, ces entreprises brident toute dynamique laitière. Ce n’est pas tenable à 18 mois de la fin des quotas.

« C’est important de défendre notre gagne-pain »

Les producteurs sont d’autant plus dépités que les marchés à l’international sont porteurs et que la demande mondiale est en progression. Selon la Fédération nationale des industries laitières, la Chine devrait augmenter ses importations de poudre de lait entier de 28 % en 2013, la Russie de 41 % pour la poudre de lait écrémé et de 31 % pour le beurre. Dans le même temps, les grands pays producteurs de lait peinent à suivre la croissance de la demande, malgré des productions laitières en forte hausse. Contrairement à beaucoup de matières premières (céréales, soja, café, huiles), dont les prix se sont repliés en 2013, les cours mondiaux des produits laitiers devraient progresser de 23 % pour le beurre, de 36 % pour la poudre de lait écrémé, de 47 % pour la poudre de lait entier et de 14 % pour le fromage cheddar et la tendance devrait se poursuivre en 2014.

« C’est important de défendre notre gagne-pain »

Suite à cet appel national, la FDSEA et les JA du Bas Rhin ont demandé à tous les points de distribution du département de retirer les produits Lactalis (marques : Président, Lactel, Bridel, Bridélice, Rondelé, Lou Perrac, etc.) des rayons, ceci pour faire comprendre au leader français des produits laitiers ses devoirs vis-à-vis des producteurs. En tant que leader sur le marché des produits laitiers, c’est bien lui qui peut faire passer une hausse du prix du lait pour une rémunération plus juste des producteurs. « Cette action doit faire revenir Lactalis autour de la table de négociation pour respecter les contrats. La distribution s’est déclarée prête à jouer le jeu », précise Denis Ramspacher, président de la FDSEA et vice-président de la FNPL. « Lactalis est une entreprise qui gagne de l’argent : il est donc important que les contrats soient respectés pour soutenir les producteurs », explique Didier Braun, président des Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin.

Les producteurs de lait de la FDSEA et des JA sont allés vérifier en magasin si cette demande a bien été suivie. 6 grandes surfaces ont été visitées : Cora Dorlisheim, Leclerc Marmoutier, Intermarché Reichshoffen, Leclerc Erstein, Super U Bernolsheim, Leclerc Sélestat. « C’est important de défendre notre gagne-pain. Les choses doivent bouger, car des investissements important ont été réalisés, la production doit s’avérer pérenne ! », s’exclament plusieurs éleveurs présents au Cora de Dorlisheim. Pour les produits subsistant en rayons, des stickers affichant le slogan « cette entreprise ne paye pas les producteurs ! » ont été apposés. Stéphane Biot, directeur du magasin et responsable du développement durable de l'enseigne
Cora, mais aussi président régional de la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution (FCD), a insisté sur la mission d’information au consommateur de la distribution. Consommer oui, mais en toute connaissance de cause. De nombreux panneaux habillent les rayons, mettant en avant les producteurs locaux (lieu de l’exploitation, description des activités, photographie, etc.).

Vérifications en magasin

La délégation menée par Didier Braun et Jean-Georges Bené, FDSEA67, s’est rendue à l’Intermarché de Reichshoffen. Le directeur de ce point de distribution a suivi le mot d’ordre des deux syndicats et avait retiré de ses rayons les produits concernés. Il est lui-même engagé à la FCD et à la CDOA, et il rappelle qu’Intermarché a signé la Charte Qualité avec la FNPL et la FNSEA. « Je comprends l’inquiétude des laitiers et j’estime que les contrats passés entre les producteurs et les transformateurs doivent être respectés. Cependant, la distribution n’est pas dans ces accords et elle se retrouve prise en otage » précise-t-il.

Pour faire pression sur Lactalis, les producteurs avaient deux possibilités : faire pression au siège ou casser son image de marque auprès des consommateurs. « C’est ce que nous avons décidé de faire ce matin. Les consommateurs ne connaissent pas toutes les marques qui dépendent du groupe Lactalis. Il était donc important qu’ils en prennent conscience, ainsi que des profonds problèmes qui touchent la filière laitière française », précise Didier Braun.

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