Table ronde profession agricole-distribution : bâtir un vrai partenariat régional

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Lors de la journée d’action du 12 avril, la FDSEA et les JA avaient demandé une table ronde avec la distribution présidée par le Préfet. Celle-ci a eu lieu la semaine dernière à la Préfecture. Conscient des difficultés des éleveurs, le Préfet, Stéphane Bouillon, a souhaité que puisse se mettre en place  un partenariat gagnant-gagnant entre les agriculteurs et la distribution.

Denis Ramspacher a rappelé d’entré les difficultés auxquelles sont confrontés les éleveurs

En viande bovine, les cours ont continué à se détériorer au cours des 3 dernières semaines. « Nous perdons 200 € au bas mot par animal » s’inquiète Dominique Daul. En viande porcine, cela fait maintenant  plus de 5 ans que les cours restent en-deçà du seuil d’équilibre économique. En production laitière, l’accord national obtenu qui prévoit une revalorisation de 25 €/1000 litres à compter du mois d’avril apparait comme une lueur d’espoir pour le producteur. Même si pour les entreprises de transformation les réalités économiques sont différentes selon leur spécialisation, celles produisant du beurre-poudre profitant en ce moment de marchés rémunérateurs à l’export.

Arrêter la politique systématique du moins-disant

« En Allemagne, la distribution a accepté des hausses de 10%, pourquoi la distribution française ne l’accepterait-elle pas à son tour ? » martèle le président de la FDSEA. Et Franck Sander d’enfoncer le clou. « Nos demandes ne sont pas excessives, il suffirait de peu pour que les agriculteurs s’en sortent, et le consommateur est prêt à accepter ces hausses ! »

Pour Didier Braun, la défense du pouvoir d’achat ne doit pas être un prétexte pour continuellement exiger des prix bas pour l’alimentation. « Il faut accepter qu’on est arrivé au plancher bas et qu’on ne peut plus réduire plus les prix » insiste le président des JA, d’autant que le pouvoir d’achat ce n’est pas que l’alimentaire !

« On attend de la distribution régionale une implication plus particulière lorsqu’il y a des difficultés conjoncturelles » insiste Jean-Paul Bastian. Et c’est clairement le cas actuellement en élevage.

De leur côté, les représentants de la distribution régionale qui ont participé à la table ronde ont indiqué que 90% des volumes vendus dans les supermarchés alsaciens sont achetés via les centrales nationales et qu’ils n’étaient pas décideurs du prix d’achat de ces produits. D’où la demande du Préfet qu’un effort particulier soit fait sur les 10% de produits pour lesquels les enseignes  s’approvisionnent en local. Stéphane Bouillon a demandé que les 2 parties régionales se mettent autour d’une table pour parvenir à un échange qui soit réciproquement gagnant.

Renforcer la production alsacienne

Cela permettrait aux agriculteurs alsaciens de développer et conforter la production locale avec un prix de vente rémunérateur, et aux distributeurs de développer leurs ventes.

La FDSEA, les JA et la Chambre d’agriculture souhaitent que les produits régionaux soient encore davantage mis en avant, avec un juste retour pour les producteurs. Il faut donc un vrai partenariat. Pour Denis Denis Digel, l’interprofession des fruits et légumes d’Alsace est justement l’outil qu’il faut pour permettre cet échange entre producteurs et distributeurs. Mais la distribution devrait cesser avec certaines pratiques, comme les promotions à des niveaux de prix qui tuent les producteurs. « Le problème est que le prix en magasin n’a plus rien à voir avec le prix économique du produit » regrette le président de la section fruits et légumes de la FRSEA. Les producteurs de fruits et légumes français sont en concurrence avec des pays où les droits sociaux sont bafoués. En exigeant toujours les prix les plus bas, la distribution cautionne ces pratiques. Cette politique systématique des prix les plus bas résulte aussi de la forte concurrence entre enseignes.

Rééquilibrer les  relations commerciales

D’où la demande de la profession agricole que l’Etat s’implique, y compris par la voie législative, dans les relations entre fournisseurs et distributeurs. Le projet de loi sur la consommation en cours d’élaboration devrait prévoir une clause de renégociation obligatoire des prix en cas de forte variation des charges. « Nous allons être vigilant pour que cette proposition aboutisse, charge ensuite à l’administration de vérifier qu’elle soit bien appliquée ».

Sur le dossier du lait, le président de la FCD Alsace, François Oster, considère que la hausse de 25 €/1000 litres proposée par le médiateur est actée et que la balle est maintenant dans le camp des transformateurs. Les producteurs seront donc particulièrement attentifs à la transcription locale de cet accord national.

A l’issu de cet échange parfois vif entre représentants de la profession agricole et de la distribution, le Préfet a proposé un plan d’action pour répondre aux attentes de la FDSEA et des JA. Invitant chaque filière de production à discuter avec les différentes enseignes pour développer la valorisation des produits régionaux, Stéphane Bouillon a indiqué qu’il rencontrerait aussi les transformateurs. Le Préfet a également indiqué que la transcription locale des accords nationaux, en particulier l’augmentation de 25 €/1000 litres de lait, serait suivi de près. Enfin il s’est engagé à faire un bilan avec les différents partenaires à la fin de l’été.

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