La FDSEA67, au cœur du dialogue social

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La dernière grande Conférence sociale, qui s’est tenue fin juin, a été marquée par la préparation de deux réformes majeures : les retraites et la formation professionnelle continue. Pour le monde agricole, elle aura également été l’occasion de mettre en avant le besoin de compétitivité de la filière agroalimentaire et l’urgence de la convergence sociale entre pays de l’Union européenne. Joseph Lechner et Denis Digel, deux bas-rhinois, y ont défendu les intérêts des agriculteurs français.

L’agriculture, un secteur qui embauche

Une délégation de la FNSEA a participé à la Grande Conférence sociale qui s’est réunie fin juin, sous la présidence du Premier Ministre et ouverte par le Président de la République. Jean-Marc Ayrault a clairement « placé cette 2ème grande conférence sociale sous le signe de l’emploi. » Selon lui, « c’est la priorité. Nous agissons dans l’urgence d’une part et pour préparer l’avenir d’autre part. »

Pour cette deuxième édition, le syndicalisme majoritaire était présent dans toutes les tables rondes organisées, à l’exception de celle relative à la fonction publique et l’action publique. Ont été étudiés : l’emploi et la formation professionnelle, les conditions de travail et la qualité de vie au travail, la retraite et le financement de la protection sociale, les emplois de demain, et l’Europe sociale. La Conférence sociale ne se veut pas conclusive, mais ouvre des chantiers pour les années à venir.

L’agriculture, un secteur qui embauche et qui forme

Durant ces deux jours de débats, la FNSEA a rappelé ses engagements pour l’emploi et la formation en positionnant clairement le secteur agricole comme un secteur ouvert à l’embauche, à la formation des emplois d’avenir, et aux contrats de générations. Elle s’est également déclarée prête à mener, avec les partenaires sociaux, une réflexion sur une réforme de l’orientation des jeunes, de la formation des demandeurs d’emploi ou encore de l’alternance et de l’apprentissage.

Les principales pistes pour relancer l’emploi ont été rappelées à plusieurs reprises. La première d’entre-elle est celle de la compétitivité des entreprises qui passe par plus de recherches, mais aussi par une réduction des coûts du travail, financé par la création de la TVA Sociale. Davantage de simplification des normes et démarches pour la création d’entreprises, mais aussi une meilleure promotion des métiers des filières agro-alimentaires sont demandés.

L’équité dans les marchés pour favoriser l’emploi

Denis Digel, président de la section fruits et légumes de la FRSEA Alsace et secrétaire général de Légumes de France, est intervenu à plusieurs reprises sur la compétitivité et les distorsions de concurrence au sein du marché européen : « j’ai mis les pieds dans le plat. Pour nous, agriculteurs, l’anticipation des emplois passe par l’équité dans les marchés.» Il a notamment évoqué le scandale des marchés publics de la restauration pourvus à prix cassés à des importateurs. Sa remarque « vanter le made in France c’est bien, le faire c’est mieux » a fait mouche auprès d’Arnaud Montebourg, qui présidait la table ronde sur les emplois de demain.

Le premier ministre a entendu le cri d’alerte, et est conscient qu’il va devoir faire une priorité de la lutte contre le dumping social, le dumping fiscal et la concurrence déloyale : « cette situation est inacceptable, notamment dans les secteurs les plus touchés, le bâtiment, les travaux publics, l’agriculture et les transports. […] la France a obtenu dans la négociation en cours sur la directive marchés publics que les collectivités locales puissent écarter des offres anormalement basses car ne respectant pas les normes sociales minimales », précise-t-il.

Un SMIC européen pour stopper les distorsions de concurrence

Joseph Lechner, vice-président de la FDSEA67 et responsable de la commission emploi de la FRSEA Alsace, a exprimé sa satisfaction de voir le sujet du SMIC Européen à l’ordre du jour. « La FNSEA a mené l’impulsion pour que ce débat ait lieu, et a grandement influencé la table ronde. C’était l’un des groupes de travail les plus animés », argumente-t-il. Les partenaires sociaux, qui souhaitent eux aussi agir pour stopper les distorsions de concurrence, réguler le marché du travail et lutter contre la précarité au travail, placent les pouvoirs publics devant leurs responsabilités pour porter et faire aboutir la définition d’un salaire minimum dans tous les Etats membres de l’Union.

Jean-Marc Ayrault a clairement établi dans son discours de clôture des débats que « nous appellerons à la mise en place d’un salaire minimum dans les Etats membres. C’est la meilleure façon de lutter contre le dumping social. »

Voile noir sur les retraites agricoles

Sur la question essentielle des retraites, et de l’avenir de la protection sociale, la FNSEA s’est positionnée pour l’harmonisation des règles de l’ensemble des régimes de retraite de base. Elle a demandé, qu’en cas de refus d’harmonisation, la retraite des non-salariés agricoles soit calculée sur les 25 meilleures années. Xavier Beulin, président de la FNSEA, a exprimé son inquiétude sur le sujet : « je n’ai pas senti le Gouvernement prêt à porter une réforme ambitieuse qui unifierait les conditions de calcul de la retraite de tous les Français. Nous avons porté fort cette volonté tout au long des débats, mais je n’ai vu aucun signe encourageant dans l’attitude du Gouvernement. Nous ne lâcherons pas. Deuxième raison d’inquiétude, c’est l’absence de toute réponse sur les retraites agricoles. Rien sur les 25 meilleures années ! Rien sur les petites retraites agricoles ! Les promesses du candidat Hollande sur l’amélioration des plus faibles retraites semblent oubliées ! Nous saurons le rappeler.»

Si cette Conférence Sociale a le mérite de redonner au dialogue social toutes ses lettres de noblesse, des interrogations demeurent quant aux suites qui seront données par le Gouvernement. Sur la compétitivité mais aussi sur d’autres sujets, il est temps de passer du discours aux actes. « Les jalons sont posés, il faut voir comment cela avance », renchérit Denis Digel.

Photo : Débats au Palais d’Iéna. Tous droits réservés Ministère du Travail.

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