Réforme de la PAC : la déclinaison française quasiment finalisée

Retour Partager sur facebook Imprimer l'article
Envoyer l'article par e-mail

Envoyer cet article par mail

Fermer

250 signes(s) restant(s)

 

* champs obligatoires

A l’occasion du Conseil supérieur de coordination et d’orientation de l’économie agricole du 17 décembre, le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll,  a présenté ses premiers arbitrages sur la mise en œuvre de la réforme de la Pac en France. Le débat a d’abord porté sur la répartition des 982 millions d’euros d’aides couplées (13 % des aides du premier pilier). Au final le ministre a décidé de réserver 675 M€ à la filière bovin viande (PMTVA, la PNSVA, engraissement et veau sous la mère) et 140 M€ pour la prime à la vache laitière. S’agissant de la PMTVA, son montant sera fixé à 200 € pour les 40 premières vaches allaitantes  sur la base des animaux présents en 2013; il sera dégressif au-delà. Son versement sera conditionné  à d’autres critères tels qu’un seuil minimum de 10 vaches allaitantes, par exploitation, ainsi qu’un taux de productivité minimum (0,8 veau par vache sur une période de 15 mois). La prime sera accessible aux vaches mixtes non primées pour le lait. Reste à  définir les modalités d’éligibilité des génisses qui seront arrêtées début 2014. Pour la prime laitière, sur les 140 millions prévus, 45 millions d’euros sont réservés aux zones de montagne. Un plafonnement à 40 vaches laitières est également prévu ainsi qu’un seuil d’entrée à 10 vaches laitières. Quant  à son montant il pourrait être de l’ordre de 30 € par tête, hors zone de montagne, avec un complément dans ces zones, selon le ministère de l’Agriculture.

Encore beaucoup d’interrogations

2 % protéines : critères à définir 

Le secteur ovin bénéficie d’une enveloppe de 125 millions d'euros. Il est prévu un  plancher à 50 brebis, comme actuellement, ainsi qu’une dégressivité à partir de 500 brebis. Par ailleurs, un taux de productivité de 0,4 agneaux vendus par brebis conditionnera l’accès à l’aide. Des majorations sont envisagées prenant en compte la contractualisation, les démarches qualité,  des taux de productivité plus élevés ou une installation récente dont les modalités restent à définir, comme d’ailleurs celle de la dégressivité au-delà de 500 brebis. 15 millions d’euros sont réservés aux chèvres avec un plancher  de 25 chèvres pour l’accès à l’aide et un plafond de 400. Un complément a été avalisé pour les démarches qualité. Pour les 2 % d’aides couplées réservées à la culture de plantes riches en protéines, dont l’enveloppe s’élève à 151 millions d’euros, celle-ci n’a pas été répartie entre les cultures visant à l’autonomie fourragère des exploitations d’élevage et des cultures de vente. En revanche, des critères devront être établis visant à garantir que le soutien est ciblé sur l’élevage. Ceux-ci devront être définis au début de l’année 2014. Enfin, 27 millions d’euros ont été affectés à des soutiens couplés pour des productions végétales, dont 7 millions pour le blé dur, 12 pour le pruneau, 1 pour les fruits d’industrie et 4 pour les pommes de terre féculières, le lin, le chanvre et le houblon.

Paiement redistributif en 2015 

Comme le président de la République s’y était engagé, lors du Sommet de l’élevage à Cournon, au mois d’octobre dernier, le paiement redistributif (surdotation des 52 premiers hectares) se mettra en œuvre progressivement pour atteindre 20 % des crédits du 1er pilier en 2018. Concrètement, il se mettra en place en 2015 (et non en 2014) et il portera sur 5 % de l’enveloppe, puis 10 % en 2016. Ensuite une évaluation à mi-parcours permettra de déterminer le niveau pour 2017 et 2018. Pour ce qui est du verdissement, il a été décidé que tous les critères de verdissement devraient être satisfaits (assolement, surface d’intérêt écologique, maintien des prairies permanentes). Seule exception demandée par le ministère de l’Agriculture, la mise en œuvre d’un principe d’équivalence se limitant à la seule pratique du couvert hivernal par le maïs, pour laquelle l’accord de Bruxelles doit être obtenu.

Loi d’avenir 

Le CSO s’est également prononcé, comme prévu, en faveur de la mise en place d’un paiement pour les jeunes agriculteurs, sur le 1er pilier mobilisant 1 % du montant total des aides directes. En bénéficieront les jeunes agriculteurs de moins de 40 ans ayant un niveau de formation minimum (niveau IV ou valorisation des acquis de l’expérience), dans la limite de 34 hectares. Enfin, il a été décidé de transférer 3 % des aides directes du premier pilier vers le second pilier en 2014 pour financer les actions prévues à ce titre et notamment le plan de compétitivité et de modernisation des exploitations agricoles. Au-delà d’un certain nombre de points techniques encore en suspens (prairies permanentes, mise en œuvre des surfaces d’intérêt écologique…, couplage des aides, jeunes agriculteurs…) le CSO ne s’est pas prononcé sur deux importants dossiers  qui devront être traités dans le courant de l’année 2014, à savoir la transparence des Gaec  d’une part  et la définition de l’agriculteur actif d’autre part. Sur ce point, le ministère a renvoyé le sujet à la loi d’Avenir de l’agriculture qui devra se prononcer sur la notion d’activité minimale d’assujettissement.

FNSEA : encore beaucoup d’interrogations 

« Ces annonces apportent des précisions sur les orientations annoncées par le président de la République au dernier Sommet de l’élevage », indique la FNSEA en soulignant « qu’elles consacrent une priorité en faveur de l’élevage tout en développant une évolution soutenable pour l’ensemble des exploitations agricoles, et le maintien d’une politique d’orientation ». Néanmoins, la FNSEA regrette que « certains secteurs soient insuffisamment dotés et que d’autres soient mis à l’écart par le ministre ». Autre regret : celui du « choc de simplification attendu ne semble pas là ». En outre, « les prémices de mise en œuvre de verdissement conduisent à des situations inaccessibles, compromettant leur acceptation par les agriculteurs ». Restent aussi les points essentiels qui restent à préciser comme la notion d’agriculteur actif ou « de transparence dans le cadre de la mise en place de la redistribution progressive ». La FNSEA attend à cet effet des pouvoirs publics « la reconnaissance d’une activité agricole économique, qui participe au rayonnement de la France, qui anime et occupe les territoires tout en répondant aux attentes des consommateurs ».

(Crédits photo : ©Actuagri)

événements

  • {0} - {1}

Du fourrage en quantité de qualité moindre

Du fourrage en quantité de qualité moindre

Toutes les émissions dans la médiathèque